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Ligue 1 - Jean-Claude Dassier : "On ne fait pas joujou avec Marseille"

Jean-Claude Dassier

Jean-Claude Dassier - AFP

Président de l’Olympique de Marseille entre 2009 et 2011, Jean-Claude Dassier est revenu sur la réorganisation de la direction de l’OM au micro de RMC Sport. Il en a également profité pour régler ses comptes avec Vincent Labrune.

Quelle stratégie existe derrière ces nominations ?

"C’est difficile à interpréter. Jean-René Angeloglou était au Conseil de Surveillance quand j’étais au club. C’est un homme de confiance, un ami de la famille Louis-Dreyfus depuis des années. Je ne connais pas le nouveau président mais c’est certainement un homme avec un cursus brillant, un businessman, qui est lui aussi un ami de la famille Louis-Dreyfus.
Globalement, on assiste à la mainmise des proches de Margarita sur le club et à l’éviction du corps étranger de M. Labrune. Je pense que ça signifie que le club va être vendu et que ces gens-là sont à l’OM pour remettre le club d’aplomb. Je ne me retrouve pas toujours dans ce que Margarita a envie de faire. On sait qu’elle a annoncé qu’elle vendait. […] Le nouveau président et M. Angeloglou sont là pour assainir la situation, rendre le club le plus présentable possible, le plus séduisant possible, et le vendre avant la fin de l’année."

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Quel est votre sentiment sur la situation actuelle ?

"Pour moi, c’est un vrai calvaire de voir où en est l’OM après quatre ans de mandat de l’homme qui va partir. C’est une tragédie, c’est insupportable. On ne fait pas joujou avec Marseille. A l’heure actuelle, il y a plein de trous, ça me fout la trouille. Mais je crois que Margarita est consciente du boulot qu’il y a à accomplir. Il ne faut pas vendre au premier venu. Il faut qu’elle réinvestisse un peu, elle a les moyens, il ne faut pas exagérer."

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C’est ce que vous demandez à Margarita Louis-Dreyfus ?

"Ce que je demande, je pense qu’elle n’en a pas grand-chose à faire. Elle s’est trompée sur un certain nombre de gens à qui elle a confié des responsabilités mais, aujourd’hui, je veux croire que les nouveaux arrivants sont des gens sérieux et qu’ils ont les moyens pour que l’OM fasse bonne figure. On ne demande pas au club d’être champion mais de ne pas se battre pour éviter la relégation. Puisque Margarita dit qu’elle a un engagement d’honneur et qu’elle aime ce club – et je la crois sincère, il faut qu’elle fasse ce qu’il faut, elle n’est pas à quelques millions près. Elle doit rendre les clés d’un club en situation solide."

Quel bilan tirez-vous de la présidence de Vincent Labrune ?

"Je ne suis pas l’homme idoine pour juger mon successeur vu les conditions lamentables de mon départ. Il a fait ce qu’il a pu, il pensait sans doute avoir le talent et le génie pour être capable d’être président, directeur sportif, manager général, chargé du recrutement… Je pense qu’il s’est noyé. Le bilan est tragique. Il a tué trois présidents, il a dégommé je ne sais combien d’entraîneurs alors qu’il a eu les meilleurs… Six mois après son arrivée, c’était la bagarre avec Deschamps dans les couloirs.
Ensuite, il a fait d’autres tentatives qui ne se sont pas mieux terminées. Bielsa n’est pas réputé facile mais quand vous avez un diamant brut comme ça, vous essayez de bien le gérer. Et là, Bielsa est parti, Labrune n’était pas là, on ne sait pas pourquoi il est parti… Sans vouloir être excessivement sévère, le bilan est tragique. Ce n’est pas en changeant d’entraîneur tous les 18 mois qu’on peut espérer décrocher un titre ou c’est comme gagner au loto…"

L’OM rend fou ?

"Je n’ai pas le sentiment d’avoir pété les plombs. Je ne me suis jamais pris pour ce que je ne suis pas, je ne suis jamais arrivé à Marseille en disant que j’avais la clé, que j’allais tout faire, qu’on allait faire Dortmund ou Barcelone. J’ai essayé de confirmer chacun à son poste, de limiter les drames entre Deschamps et Anigo, et de recruter au profit et à la demande de Didier Deschamps. C’était ça mon rôle de président, je ne me suis jamais pris pour quelqu’un d’autre. Quand votre entraîneur vous demande des joueurs, vous essayez de les lui donner tout en essayant de faire en sorte que les finances tiennent le choc.
Le procès qui m’a été fait, ainsi qu’à mon directeur général, est honteux. L’histoire rétablira la vérité. Il fallait à tout prix nous dégager, ils nous ont dégagé. Est arrivé ensuite ce cher Labrune qui savait tout mieux que tout le monde, on a vu les résultats… Au final, Margarita n’a pas su bien juger à qui elle avait affaire. Un beau parleur n’est pas toujours capable de monter là où il faut monter. Maintenant, il faut qu’elle se rattrape. […] Le génie des Carpates est arrivé et on a vu ce qu’on a vu..."

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Il n’y avait aucun problème financier à l’arrivée de Vincent Labrune, notamment au niveau de la masse salariale ?

"Mais aucun. S’il y avait des soucis de masse salariale, ce cher Labrune n’aurait pas augmenté tout le monde en arrivant. Diawara, Deschamps, Alou Diarra, … Il faut arrêter maintenant, les accusations de Labrune sont honteuses. Elles servaient juste à justifier son arrivée. Il y a une enquête en cours où M. Pérez, son directeur général, a été mis en examen, José Anigo a été mis en examen… Seul le président n’était responsable de rien. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond."