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OL - Aulas: "Je ne pense pas qu’il y ait de clans"

Jean-Michel Aulas

Jean-Michel Aulas - AFP

Invité de Luis Attaque, ce mercredi sur RMC, Jean-Michel Aulas a évoqué l’actualité chaude de l’OL. Le président lyonnais a démenti les tensions au sein du vestiaire, notamment en ce qui concerne Alexandre Lacazette et Hubert Fournier.

Jean-Michel Aulas, avez-vous perdu toutes vos chances de qualification pour les 8es de finale de la Ligue des champions avec cette défaite contre Valence (0-1) ?

Je serais beaucoup moins convaincu de ce que vous dites. On a eu 19 occasions de but contre Valence. Ça ne leur était jamais arrivé depuis le début de saison. C’est vrai qu’on n’a pas été aussi adroit qu’on l’aurait souhaité. Mais ça me rappelle l’année avec Alain Perrin (2007-2008), où l’on avait très mal débuté lors des deux premiers matchs et puis on était allé gagner à Stuttgart et on avait fini juste derrière Barcelone. Le contenu était celui d’un premier ou deuxième de classement. L’OL surprend toujours, en bien, en Ligue des champions. Même quand il est mal parti, il arrive toujours à se qualifier. Pour les deux premiers matchs, je retiens plus le contenu que le résultat lui-même.

Hubert Fournier a-t-il encore la main sur son vestiaire ?

Je pense sans me tromper que les choses se passent bien. L’année dernière, on a fait un parcours sans faute avec Hubert Fournier qui démarrait dans un club particulier, prestigieux, qui a toujours des résultats depuis 20 ans. Là je pense qu’il y a beaucoup plus de talent que les autres années. Je ne pense pas qu’il y ait de clans mais chacun a de bonnes raisons d’exprimer des choses. En tout cas, j’ai un groupe qui est formidable. J’ai une parfaite confiance en ce que fait Hubert. J’ai un groupe de gars très bien et de très bons footballeurs.

Assurez-vous toujours que les propos d’Alexandre Lacazette, tenus dans L’Equipe, ont été déformés ?

Je suis très content que vous me posiez la question. J’ai été très surpris de voir dans L’Equipe, en première page, un titre « Aulas m’a blessé ». Sur le coup, j’ai regardé et essayé de savoir ce qui s’était passé. Jamais Alexandre, pour qui j’ai beaucoup de respect et presque une relation père-fils, n’a pu parler comme ça de son président. Je me suis dit qu’il y avait un truc qui n’allait pas mais j’ai laissé faire. On est dans une génération où tout le monde doit assumer son statut, surtout quand tu négocies un certain nombre de semaines ou de mois pour obtenir le meilleur statut possible. Tu dois en être fier ! J’ai reçu hier un SMS de son agent, avec un mail adressé aux journalistes, pour dire qu’il contestait totalement l’esprit dans lequel s’était fait cette opération, et que par ailleurs il regrettait la déformation et surtout la mise en scène. J’ai échangé avec Alexandre pour lui dire que je regrettais si des choses avaient pu le gêner, mais qu’on avait toujours des relations basées sur l’estime. C’est un drame, mais monté de toutes pièces.

« On va essayer d’entourer Alexandre un peu plus, d’encore plus parler avec lui »

Doit-il changer sa façon d’être ou de communiquer ?

Il faut l’aider à franchir ce cap. D’autres joueurs ont eu à le faire. Quand vous avez été le meilleur joueur et le meilleur buteur du championnat de France et que vous avez imaginé pouvoir jouer dans un certain nombre de clubs, c’est important d’avoir un environnement qui vous aide à franchir ces étapes. Il a un entraîneur qui croit en lui, qui le positionne là où il aime jouer. Croyez-vous qu’on va laisser filer la situation ? C’est l’intérêt du club et d’Alexandre de se redresser, donc on va essayer de s’entourer un peu plus, d’encore plus parler avec lui. Un mois après le sujet évoqué, Alexandre a signé un contrat qui correspond à ce qu’il souhaitait, donc il a merveilleusement bien joué lui aussi. Donc pourquoi il s’en voudrait ?

Que pensez-vous des critiques d’Hubert Fournier sur ses joueurs ?

Il y a de très grands entraîneurs qui, quand le lobbying médiatique n’est pas après eux, se permettent d’en faire. Je suis beaucoup un certain entraîneur de Chelsea (José Mourinho, ndlr) car il a les meilleures performances. Le management est un art totalement différent d’il y a 20 ans. Aujourd’hui il y a dans le vestiaire une série de joueurs qui gagnent énormément d’argent et qui sont confrontés à des cultures différentes. Je trouve qu’Hubert doit dire les choses car s’il ne les dit pas ça se fait sous le manteau et ce n’est pas bien non plus.

Jusqu’à quand le crédit de votre entraîneur sera-t-il intact ?

L’année dernière on était 16es, je l’ai laissé travailler et je l’ai même encouragé. Quand vous avez un enfant qui a une mauvaise note, soit vous le désarçonnez définitivement et c’est sûr que la compétition d’après il ne va pas être efficace, ou au contraire vous le supportez et l’aidez. Bernard Lacombe (conseiller du président Aulas) est tous les jours à ses côtés. Il y a un staff entièrement dévoué à sa cause. Il n’y aucun problème. Je n’envisage pas de perdre le match de Reims (ce samedi à 17h30). Mais si on devait le perdre, je serais très déçu.

Vous semblez réconcilié avec Vincent Labrune, votre homologue marseillais…

Je regrette néanmoins qu’à Marseille on ait vu ce qu’on a vu (les incidents qui ont entraîné l’interruption d’OM-OL pendant une vingtaine de minutes). En 28 ans (de présidence), je n’avais vu ça. On était quand même au bord de la guerre civile. On était dans un Etat de non-droit. J’ai eu peur et je ne suis pas le seul. Les joueurs ont eu peur aussi. Et quand on peut toucher à l’intégrité des joueurs, le président que je suis est mal à l’aise. C’est pour ça que j’ai dit des choses. Depuis, j’ai déjeuné avec Vincent, que j’aime bien par ailleurs. Mais moi je gère, lui fait peut-être un peu trop de communication de temps en temps.

« A Marseille, on était quand même au bord de la guerre civile »

Vous semblez réconcilié avec Vincent Labrune, votre homologue marseillais…

Je regrette néanmoins qu’à Marseille on ait vu ce qu’on a vu (les incidents qui ont entraîné l’interruption d’OM-OL pendant une vingtaine de minutes). En 28 ans (de présidence), je n’avais vu ça. On était quand même au bord de la guerre civile. On était dans un Etat de non-droit. J’ai eu peur et je ne suis pas le seul. Les joueurs ont eu peur aussi. Et quand on peut toucher à l’intégrité des joueurs, le président que je suis est mal à l’aise. C’est pour ça que j’ai dit des choses. Depuis, j’ai déjeuné avec Vincent, que j’aime bien par ailleurs. Mais moi je gère, lui fait peut-être un peu trop de communication de temps en temps.