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Aulas veut une D1 féminine de haut niveau, "sans match avec 10 buts d’écart"

Jean-Michel Aulas, président de l’OL également en charge du football féminin à la Fédération, a tempéré la menace d’une réduction de la D1 féminine à dix équipes, même s’il souhaite une réforme pour hausser le niveau.

Jean-Michel Aulas s’est presque fâché avec ses joueuses, jeudi. Le président de l’OL, qui s’occupe du football féminin au sein du comité exécutif de la Fédération française de football (FFF), s’est indirectement retrouvé dans le viseur d’Ada Hegerberg et Wendie Renard. Celles-ci ont en effet manifesté leur mécontentement face à la menace de voir la D1 féminine passée de 12 à 10 équipes la saison prochaine.

L’arrêt de la D2 en raison de la crise sanitaire figera en effet les promotions de deux équipes pendant que deux autres seront, elles, bien reléguées depuis l’élite. En conférence de presse ce vendredi, Aulas a rappelé cette "règle", tout en tentant de déminer le sujet, évoqué jeudi lors du comex de la FFF.

"Il n'y a pas de décision de prise, assure-t-il. Un certain nombre de solutions pourraient exister. C'est ce que nous a promis le directeur juridique de la Fédération, Jean Lapeyre, qui a la responsabilité de trouver la meilleure solution. On a fait pression pour trouver des solutions à cette situation liée à l’arrêt de la L2 à la demande du gouvernement. On a des espoirs qu'on n'en reste pas là, on va tout faire pour, à mon niveau."

Il a confié avoir été "attentif" à la grogne de ses deux joueuses en leur assurant rechercher "la solution la plus intéressante pour le développement du football féminin". Même si, pour lui, la réduction des équipes en D1 n’est "pas obligatoirement" un effacement du football féminin.

"Vaut-il mieux 10 équipes super compétitives ou 12 avec des écarts très importants?"

"L'élite tire la base vers le haut, rappelle-t-il. Vaut-il mieux avoir dix clubs très structurés avec une licence qui impose des structures d’accueil, d’encadrement et qui donne dix équipes super compétitives, quitte à faire plus de matchs? Ou 12 équipes avec des incohérences et des écarts très importants, comme en ce moment? Ça mérite d'être étudié. On a aussi étudié 14 avec l'inconvénient que je viens d'évoquer. Tout est ouvert. On prendra la décision dans l'intérêt du football féminin."

Le dirigeant s’est en revanche bien gardé de donner sa position. "Je ne la donnerai pas aujourd'hui", a-t-il confié, peut-être pour ne pas froisser davantage ses troupes. "On va poursuivre sur les idées mais il faut qu'il y ait un championnat de très haut niveau pour éviter le même genre de matchs qu'entre le PSG et Issy avec dix buts d'écart (14-0 pour les Parisiennes, le 14 novembre 2020, ndlr). Il faut rendre tout ça plus homogène."

Pour Aulas, le football féminin français doit faire sa mue face à la concurrence plus aiguisée à l’étranger. "Il y a du travail à faire, reconnait-il. Les autres pays, en particulier les Anglais, sont partis en pointe. Il faut trouver des parades. Il faut réformer, trouver des partenaires. L'OL a de plus en plus en de partenaires de haut niveau pour le foot féminin. On travaille aussi avec LDLC-ASVEL féminin pour faire progresser l’équipe féminine. On y consacre beaucoup de temps."

NC avec EJ