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OL-Dijon: des choix forts mais pas de victoire, première frustrante pour Garcia

En panne de victoires en Ligue 1 depuis le mois d'août, l'OL n'a pas fait mieux qu'un nul ce samedi face à Dijon (0-0), à l'occasion de la dixième journée. Rudi Garcia, accueilli froidement par les supporters, a pourtant tenté de donner un nouveau souffle à son équipe en procédant à des choix forts au début et en cours de match.

Huit matchs sans victoire en championnat. La série noire se poursuit pour l’OL. Incapables de s’imposer en Ligue 1 depuis la claque infligée au SCO d’Angers le 16 août dernier (6-0), les Gones ont été accrochés ce samedi par Dijon (0-0) à l’occasion de la dixième journée. Avec dix points au compteur, ils restent englués à la 14e place au classement. Retour en trois points sur la première de Rudi Garcia sur le banc lyonnais.

Des choix forts d'entrée

Youssouf Koné, Joachim Andersen et Jeff Reine-Adelaïde sur le banc, le brassard de capitaine pour Marcelo, Kenny Tete dans le onze de départ en l’absence de Léo Dubois, Fernando Marçal aligné côté gauche, Maxwel Cornet et Martin Terrier dans les couloirs, Moussa Dembélé titularisé après avoir débuté les deux dernières rencontres sur le banc et le très grand espoir Rayan Cherki retenu sur le banc. Pour son premier match aux commandes de l’OL, Garcia a signé des choix forts dès sa composition d’équipe.

Des décisions destinées à donner un nouveau souffle, mais qui n’ont pas empêché les Gones de multiplier les approximations en début de partie. Il est évident qu’ils n’ont pas encore pansé leurs plaies et qu'il leur faudra gagner en efficacité pour retrouver de la confiance. En première période, Garcia a dû bouillir intérieurement quand Alfred Gomis s’est interposé devant Dembélé (6e) ou lorsque Cornet a trop croisé sa tentative alors qu’il avait été parfaitement lancé dans la profondeur par Houssem Aouar (40e).

>> Revivez le nul entre l'OL et Dijon

Volontaires mais très brouillons face à des Dijonnais bien organisés, ils ont eu un déchet technique très important lors des 45 premières minutes. Ils se montrés bien plus dangereux au retour des vestiaires, sous l’impulsion notamment de Bertrand Traoré et Jeff Reine-Adelaïde, entrés à la place de Terrier (55e) et Thiago Mendes (62e).

Avec ces deux changements de Garcia, l’OL a affiché un visage assez séduisant et bien plus tranchant. Dijon s’en est alors remis à Gomis pour écœurer tour à tour Dembélé (61e), Cornet (66e), Reine-Adelaïde (66e) ou encore Aouar (71e). Garcia, qui avait promis lors de sa présentation d'offrir un jeu offensif dans la mesure du possible, a lui procédé à un autre choix fort en lançant dans le grand bain Cherki à la 83e. En faisant confiance à cet attaquant de 16 ans, il a confirmé qu'il comptait tendre la main aux jeunes, ce que n'avait pas pas su faire Sylvinho.

Toujours aussi actif et énergique

Il n’a pas changé. Rudi Garcia fait toujours partie de ces entraîneurs qui ont besoin d’être au plus près de leurs joueurs pour les conseiller et les pousser de la première à la dernière seconde. Pour les rappeler à l’ordre, aussi, parfois. Debout, toujours à la limite de sortir de sa zone technique, il a passé son temps à donner de la voix pour distribuer ses consignes et pousser son équipe à ne jamais relâcher ses efforts. Une attitude qui a certainement plu à Jean-Michel Aulas, présent en tribunes.

"On voulait un combattant. Il y avait d’autres options intéressantes, mais l’ambition et la ténacité de Rudi - on a eu par le passé un certain nombre d’échanges - ont fait la différence. On s’est compris tout de suite", avait expliqué le président lyonnais lundi au micro de RMC Sport.

Avec Garcia, Aulas a opté pour un entraîneur à poigne, au tempérament parfois bouillant. Fidèle à sa réputation, le successeur de Sylvinho a aussi pesté contre certaines décisions arbitrales, comme Stéphane Jobard côté dijonnais. Mais, et c’est à souligner, il n’a pas eu d’accrochage verbal avec Frank Schneider. Côté coaching, les supporters ont pu le voir passer par exemple plusieurs minutes à conseiller Rayan Cherki avant son entrée.

L’accueil glacial des supporters

Garcia le sait, il n’est pas celui dont les supporters lyonnais rêvaient pour succéder à Sylvinho. Il a pu s’en rendre compte encore un peu plus en jetant un œil aux tribunes du Groupama Stadium. Car si le public s’en est d’abord pris aux joueurs ("Et si c’était vous le problème?", "Vous êtes des lâches"), l’ex-coach de la Roma a lui aussi été visé par une banderole au message explicite: "Garcia, notre patience sera égale au respect que tu as montré au club: nulle". Des sifflets sont également descendus des travées lorsque le speaker a scandé son nom au moment de l’annonce des équipes avant le coup d’envoi.

Il faudra donc beaucoup de temps à Garcia, et surtout des résultats, pour tenter de calmer la grogne de supporters qui n’ont pas franchement apprécié de voir débarquer dans le Rhône un ancien entraîneur de l’OM, qui avait en plus pris l’habitude d’envoyer des piques parfois acérées à l’OL lorsqu’il était sur le banc marseillais.

Pour tenter d’apaiser les tensions, Garcia a rencontré des groupes de supporters cette saison. Avant la rencontre, il les a aussi exhortés à se ranger derrière leur équipe. Sur ce point, Garcia a été à moitié entendu: des encouragements (souvent très timides) se sont fait entendre, mais les Gones sont entrés aux vestiaires sous des sifflets nourris à la pause et au coup de sifflet final, qui a vu le coach rester debout quelques instants sur le bord du terrain, affichant sa déception. Les Dijonnais, eux, restent invaincus (quatre matchs sans défaite), mais ils ne sont que 18es.

RR