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Nice: "Je suis désagréable à la maison", Schneiderlin et la frustration du banc

Arrivé en juillet pour apporter du leadership et de l’expérience au sein d'un groupe jeune, Morgan Schneiderlin vit, à l’image de l’OGC Nice, une période compliquée. Le milieu de terrain défensif a observé les derniers mauvais résultats de son équipe depuis le banc de touche. Une douleur de plus pour l’international français (15 sélections).

Morgan Schneiderlin assure ne pas vivre l’année la plus compliquée de sa carrière. Sa première saison en Angleterre avec Southampton en 2008/2009, ponctuée par des problèmes financiers et une rétrogradation sportive, était bien plus difficile à encaisser que la 16e place actuelle de l’OGC Nice.

Quatre bancs à la suite

Si la position actuelle des Aiglons est inconfortable, celle de l’Alsacien l’est d’autant plus. La dernière titularisation de Morgan Schneiderlin remonte au 3 février dernier, un soir de 100e derby perdu au Stade Louis II (2-1). Les rencontres suivantes, face à Angers, à Paris et Marseille, puis contre Metz (qui se sont soldées par une victoire et trois défaites) se sont déroulées sans le milieu de 31 ans dans le onze de départ.

"J’ai dû faire un choix avant Paris et j’ai titularisé Hicham Boudaoui, explique l’entraineur niçois Adrian Ursea. Il a fait une bonne prestation donc je l’ai laissé titulaire." Morgan Schneiderlin paie ainsi ses performances en demi-teinte depuis le début de saison.

"Le football est une question de perception, souligne le milieu de terrain. Avec tout le respect que j’ai pour vous (les journalistes), j’ai juste besoin de moi, je sais analyser mes matchs. Je savais que quand ça allait bien marcher, j’allais avoir des éloges et que quand ça allait être moins bien, j’allais être le premier en ligne de mire."

“Bien sûr que ça m'énerve”

Les quatre relégations sur le banc l’agace-t-il ? La question le fait sourire. "Je ris mais c’est nerveux. Bien sûr que ça m’énerve. Tout le monde peut voir que je suis agacé mais je suis content car ça prouve que je suis un compétiteur et que j’ai encore cette niaque, cette envie. Mes rentrées face à Marseille et Metz ont montré que je me bats. Vous pouvez demander à ma femme, je suis désagréable à la maison car je ne suis pas heureux de la situation actuelle, pas heureux de ne pas jouer et d’avoir de mauvais résultats donc j’espère, et toute ma famille aussi, que ça va changer rapidement."

Après avoir eu une discussion avec son entraîneur avant le match à Paris, Morgan Schneiderlin pensait vraiment commencer la rencontre face à Metz dimanche dernier. Mais pour la quatrième fois consécutive, il est resté sur le banc avant de rentrer pour une vingtaine de minutes

"J’ai mal pris toutes les fois où j’étais sur le banc mais celle face à Metz m’a vraiment agacé, je m’étais vraiment préparé à jouer. C’était un petit choc mais je n’ai pas le choix de l’accepter." Car dans l’esprit d’Adrian Ursea, la meilleure solution actuellement est de placer un Hicham Boudaoui de plus en plus à l’aise en sentinelle, sans pour autant fermer la porte à un retour de l’international français dans le onze.

"Morgan est un leader mais je suis amené à faire des choix", répète le coach azuréen. "C’est normal qu’il soit déçu de ne pas jouer. Il veut retrouver sa place et bosse comme un malade pour que cela se fasse. Je suis confiant, il va retrouver sa place." En attendant, Nice continue de s’enfoncer au classement et la zone rouge se rapproche à grands-pas.

"Je me suis rarement battu pour le maintien dans ma carrière mais il ne faut pas paniquer", assure l’ex-joueur d’Everton et de Manchester United. "On doit se battre comme des fous pour s’en sortir car on ne veut pas trembler dans les derniers mois. Tout le monde est conscient de la situation et si quelqu’un ne l’est pas, on lui dira." L’âme de leader, elle, ne semble pas ébranlée.

Clément Brossard