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Guyot : « Avec Le Graët, la FFF aurait un bon président »

Stade Brestois

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Le président du Stade Brestois 29, l’une des bonnes surprises de la première partie de saison, parle de son club, de son joueur-vedette Nolan Roux, de ses collègues… Et apporte un soutien quasi-inconditionnel à Noël Le Graët dans la lutte pour la présidence de la Fédération française de football.

Michel Guyot, quel regard portez-vous sur l’excellent début de saison de votre club ?
C’est très bien, mais il ne faut pas basculer dans l’euphorie. On s’habitue aux premières places, on y prend goût. Mais le championnat est très serré. La victoire à Paris, j’y croyais. J’ai mis deux heures à me remettre de la défaite (2-1 le week-end dernier). Les gens autour de moi me demandaient pourquoi j’étais dans un tel état. On n’est qu’à trois points du leader. Les grosses cylindrées sont là désormais. Saura-t-on battre de nouveau Bordeaux ou Monaco ? Ne soyons pas plus royalistes que le roi. On ne se faisait pas trop de souci sur l’adaptation, mais on ne se voyait pas aussi haut. Le soir du match à Marseille (le 22 décembre), il faudrait être déjà à environ 30 points pour commencer à travailler sereinement sur la saison prochaine.

L’un de vos attaquants, Nolan Roux, est courtisé par de nombreux clubs. Qu’en pensez-vous ?
Je ne suis pas du genre à être perturbé par ce genre de considérations en pleine saison. C’est lui qui décidera. Il a encore trois ans de contrat avec nous. Je ne vais pas lui faire barrage. Il adore la pêche, il a des loisirs sains. Il se lève au printemps à 5h30 du matin pour aller pêcher avec l’un de mes amis. On vit dans le même village. Ici, il y a un cadre de vie, Nolan est en plein dedans. D’autres joueurs ont d’autres centres d’intérêt… Maintenant, tout ne tournera pas autour de l’environnement, je le sais.

« Avant que les gens disent SB29 comme ils disent l’OL… »

Quelles relations entretenez-vous avec les autres présidents de L1 ?
J’ai des relations particulières avec certains présidents, dont Gervais Martel, qui m’ont pris sous leur aile protectrice. Comme si j’étais un petit jeune. Il y a de plus en plus de présidents délégués. Moi je suis là parce que c’est mon argent, je ne voulais pas laisser les clefs du coffre à quelqu’un d’autre. A l’UCPF, il y a des gens brillants, Dassier, Le Lay, Leproux… Mais il faut une majorité de vrais présidents, d’actionnaires majoritaires. Sinon on retombe dans la finance ou la gestion. J’ai du mal à trouver ma place là-dedans. On me dit de faire attention à ce que je dis, d’être plus posé. A l’origine, on dépend du ministère de la Jeunesse et des Sports. On a tous été amateurs, il ne faut pas oublier d’où on vient. Le football, c’est le sport des pauvres, rien à voir avec le rugby. Je ne rentrerai pas dans le moule. Je ne serai pas un béni-oui-oui. Je parle avec mes tripes. Je me sens proche des supporters, des partenaires. J’ai toujours été dans le football. Je défendrai toujours, bec et ongle, la position des présidents qui sont au capital de leurs clubs.

Pouvez-vous nous parler de vos deux plus illustres collègues, Jean-Claude Dassier et Jean-Michel Aulas, présidents de l’Om et de l’OL ?
Dassier est un président récent à Marseille. L’OM c’est d’abord Marcel Leclerc dans les années 70. Aulas est un « monsieur ». J’ai été récemment au Portugal, les gens disent « l’OL » et pas « Lyon » quand ils parlent du club. Avant que les gens disent SB29… On dit l’OM, l’OL, un peu les Girondins ou le PSG. Mais on dit Lille ou Brest. C’est un travail de longue haleine.

La Fédération française de football boucle une année très délicate…
Ce sont surtout des problèmes d’ego de personnes qui encadrent et sont installées dans un confort qu’elles ne pourraient pas retrouver si elles quittaient Paris. J’ai fait récemment la connaissance de Fernand Duchaussoy. C’est un homme agréable, mais quand je l’ai rencontré il était en campagne électorale. Noël Le Graët ? Je le connais bien. C’est un homme qui a mis de l’ordre partout où il est passé. Dans son club, à la mairie de Guingamp, à la Ligue… Il a fait de belles choses. S’il se présente, la Fédération aura un bon président. Je pense qu’il va y aller, même s’il doute de son âge. Il faut juste qu’il se fasse accepter des amateurs. Il fera carton plein.

Propos recueillis par Pierre-Yves Leroux