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Le cauchemar d’Abdennour, le calvaire d’Evra, Khazri insaisissable: les notes d’OM-Rennes

Au terme d’un match à sens unique, l’OM a encore sombré en Ligue 1, cette fois à domicile devant Rennes (3-1). L’équipe de Rudi Garcia a été punie, autant par son manque de caractère, d’équilibre, que de solidité défensive, dans laquelle Abdennour, Rami et Evra se sont totalement manqués et… avec laquelle Wahbi Khazri s’est particulièrement amusée.

OM

Mandanda: 4
Sakai: 4 (remplacé par Sarr, 3, 37e)
Rami: 3
Abdennour: 2 (remplacé par Rolando, 71e)
Evra: 2
Sertic: 3
Sanson: 4
Lopez: 3 (remplacé par Zambo-Anguissa, 57e)
Payet 3,5
Thauvin: 4,5
Germain: 3

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Abdennour, soirée "cata"

Pour sa défense, il pourra avancer que malgré une préparation complète avec le FC Valence, il ne disputait que son premier match sous les couleurs de l’OM. Et qu’il découvrait aussi son nouveau partenaire en défense centrale, Adil Rami, de retour de blessure et visiblement trop juste pour un match de cette intensité. Mais son arrivée promettait du muscle, de l’autorité et de la solidité à l’arrière-garde marseillaise. C’est tout le contraire qu’a distillé Aymen Abdennour dimanche soir. Débordé, l’international tunisien l’a été sur l’ouverture du score, déposé par Sarr. Il se fait fixer comme Evra par Bourigeaud sur le deuxième. Et il est encore pris de vitesse par Gnagnon. Averti à la 61e, en raison de fautes à répétition, il n’a jamais semblé en mesure d’entrer dans son match. Et clou d’une soirée catastrophe, sa cuisse gauche l’a lâché dans la foulée du 3e but rennais (70e), synonyme de changement. Et de soucis, encore, pour Rudi Garcia.

Evra, tout sauf révolté

Rudi Garcia l’a préféré à Jordan Amavi, ce dimanche soir. Si les raisons de ce choix sont opaques (et ce choix-là n’est pas le seul à l’être d’ailleurs), une chose est sûre: Patrice Evra n’a pas rendu à son entraîneur, ni à son équipe la confiance que ces derniers ont placée en lui. L’ancien défenseur de Manchester United a bu la tasse, comme ses autres partenaires de la défense. Placé beaucoup trop haut, il a régulièrement mis son couloir en danger et offert des boulevards à Sarr. Sur le reculoir devant la frappe de Bourigeaud, il n’a pas apporté ce qu’il prétend avoir: de la grinta et un supplément d’âme. La révolte attendra. Averti lui aussi (29e).

Thauvin, tout sauf résigné

Avec Sanson, buteur et bien plus à son avantage en deuxième période, Florian Thauvin aura eu le mérite de ne pas sombrer. Dans une équipe incapable de réagir, de se révolter et de mettre le rythme nécessaire pour relever la tête, l’international français n’a pas flanché et tenté de mettre ses coéquipiers dans les meilleures conditions. Son lob est trop enlevé (74e), sa frappe enroulée pas assez puissante et travaillée (80e). Mais il aura tenté et se sera montré. Lui.

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RENNES

Koubek: 7
Traoré: 6
Nyamsi: 6
Gnagnon: 7
Baal: 6
Bourigeaud: 7
Prcic: 6,5
André: 6,5 (remplacé par Lea Siliki, 86e)
Mubele: 6
Khazri: 7,5 (remplacé par Maoussa, 59e)
Sarr: 7

Khazri, retour réussi

Il a couru partout. Mais alors partout. A tel point qu’à la 59e, il a été pris de crampes. Wahbi Khazri, de retour en France cette saison, sous forme de prêt en provenance de Sunderland, avait faim de ballons. De courses. De jeu. Titulaire pour sa grande première avec Rennes, l’ancien Bordelais a fait très mal à l’arrière-garde marseillaise. Insaisissable pour les joueurs de Rudi Garcia, il a été plus rapide que Rami pour reprendre une offrande en retrait de Sarr et ouvrir le score (2e). En moins de 60 minutes, il a montré tout ce qu’il pouvait et allait apporter au Stade Rennais. Auteur d’une frappe sur le poteau après un petit numéro dans la surface, encore aux dépens de Rami (51e). Logiquement remplacé par Maoussa (59e)

Gnagnon, soirée quasi-pleine

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Jacques-Henri Eyraud, effondré sur sa chaise, a dû peut-être prendre quelques notes. Des notes concernant sa défense et ce qui lui manque. Des notes aussi sur Joris Gnagnon, tant ce dernier a excellé dimanche soir et offert un panel de toutes les qualités qui ont manquées (qui manquent ?) à son équipe depuis le début de saison. Le défenseur rennais est dur au mal, on le sait mais face aux Marseillais, il a surtout cadenassé la voie des airs, fait preuve d’anticipation pour éteindre un Valère Germain privé de munitions et réduit au silence… quand il ne s’est pas chargé lui-même d’éteindre tout court la lumière du Vélodrome en scellant une bonne fois pour toutes le score en faveur du Stade Rennais (70e). Son retour plein d’autorité devant Germain (72e) était remarquable. Son tacle raté devant Sanson, qui accouchera de l’unique but phocéen, beaucoup moins.

Koubek, le Vélodrome est son jardin

Germain pratiquement muselé, Thauvin longtemps en difficulté pour se mettre en évidence, il n’a pas connu une soirée compliquée, loin de là. Mais le portier tchèque, arrivé cet été en provenance du Sparta Prague, a écoeuré les Marseillais sur les rares cartouches qu’ils ont eu à se mettre sous la dent. Décisif devant Germain (35e) ou sur une tête de Sertic, qu’il claque en corner (43e), vigilant aussi sur un tir enroulé mais pas assez puissant de Thauvin (80e), Koubek a renoué avec la réussite qui était la sienne le 1er octobre 2015, quand il l’emportait au Vélodrome, en Ligue Europa, avec le maillot du Slovan Liberec sur le dos (1-0). Impuissant sur le tir croisé de Sanson (87e).

A.D