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Bordeaux : Sagnol regrette de ne pas avoir été "plus égoïste"

Willy Sagnol

Willy Sagnol - AFP

EXCLU RMC SPORT. Invité de Luis Attaque ce mercredi, Willy Sagnol est revenu sur son expérience d’entraîneur de Bordeaux. Evincé mi-mars, il regrette d’avoir accepté le départ de ses meilleurs joueurs au titre de la pérennité du club.

Si l’aventure de Willy Sagnol sur le banc des Girondins de Bordeaux avait débuté par une saison prometteuse et une 6e place synonyme de Ligue Europa, l’histoire s’est terminée plus tôt que prévu. L’ancien entraîneur de l’équipe de France Espoirs a été limogé mi-mars alors que le club au scapulaire ne comptait plus que cinq points d’avance sur la zone rouge. L’ancien latéral droit de Monaco et du Bayern Munich (39 ans) a dressé son bilan à la tête des Girondins dans Luis Attaque ce mercredi, sur RMC.

Son bilan

« J’ai fini par digérer mon départ de Bordeaux. Au début, on a mis l’accent sur les jeunes et on sait que la formation, ça prend du temps, il faut être patient. Peut-être que les dirigeants ont manqué de patience mais la décision leur appartient et nous, entraîneurs, ne sommes que de passage. […] Je ne peux pas être déçu. Entre mon arrivée en 2014 et mon départ, le projet a changé. Il a fallu se réadapter. Beaucoup de joueurs sont partis, des jeunes ont intégré le groupe, ce qui va permettre aux Girondins d’avoir une certaine pérennité sur le long terme. »

Des regrets

« Je n’oublie pas que lors de ma première saison, malgré un effectif hétéroclite et des joueurs importants absents, on a réussi à accrocher l’Europe avec un jeu de qualité. Entre ma première année et ma deuxième année, on a perdu des joueurs importants, c’était de nouveau le cas en janvier et il a fallu s’adapter… On a des envies, on essaie et après, ça marche ou ça ne marche pas. En deux années à Bordeaux, j’ai tout vécu, une première année excellente et une seconde plutôt médiocre. […]Mais à un moment, en ce qui concerne les arrivées et les départs, j’aurais peut-être dû davantage penser à ma gueule qu’à la pérennité du club, j’aurais peut-être dû être plus égoïste. Mais en mettant l’accent sur les jeunes, on pérennise le club. Ça vient aussi de ma culture allemande, on essaie d’abord de pérenniser la structure avant d’essayer d’avoir des résultats. Peut-être que ça a été mon erreur. J’aurais peut-être dû penser davantage à moi-même et à garder mes meilleurs joueurs... »

La mentalité des joueurs français

« Quand on attend beaucoup de quelqu’un, on est toujours déçu. Les joueurs français ont peut-être une culture différente des joueurs étrangers mais ce n’est pas avec Willy Sagnol, Pierre, Paul ou Jacques qu’ils vont changer. C’est à nous de nous adapter et d’en tirer le maximum sur la durée sur laquelle on est amené à travailler avec eux. […] En France, on se heurte à des limites qu’on ne peut pas franchir. Peut-être qu’il y a une rigueur qu’on ne peut pas mettre en place. Mais j’ai adoré travailler à Bordeaux, je ne peux pas dire que mes ex-joueurs ne savaient pas travailler. »

Son avenir

« Je crois que le Bayern a déjà choisi un entraîneur pour la saison prochaine (rires). Ce qui est sûr, c’est qu’après ces deux saisons à Bordeaux, je veux trouver dans mon prochain projet des problématiques différentes. Peut-être dans un pays différent, je ne sais pas. Aujourd’hui, j’étudie différentes possibilités et ensuite, je ferai mon choix. »