RMC Sport

Comment un inconnu peut faire suspendre Zidane

Zinedine Zidane pourrait être inquiété.

Zinedine Zidane pourrait être inquiété. - AFP

Les débuts de Zinedine Zidane en tant qu’entraîneur de la réserve du Real Madrid sont contrariés par la plainte du directeur d’un centre de formation privé, qui conteste la validité de ses diplômes. Mais qui en veut au champion du monde 98, et pourquoi ?

Sur un terrain, Zinedine Zidane finissait toujours par mettre tout le monde d’accord. En tant qu’entraîneur, le Français a beaucoup plus de mal. Depuis le 28 août dernier, l’ancien numéro 10 des Bleus et le Real Madrid sont dans le viseur de la Fédération espagnole. Une plainte dénonce l’utilisation d’un prête-nom permettant à l’ancien joueur merengue d’exercer le métier de coach sans le diplôme requis en Espagne. Pour faire simple, Zizou, qui passe ses diplômes en France, serait couvert par Santiago Sanchez, entraîneur numéro 1 de la réserve du Real Madrid. Il lui est reproché de se réfugier derrière un rôle d’adjoint alors qu’il est bien aux commandes, depuis l’été dernier, du Real Madrid Castilla, l’équipe B du club madrilène qui évolue en 3e division espagnole.

« Un coup de pub » selon Zidane

Une affaire complexe à l’origine surprenante. La plainte émane d’un certain Miguel Galan, directeur du Cenafe, un centre de formation privé, non reconnu, qui donne des cours à de futurs entraîneurs en Espagne. Un personnage inconnu, ou du moins dans les hautes sphères. Assez procédurier, il avait déjà attaqué plusieurs fois le district espagnol. « Celui qui a porté plainte a trouvé le moyen que l’on parle de lui sur mon dos », a jugé Zidane dans les colonnes du Figaro. Une opération d’ores et déjà réussie puisque le nom du centre de formation revient en boucle dans les médias espagnols.

Derrière cette attaque, un conflit larvé apparaît en filigrane : celui qui oppose le président de la Fédération espagnole, Angel Maria Vilar, à celui du Real Madrid, Florentino Perez. En 2004, l’homme fort du club merengue avait apporté son soutien à un opposant, Gerardo González, lors des élections pour la présidence. Depuis, Vilar ne rate pas une occasion d’égratigner le club madrilène. La Fédération espagnole a donc jugé recevable la plainte sans trop hésiter, trouvant là le moyen d’embarrasser le club aux dix titres de champion d’Europe. « Beaucoup d'autres entraîneurs sont dans mon cas et personne ne dit rien », dénonce ainsi Zidane.

La FFF se mobilise

Le champion du monde 1998, qui risque une suspension, n’est toutefois pas totalement isolé dans son combat pour conserver son banc. En Espagne, l'Association nationale des entraîneurs de football le défend face à Miguel Galan. Son président, Xavier Julia, n’a ainsi pas mâché ses mots dans France Football cette semaine : « C’est une entreprise privée qui a cherché à se faire de la publicité sur le dos de Zidane et du Real Madrid. » En France aussi, l’heure est à la mobilisation. Zidane, qui a regretté le peu de soutien de ce côté des Pyrénées, va ainsi recevoir l’aide de la FFF.

Selon nos informations, cette dernière va faire parvenir dans les prochains jours une lettre à son homologue espagnole pour expliquer que Zizou bénéficie d’une dérogation l’autorisant à entraîner un club professionnel (comme Willy Sagnol à Bordeaux et Claude Makelele à Bastia). La Fédération va ajouter qu’il dispose de très bonnes notes et qu’il ne devrait pas avoir de soucis à valider la dernière étape de son cursus professionnel. Par ailleurs, une délégation de la FFF a été envoyée dans la capitale espagnole pour aider Zidane à valider quelques étapes. Il appartient donc désormais à la Fédération espagnole de reconnaître ou non cette équivalence de diplôme et la dérogation de Zidane. Réponse attendue en milieu de semaine.

Nathan Goudol, avec Fred Hermel