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Coronavirus: comment fonctionne le chômage partiel pour la Ligue 1

Confrontés à la suspension de la Ligue 1 en raison de l'épidémie de coronavirus, certains clubs comme l'OL et Montpellier ont décidé de placer leurs employés et leurs joueurs en chômage partiel. Une réaction à l'absence de rentrées financières.

Les inquiétudes sont aussi grandes que légitimes. Avec la suspension de la Ligue 1 pour cause de coronavirus et les doutes qui planent sur la possibilité de terminer la saison en cours dans les prochains mois, de lourdes pertes économiques sont à craindre pour les clubs français. Des craintes d'autant plus importantes pour ceux dont la situation financière était déjà délicate avant cette crise sanitaire.

Dans son rapport financier établi au début du mois pour la saison 2018-2019, la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) avait pointé les pertes conséquentes enregistrées par certains membres de l'élite comme l'OM (-91,4 M€), Bordeaux (-25,7 M€) ou encore Angers (-11,3 M€). Pour prévenir les premières conséquences économiques de l'arrêt du championnat, des clubs ont décidé de prendre les devants.

Du chômage partiel à Amiens, Lyon et Montpellier

Dans un souci de faire des économies, Amiens a décidé par le biais de son président Bernard Joannin de mettre tous ses salariés au chômage partiel. Cette mesure forte, déjà employée dans le Top 14, a également été adoptée par l'OL."Compte tenu des mesures prises par les autorités pour lutter contre la propagation du Covid-19, qui ont entraîné la suspension de toutes les compétitions et entraînements, l’Olympique Lyonnais, à l’instar d’autres clubs de Ligue 1, informe avoir mis l’ensemble de son personnel sportif en chômage partiel jusqu’à nouvel ordre", a indiqué mercredi le club présidé par Jean-Michel Aulas. L'ensemble des salariés du MHSC, dont les joueurs et les entraîneurs, se trouve aussi "en activité partielle".

"Malheureusement, on ne peut pas faire autrement. Il n'y a pas de rentrée financière, donc pas de trésorerie. A la fin du mois de mars, il faudra payer tout le monde. Il reste deux paiements à recevoir liés aux droits télés, qui doivent nous être versés le 5 avril et le 5 juin, on verra s'ils vont nous être payés ou pas, ça va être important car ce sont de grosses échéances, c'est 300 millions d'euros à partager entre tous les clubs professionnels français. (...) Mais il y a des clubs qui vont être plus en difficulté que nous", s'est inquiété le président montpelliérain Laurent Nicollin dans les colonnes de Midi Libre.

D'autres équipes s'interrogent et hésitent à mettre leurs joueurs en congés. Comme toute entreprise qui subit une une baisse partielle ou totale de son activité, un club de football est éligible au chômage partiel. 

Un plan pour aider les entreprises

Le ministère du Travail a accordé un délai de trente jours aux entreprises pour déposer leur demande, avec effet rétroactif. Le chômage partiel prévoit que le salarié soit indemnisé à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net, contre 8,04 euros par heure auparavant. Bruno Le Maire, le ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé mercredi le déplafonnement du chômage partiel sur les deux mois à venir pour un coût total de plus de 8 milliards d’euros. Pour aider les entreprises en proie à des problèmes de trésorerie et afin d'éviter les faillites, l'Etat a prévu en charge intégralement ce chômage partiel dans la limite de 4,5 Smic pendant deux mois. Au-delà, le différentiel est pris en charge par l'employeur.

Dans le monde de la Ligue 1, les salaires ne sont évidemment pas comparables au Smic. Selon les chiffres de L'Equipe, le salaire mensuel brut moyen d'un joueur du championnat de France atteindrait 94.000 euros. Une donnée gonflée par les hauts salaires pratiqués au PSG. Valeur plus représentative, le revenu médian d'un joueur de L1 s'élèverait à 35.000 euros bruts par mois. Autrement dit, la moitié des joueurs de Ligue 1 gagnerait plus de 35.000 euros et l'autre moitié gagnerait moins de 35.000 euros. Une personne travaillant 35 heures par semaine et rémunérée au Smic perçoit elle 1.539,42 euros bruts par mois. "Est-ce que toutes les entreprises, dont les clubs de Ligue 1, vont être concernées par ce plan d’aide? s’interroge Pierre Rondeau, spécialiste de l’économie du football. Faut-il aider des joueurs qui ont des salaires importants ou aider une entreprise à sauver des emplois?"

Au regard des sommes touchées par les joueurs de Ligue 1, les mesures annoncées par le gouvernement aideront effectivement surtout les salariés administratifs des clubs.

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RR avec PYL et J.Re