RMC Sport

Le PSG sait se faire attendre

Adrien Rabiot

Adrien Rabiot - -

En manque de réussite face à des Guingampais bien en place, le PSG a fini par remporter sa première victoire à domicile de la saison (2-0), ce samedi, grâce à des buts de Rabiot et Ibrahimovic dans le temps additionnel.

« Merci Sakho ! Merci Sakho ! » A l’heure de voir son enfant chéri rejoindre Liverpool, le public du Parc n’a pas oublié l’hommage à Mamadou. Il peut surtout montrer sa gratitude à un autre de ses enfants chéris, Adrien Rabiot. Buteur à la 92e, le jeune (18 ans) vice-champion d'Europe U19 a débloqué le match, avant de voir Ibrahimovic enfoncer le clou d’un but en force (93e), et permis au PSG de s’imposer face à Guingamp (2-0) pour sa première victoire à domicile de la saison, la deuxième consécutive après celle à Nantes (2-1). Mais que la délivrance fut longue à venir. Un scénario digne du PSG du moment, quoi. « Le football offre parfois des scénarios plaisants même si c’est dur à supporter sur un banc de touche car on aimerait être un peu plus serein, a commenté Laurent Blanc à l'issue du match. Pour diverses raisons, on avait prévu de souffrir durant ce début de saison. Ça se vérifie mais sur le plan des points, je pense que ce n’est pas si mal que ça.»

Car en ce début de saison, pour Paris, les matches à la maison ont une fâcheuse tendance à livrer un scénario similaire. Le pitch, déjà parfois vu la saison dernière ? Siège d’une équipe adverse bien regroupée, manque de réussite, défense héroïque en face. Contre Ajaccio (1-1), l’ouverture du score de Pedretti avait enrobé la séance de ball-trap sur Ochoa de la tension du « gros » qui court au score derrière le « petit ». Face à Guingamp, la même idée, mais à 0-0 cette fois, avec en toile de fond cette victoire promise qui tarde à se matérialiser. Le tableau d’affichage aurait pourtant pu, et même dû, afficher un Paris en tête beaucoup plus tôt. Après moins de 120 secondes très exactement, moment choisi par Ibrahimovic pour enrouler un bijou de coup franc sur le poteau breton (2e), le cuir échouant dans les pieds d'un Lavezzi qui ratait le coche.

Rabiot délivre les siens

On pense alors que les troupes de Laurent Blanc ont entendu la volonté de leur entraîneur de « faire parler (notre) force devant ». Mais les bonnes intentions sont parfois rattrapées par la réalité. Face à des Guingampais bien en place, classique des équipes qui se rendent au Parc, les Parisiens n’affichaient ni le tranchant ni le rythme nécessaires. Et les trois joueurs offensifs, Cavani, Lavezzi, Ibrahimovic, se marchaient un peu trop souvent sur les pieds dans l’axe pour affoler la défense. Résultat ? Une sorte de somnolence d’une grosse demi-heure. « On a fait une première mi-temps laborieuse, on a été un petit peu endormi, confirme Blanc. Le coup-franc sur le poteau nous aurait permis, je pense, de faire vraiment un autre match. » Le réveil parisien viendra en partie d’une nuance tactique, Blanc demandant à Alex de laisser Thiago Silva se charger des relances, choix judicieux pour accélérer le jeu.

Il viendra aussi, comme souvent dans ce cas, d’une balle arrêtée. Cavani coupait un corner de Lavezzi pour une tête superbe d’exécution (35e). Puis Thiago Silva transformait un nouveau corner de l’Argentin en tête sur la barre, son troisième montant touché cette saison au Parc ! Au retour des vestiaires, Guingamp restait sur son plan de jeu. Et la tension de la course au but reprenait de plus belle. Les Parisiens multipliaient les tentatives par Cavani (55e, 68e), Lavezzi (62e) et Zlatan (69e, 78e, 84e). Et c’est bien l’En Avant qui était à deux doigts de créer une énorme surprise avec Yatabaré, meilleur buteur de L2 la saison dernière, qui perdait son duel seul face à un Sirigu impérial (76e). 

La pression continuait de grimper. Jusqu’à la délivrance signée Rabiot, qui avait remplacé un Pastore encore mauvais et hué à sa sortie, et le but rageur de Zlatan (son premier de la saison) pour un succès qui montre aussi les qualités mentales des Parisiens. « Le progrès, c’est qu’on ne prend pas de but, analyse Blanc. On peut aussi relever le fait que les joueurs n’ont jamais abandonné, même quand il restait quelques minutes.» Avec huit points, le PSG se rapproche des sommets du classement derrière un 4-3-3 version Blanc qui se révèle plaisant. Mais il faudra travailler la réussite offensive pour s’éviter de telles sueurs froides à l’avenir. « Si on fait le même match que contre Ajaccio, il ne devrait pas y avoir de souci », estimait Blaise Matuidi cette semaine. Ben si, justement.

A lire aussi :

>> L'OL ne s'en sort pas

>> Matuidi : "Toujours des choses à régler"

>> PSG-Guingamp : la difficile équation parisienne

Alexandre Herbinet