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Labrune : "Ma priorité ? Faire le ménage à l’intérieur des groupes de supporters de l'OM"

EXCLU RMC-BFM TV. Le président de l’Olympique de Marseille, Vincent Labrune, était l’invité de RMC dans Luis Attaque et BFM TV au lendemain du sulfureux OM-OL au Stade-Vélodrome. Il s’est expliqué sur les incidents, les mesures de sécurité qu’il envisage de prendre ainsi que sur son homologue Jean-Michel Aulas.

Vincent Labrune, quelles mesures concrètes allez-vous prendre pour améliorer la sécurité des joueurs et des supporters dans le stade au lendemain des incidents qui ont émaillé OM-OL ?

Il y a deux choses. Il y a les mesures concrètes qu’on a annoncées cet après-midi : la réinstallation des grands filets de protection derrière les buts qui ont disparu depuis la fin du mois de mai 2014. On va renforcer les mesures de protection et de sécurité, les contrôles et les palpations à l’entrée du stade. Il n’est pas normal qu’un certain nombre d’objets aient pu être introduits à l’insu de nos stadiers.

Et côté supporters ?

On va très rapidement regrouper nos groupes de supporters pour qu’ils nous aident, eux aussi, à faire un peu le ménage chez eux. Car notre priorité est de faire le ménage à l’intérieur des groupes de supporters. On a une majorité de supporters qui sont fantastiques. Mais c’est vrai qu’il y a une dizaine d’énergumènes qui nous posent des problèmes depuis quelques mois. J’ai alerté le préfet de police sur la dangerosité de certains individus qui viennent perturber la bonne marche du club en permanence.

Que répondez-vous à Jean-Michel Aulas qui vous a traitez de Guignol ?

Il a l’habitude de perdre son sang-froid quand on le contredit. Il faut faire avec. Pour tout vous dire, il y a un vrai choc de générations entre nous. J’ai une vision un peu plus moderne et internationale du football. Et lui a une vision plus conservatrice au sein d’un système qu’il contrôle parfaitement depuis longtemps. C’est un peu comme en politique. Il y a des vieux lions qui ont du mal à faire de la place aux plus jeunes. Cela ne doit pas nous empêcher de travailler ensemble dans les semaines à venir.

N’avez-vous pas donné trop de pouvoir aux groupes de supporters ?

Je suis très à l’aise pour en parler car 90% des critiques qui viennent des supporters, c’est moi qui en suis la victime. J’ai serré très sérieusement la visse avec eux depuis quelques mois. On travaille en bonne intelligence avec nos supporters. On va assumer et prendre nos responsabilités mais on ne va pas porter tous les maux du football français ou européen.

Le ministre de Sport, Patrick Kanner, s’est dit furieux et choqué contre vos propos qui minoraient les incidents d’hier. Que lui répondez-vous ?

Je n’ai pas pour habitude de répondre à des ministres de la République. Ce qui est certain, c’est qu’il y a deux sujets distincts que j’ai abordés hier soir dont la concomitance a conduit à certains amalgames que je souhaite dissiper. Il y a d’un côté un sujet de fond qui est la sécurité dans les stades qui est un sujet qui me tient particulièrement à cœur en vue de l’Euro 2016. Et il y a un sujet plus futile, plus folklorique lié au contexte de la rencontre pour lequel j’ai été interrogé à la fin du match qui est celui de l’arbitrage. Je réfute tout amalgame entre ces deux sujets. Ce serait assez irresponsable de le faire. Je n’ai peut-être pas été assez clair. Le point central, c’est la sécurité. C’est une priorité dans le football en France en vue de l’Euro 2016. C’est une priorité à l’Olympique de Marseille. On travaille dans ce sens. Contenir les mouvements de foule, ce n’est pas facile. On n’a pas tant de problème que ça. Il y a eu des incidents dus à l’intrusion d’objets et de bouteilles. Je les regrette et les condamne. Le risque zéro n’existe pas. On a pris des mesures dès aujourd’hui pour cela ne se reproduise plus.