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Suspendu trois mois, Zidane ne comprend pas

Zinedine Zidane

Zinedine Zidane - AFP

Comme redouté par le Real Madrid, Zinedine Zidane a été suspendu trois mois ce lundi pour avoir exercé comme entraîneur de l’équipe réserve sans posséder les diplômes requis en Espagne. L’ancien n°10 des Bleus accuse le coup. Son club conteste cette décision en faisant un appel qui n’est pas suspensif.

Comme le Real Madrid s’y attendait, Zinedine Zidane n’a pas bénéficié de clémence de la part de la Fédération espagnole ce lundi. Le Français, entraîneur de l’équipe réserve du club, a été suspendu de banc pendant trois mois. Une sanction qui fait suite à la plainte déposée auprès de la Fédération par le Cenafe, un centre de formation privé non reconnu en Espagne, qui lui reprochait d’exercer sa profession sans avoir le niveau 3 du diplôme d’entraîneur exigé. Coach n°1 de la Castilla, il est accusé de se servir de son adjoint, Santiago Sanchez, comme prête-nom. Ce dernier a d’ailleurs écopé de la même sanction que Zidane.

Dans un communiqué, le club madrilène a fait part de son « désaccord absolu » et annonce qu’il va faire appel. Ce dernier n’étant pas suspensif, Zidane ne peut pas entraîner tant que l’appel n’est pas étudié. « Le Real Madrid va épuiser tous les recours juridiques pour faire entendre que cette décision ne correspond pas au droit », indique le texte. Les Merengue ne décolèrent pas et réitèrent leur défense : « Zinedine Zidane est habilité par la Fédération française de football pour exercer comme entraîneur-chef dans la catégorie dans laquelle évolue la Real Castilla, comme l’accrédite le certificat délivré par la Fédération le 13 octobre 2014 ». La lettre envoyée par la FFF pour expliquer que Zizou bénéficie d’une dérogation l’autorisant à entraîner un club professionnel (comme Willy Sagnol à Bordeaux et Claude Makelele à Bastia) n’a donc pas suffi.

Zidane juge cette décision « surréaliste », selon l’un de ses proches

Alors que le code disciplinaire étalait les sanctions d’un à six mois, le juge a donc infligé le grade moyen. Mais cela ne ravit pas pour autant Zidane, qui a décidé de passer son diplôme en France depuis 2012 plutôt qu’en Espagne. Selon l’un de ses proches, l’ancien international français s’est montré très déçu en apprenant cette décision qu’il juge « surréaliste ». « J’ai voulu partir d’en bas pour travailler tranquillement, a-t-il confié à cette même source. J’ai tout bien fait, ça fait trois ans que j’étudie et que je passe mes diplômes et ça se retourne contre moi. »

Car l’affaire est complexe. Derrière la plainte du Cenafe (qualifié de « coup de pub » par Zidane) se cache un conflit entre le président de la Fédération espagnole, Angel Maria Vilar, et celui du Real Madrid, Florentino Perez qui avait soutenu, en 2004, l’opposant de Vilar aux élections pour la présidence. Ce dernier n’a donc pas hésité à juger recevables les griefs contre l’ancien meneur de l’équipe de France. Après des débuts sportifs délicats (cinq défaites lors des six premiers matches), Zidane et son équipe ont progressivement remonté la pente comme en atteste la série de quatre matches consécutifs sans défaite (trois victoires et un nul). Un élan qui pourrait être coupé par cette suspension.

La rédaction avec FH