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Homophobie dans les stades: "Rouge Direct" demande des sanctions à la LFP ce mercredi, et... de la clarté

La commission de discipline de la LFP étudiera ce mercredi soir 18 rencontres de L1 et de L2 ayant fait l'objet de signalements pour chants homophobes. Pour le collectif Rouge Direct, "successeur" du Paris Foot Gay, c'est l'occasion de prendre des sanctions qui feront jurisprudence, mais surtout, d'apporter un peu de clarté sur ce qui est répréhensible et comment, alors que règne toujours un grand flou.

C'est le sujet qui anime le football français depuis le début de la saison. Pressée par le gouvernement, à l'image de la ministre des Sports Roxana Maracineanu et de Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de la Lutte contre les discriminations, la LFP a décidé de lancer un grand combat contre l'homophobie dans les stades, notamment contre les chants injurieux de supporters. Après l'interruption inédite de Nancy-Le Mans - un nouvel "outil" donné aux arbitres - le 16 août en Ligue 2, deux autres ont suivi le week-end dernier en Ligue 1, lors de Brest-Reims et Monaco-Nîmes.

Si la commission de discipline de la LFP n'étudiera pas ces deux derniers cas ce mercredi soir, elle se penchera en revanche sur 18 matchs ayant fait l'objet de signalements pour chants homophobes depuis le début de la saison, au cours d'une réunion très observée.

"L'occasion d'avoir un message plus clair au niveau du lexique, du règlement"

Le collectif Rouge Direct, qui a pris la suite du Paris Foot Gay comme "lanceur d'alerte" sur la question de l'homophobie dans le sport, "se félicite de ce qu'il se passe actuellement", après avoir adressé des mises en demeure à la Ligue "pendant deux ans et demi" pour faire bouger les choses. Et veut croire que ce mercredi 28 août sera une date marquante dans le combat contre les discriminations.

"C’est un jour très important, un jour où des décisions seront prises, des décisions qui feront probablement jurisprudence, estime Julien Pontes, porte-parole de Rouge Direct. Ce sera aussi l’occasion d’avoir un message plus clair au niveau du lexique, de l’application du règlement." Car l'enjeu est là: au-delà des sanctions, attendues, le collectif espère que la Ligue chassera un peu le grand flou actuel, alors que le règlement n'est pas formel, et que ni les arbitres, ni les clubs, ni les supporters, ne semblent savoir précisément ce qui est interdit.

Des amendes, des retraits de points, et un barème?

"La Ligue a pris de nouvelles dispositions en début de saison avec la direction technique de l’arbitrage, rappelle Pontes. Mais est-ce que la LFP a fait un travail de communication envers les supporters? On ne sait pas vraiment… Nous on ne s’en plaint pas, puisqu'on est sur une ligne de tolérance zéro, mais on trouve que l’arrêt du match (Nancy-Le Mans) est survenu très brusquement. [...] Il semblerait que pour le moment il y ait un flou, ressenti aussi par les arbitres. C’est très étrange de la part de la Ligue: au mois de mars Nathalie Boy de la Tour parlait encore de 'folklore' et privilégiait des actions de sensibilisation. Et là au mois d’août, bam, ça tombe déjà. On se repère mal dans la stratégie de la LFP."

Comme beaucoup d'autres acteurs, Rouge Direct demande donc une sorte de barème, précis, afin que plus personne ne puisse plaider une incompréhension. Quant aux sanctions en elles-même, le collectif estime que c'est à la Ligue de trancher. Mais a tout de même quelques recommandations. "La LFP doit faire preuve de cohérence, doit dire quel terme mérite quelle amende, poursuit Julien Pontes. Mais attention, on parle d’amendes dissuasives pour les clubs de Ligue 1, sinon ça ne sert à rien. Et s’il y a récidive, il faut infliger ensuite un match à huis-clos, un retrait de points, et même pourquoi pas aller jusqu’à l’exclusion du championnat. Un stade ne doit plus être un défouloir."

CC avec ML