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Le regard de Daniel Riolo sur la saison de Ligue1 à venir

Avant le choc entre Monaco et Lyon vendredi soir, en ouverture du championnat (première partie, il y a tant de choses à dire).

C’est donc la période des rêves ou au minimum de l’espoir. On efface tout et on recommence. Le PSG veut oublier ses humiliations européennes. Lyon réussir sa révolution. L’OM ne veut plus avoir honte. Monaco a envie de revoir le haut du classement. C’est vrai qu’il y avait beaucoup de déçus en fin de saison dernière. Dans notre jeu du "top 5 du kiff", aucun gros n’était présent fin mai. 

Alors, c’est le moment. Le moment de croire que ça sera mieux. Et pour "dream bigger" il valait mieux partir en vacances en juillet et ne pas tomber sur les matches de préparation. Beaucoup de nos clubs ont pensé que c’était bien d’aller se frotter à des équipes des championnats majeurs. Résultat, on a vite mesuré à quel point, même en plein juillet, on était loin du compte. 

Peu importe après tout. Le niveau européen, il n’y a que le PSG qui espère y faire bonne figure. Le dauphin lillois veut d’abord "ne pas être ridicule". Quant à l’OL, un huitième si le tirage au sort est favorable, ça sera positif. Je précise que ce n’est pas moi qui dis ça, mais les patrons des clubs concernés. 

Mais mettons l’Europe de côté. Ce n’est pas le sujet. Ça l’est rarement pour nos clubs. Nous on aime les chantiers. La continuité n’est qu’un concept. 

L'OL, le club le plus intéressant à observer

On passe vite sur le PSG. Le titre est déjà en poche. C’est le seul "prono" facile. Chaque année, on donne une nouvelle orientation au club en fonction du rêve européen. Cette saison, c’est Leonardo qui fixe le cap. On verra bien. Ou rien. Comme d’habitude rendez-vous à la fin de l’hiver.

C’est l’OL qui est à mes yeux, le club le plus intéressant à observer. Le duo Juninho/Sylvinho, c’est une vraie révolution dans l’histoire du club. Et qu’on ne s’y trompe pas, on ne pourra pas associer les deux noms indéfiniment. "Juni" est le patron, Sylvinho le coach. Il faudra évidemment laisser du temps au coach, et si ça devait ne pas marcher, Juninho devra agir en patron. Je n’anticipe rien du tout en disant cela. Et je n’envisage pas non plus un échec du Brésilien. C’est juste un regard sur le duo qui dirige désormais l’OL.

La défiance maladive des médias français à l'égard des coaches étrangers

Je parlais de temps à laisser et là en revanche j’envisage qu’on ne va pas beaucoup en laisser à Sylvinho. Lui, va vite constater la défiance maladive des médias français à l’égard des coaches étrangers. Olivier Dall’Oglio disait hier dans une interview qu’on pardonnait moins aux "Français". Une idée reçue trop souvent reprise dans notre L1. Mais surtout une aberration! Une folie ! Ancelotti, Bielsa, Jardim, Ranieri, Cardoso, Emery… ils n’ont pas été critiqués. Non! Ils ont été insultés, ridiculisés, moqués. La plupart des médias, sans parler du syndicat dont le patron est aussi consultant, les ont torpillés! On dit que je fais une fixette sur le sujet! Oui une obsession même. A la hauteur de ce corporatisme insupportable. De tous ces gens qui protègent les amis et la famille! Dans une enquête, par ailleurs très intéressante, de L’Equipe sur le jeu en L1, on pouvait lire en substance que les gros clubs de L1 était dirigé par des étrangers, mais que c’était aussi du au fait que Deschamps, Wenger, Zidane n’étaient pas libres! Non mais franchement. Jacquet et Batteux ne sont pas dispo non plus aussi tant qu’on y est ! Sinon la nouvelle vague Le Guen, Blanc, Garcia, Gourvennec… on en parle?

Oui donc le temps donc. On en était là. Ce qui m’a le plus gêné dans la préparation de l’OL, ce sont les mots de Juninho après la lourde défaite face à Bournemouth. Il a parlé "d’état d’esprit", de "combativité". Un premier "coup de gueule" que je n’ai pas aimé car il ramène l’OL aux errements de la saison dernière. Que Sylvinho soit encore en train de chercher son 11 et le bon système, ok. Qu’il déplore l’investissement des joueurs, là c’est problématique.

433 ou 4231, Sylvinho va d’abord devoir mettre ses joueurs dans un schéma favorable à l’expression collective. Le premier souci, c’est le positionnement de Thiago Mendes et ensuite du "qui" avec lui au milieu. A ce titre, je n’arrive pas à envisager que l’OL ne recrute pas dans ce secteur de jeu. Selon moi, Lyon a besoin de deux éléments au milieu dont un joueur "créatif". Il va peut-être falloir allonger l’oseille à un moment non? Sinon, sans gros chèque, un joueur comme Rongier, ça pourrait être une bonne idée.

(La deuxième partie, où l'on parle notamment de l'OM et du PSG est ici.)

La troisième partie ici

Daniel Riolo