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Ligue 1: une crise à un milliard d'euros

Le stade Vélodrome vide

Le stade Vélodrome vide - ICON SPORT

La crise sanitaire met en péril l’avenir économique de la Ligue 1. Les clubs professionnels enregistrent des manques à gagner sans précédent. L’absence du public se fait ressentir pour tous les clubs du championnat et oblige les décideurs du foot français à des mesures drastiques.

Un milliard d’euros. Voilà ce que risque de perdre l’ensemble du football professionnel français dans la situation économique et sanitaire actuelle. Un chiffre obtenu en compilant les données de tous les correspondants de RMC Sport auprès des clubs de Ligue 1 et les échéances non versées par Mediapro, toujours en attente d’une conciliation avec la LFP sur les droits télés.

Sans surprise, le Paris-Saint-Germain est le plus impacté. Entre le chiffre d’affaires sur les loges, la buvette et la billetterie, le manque à gagner des huis clos est estimé par le club parisien à 130 millions pour un manque à gagner total de près de 200 millions. Même constat à Marseille où Jacques-Henri Eyraud avait estimé à 50 millions le coût financier de la situation économique et sanitaire lors de l’émission spécial OM de Top of the Foot. "Avec une moyenne de 53 000 supporters en moyenne la saison passée, on s’attendait à faire entre six et huit millions d’euros de recettes en ligue des champions, on va faire zéro."

"Si vous commencez à perturber les joueurs en attaquant les salaires et les primes…"

Pour les plus petites écuries du championnat, les ressources pour pallier au contexte actuel se font rare. Philippe Caillot, président délégué du SCO d’Angers est dans l’obligation de trouver des solutions: "Si la situation ne s’arrange pas, on va devoir discuter avec tout le monde. Mais si vous commencez à perturber les joueurs en attaquant les salaires et les primes… Il faut faire attention à ne pas nous fragiliser sportivement."

L’Angevin aimerait être aidé par l’Etat à l’instar d’autres entreprises françaises: "Les gens ne comprennent pas que dans le monde du foot on puisse avoir des besoins car on est riche, explique-t-il à RMC Sport. C'est la difficulté de l'image qu'on renvoie: Des gens riches qui roulent tous en voiture de sport et qui gagnent des millions. Mais il n’y a pas que les joueurs, le nombre d’emploi induit par le foot est considérable." Le club qui pointe à la 9e place du classement table sur une perte de 4 millions d’euros pour la billetterie et sur les prestations VIP.

Du côté des Girondins de Bordeaux, on cherche aussi des solutions, le club espère pouvoir baisser le loyer de son stade afin de s’y retrouver. Selon une source proche du club, les négociations sont en bonne voie. Déficitaire depuis de nombreuses années, les Marines et Blancs affichent un manque à gagner total de 600.000 à 700.000 euros pour chaque match joué à domicile cette saison.

Un chômage partiel… partiellement appliqué

Au Stade Brestois et à Lens, une grande partie des salariés du club sont en chômage partiel. Les joueurs ne sont pas encore impactés mais ils pourraient l’être chez les Bretons. Avec une perte de 150 000 euros par match, les pensionnaires de Francis Le Blé, évoluent souvent à guichets fermés, soulèvent un autre problème. Plusieurs partenaires, dont des sponsors quittent le navire dans cette crise. Pascal Robert, directeur général du club observe le départ de 50 entreprises: "On parle souvent des incidences pour nous les clubs mais à côté, ce sont plusieurs entreprises qui sont en difficultés : Les boites de sécurité, les entreprises d’événementiel, l’hôtellerie… Un soir de match, ce sont plus de 500 personnes qui travaillent." Dans le nord, les Lensois ont été directement et fortement touchés par le COVID (11 joueurs et 8 membres du staff avaient contracté le virus). Le club n’est pas en danger, selon Arnaud Pouille, le directeur général des sang et or mais il insiste cependant sur une répercussion locale: "Le président nous soutient et il est impliqué mais sur l’environnement autour, les signaux sont au rouge."

"Continuer à jouer mais sans montée ni descente"

Waldemar Kita, le président du FC Nantes est inquiet: "Le manque à gagner est estimé entre 10 à 15 millions d’euros sur l’ensemble de la saison. C’est énorme. C’est un peu le choléra qui s’est installé." Pour éviter des "descentes de clubs avec 10 millions de dettes", le patron nantais souhaite "continuer à jouer sans montée, ni descente en Ligue 1, Ligue 2 et National." Dans l’attente d’être entendu, les Canaris ont déjà accumulé une perte de 2,5 millions d’euros sur les quatre matchs joués à domicile (Nîmes, Saint-Etienne, Brest et le PSG). 9000 spectateurs ont été comptabilisés sur ces rencontres. 115 000 étaient attendus.

Autre club qui atteint des pertes prévisionnelles élevées : L'OGC Nice. Les Aiglons tablent sur 14,3 millions d'euros de recettes en moins sur la saison. Autant dire que les discussions avec Mediapro, impacté par le même contexte économique et sanitaire, tombent bien mal et que les solutions envisagées (changement de format de compétition…) seront forcément douloureuses.

>> Retrouvez ces éléments et bien d’autres, ainsi que l’éclairage de Jean-Michel Aulas, président de Lyon, et Laurent Nicollin, président de Montpellier lors d’une émission spéciale Top of the Foot sur RMC ce mardi à partir de 18h.

AB avec RMC Sport