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"Je veux aider le PSG à grandir": l'interview de Kylian Mbappé dans Rothen s'enflamme en intégralité

Kylian Mbappé a accordé un entretien exceptionnel à l’émission Rothen s’enflamme, sur RMC. L’attaquant du PSG, qui vient de prolonger jusqu’en 2025, y expose son ambition pour le club de la capitale, qu’il espère pouvoir hisser sur le toit de l’Europe.

Kylian, te sens-tu soulagé ?

Je suis soulagé, mais c’était devenu un peu mon quotidien. Ma priorité a toujours été le terrain. Les négociations sont devenues longues, j’ai donc appris à échanger entre les deux, à être concentré sur le terrain et à réfléchir pour prendre la meilleure décision en dehors.

Pourquoi avoir choisi le PSG au détriment du Real Madrid ?

J’ai choisi le PSG, mais pas que le PSG. J'ai choisi la France aussi. Je n'ai pas dit non au Real Madrid, j’ai juste dit oui à la France et au PSG. C’est un facteur important. Je voulais continuer encore un peu dans mon pays qui m'a tout donné. Je commence à comprendre l’importance, on me l’a fait comprendre aussi, que j’avais ici, en France. Et de partir comme ça, gratuitement en plus… même si je sais que je serais parti par la grande porte, de par mes performances. Quand je dis "être un grand joueur", c’est sur mais aussi en dehors du terrain. Faire ce geste à la France et au PSG, je pense que c’était important.

Avais-tu l’impression de ne pas avoir fini ce que tu avais commencé ?

Je pense que mon histoire au PSG n’était pas terminée. Je serais parti comme un grand joueur, mais pas comme un joueur emblématique. J’ai toujours dit que je voulais faire l’histoire. Il faut faire en sorte de faire l’histoire, pas seulement le dire. Avec ce nouveau contrat, je me donne l'opportunité de marquer définitivement l’histoire du PSG.

Être à la pointe de ce projet, qu’est-ce que cela représente pour toi ?

Je ne suis pas tout là-haut. Je suis bien sûr un élément central du projet, mais je ne suis pas tout là-haut. Cela me gêne un peu parce que je reste un joueur. Ce qui fait que je suis ce que je suis, c’est que je suis resté joueur. Je ne vais pas commencer à m’éparpiller. J’ai entendu pas mal de choses, ça a déjà commencé malheureusement: “Kylian ne veut pas de lui, Kylian veut de lui…” Je ne suis pas bon dans le recrutement. Je suis bon sur le terrain. Bien sûr qu’il faut s’investir, mais il ne faut pas croire que j'ai les pleins pouvoirs du club, le chéquier dans la poche. Je veux aider le club à grandir dans tous les aspects pour que le PSG soit une place centrale du football, mais je pense que ça passera avant tout par le terrain.

Je pense qu'il faut créer une âme dans cette équipe

Un changement de projet sportif doit-il passer par des changements à la tête du secteur sportif ?

Je pense que c’est une restructuration globale du club. Quand ton club est structuré, il t'emmène un élan. Un élan qui fait que tu es plus fort pour résister à des attaques extérieures, que tu es plus fort pour aborder des événements importants. Aujourd’hui, on voit bien qu’au club on a ce problème. Parce qu’on a pas mal de gens, que ce soit les joueurs ou des gens extérieurs, qui ont eu des traumatismes passés, par rapport à la Ligue des champions ou des pertes de titre. Je pense qu’il y a aussi ce côté émotionnel à gérer. C’est tout un ensemble de choses. Il ne s’agit pas seulement de changer les joueurs, le coach, le directeur sportif. Ça, je pense que le club l’a déjà fait. Parfois ça a marché, parfois un peu moins.

Que voudrais-tu changer en priorité dans le vestiaire ?

Ce n’est pas mon rôle de changer ce qui doit l’être, c’est la responsabilité des cadres, des joueurs importants. Je pense qu’il faut créer une âme.

Elle a fait défaut, selon toi ?

Pour toutes les grandes choses que j’ai gagnées, il y avait une âme dans notre équipe, même quand on fait les quadruplés nationaux avec le PSG, quand on a gagné le championnat avec Monaco, la Coupe du monde avec l’équipe de France, la Ligue des nations. Une saison, elle n’est jamais linéaire, que ton équipe soit extraordinaire ou qu’elle soit nulle, une saison n’est jamais linéaire. Mais l’âme de ton vestiaire, l’âme de ton équipe, elle va faire en sorte que, lorsque le bateau tangue, on est tous ensemble. C’est ce qui est le plus important et qui nous a peut-être fait défaut par le passé, je m’inclus dedans.

Quelle est ton ambition suprême au PSG ?

Gagner la Ligue des champions, c’est l’ambition suprême. Je ne vais pas faire un monologue de cinq minutes pour raconter des bobards, mais je pense que c’est la finalité. Je pense qu’on ne doit pas sauter les étapes. On est dans cette période de restructuration, mais l’objectif est toujours de gagner la Ligue des champions. On ne va pas dire qu’on est dans une saison de transition. Le Paris Saint-Germain n’est pas un club de transition. Mais il y a des étapes à franchir tout au long de l’année pour arriver prêt à ces échéances-là qui sont importantes pour le club.

Rothen s'enflamme