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OL: pourquoi Cherki suscite autant d’attente

Brillant en Ligue Europa jeudi lors de Brondby-OL (1-3), Rayan Cherki (18 ans) suscite de grosses attentes, notamment chez le public lyonnais, fan de sa technique et de son gros potentiel. Il se contente pour le moment d’un temps de jeu limité.

Un talent immense devenu priorité présidentielle

Considéré comme un très grand talent depuis son plus jeune âge, Rayan Cherki est vite entré dans le viseur de son président Jean-Michel Aulas. Le patron de l’OL a fait de la signature de son premier contrat professionnel une priorité absolue. Il l’a obtenue à l’été 2019, bien aidé par Juninho, fraîchement nommé directeur sportif du club. Un soulagement vécu aussi comme un coup de maître face à la cour effrénée des grands clubs comme le Real Madrid et Manchester United. Il a même prolongé jusqu’en 2023, un an plus tard.

Des records de précocité à la pelle

Le public lyonnais n’a pas attendu ses premiers pas avec les professionnels pour faire monter l’attente autour de lui. Considéré comme une grande promesse dès le centre de formation, le jeune attaquant a fait ses grands débuts avec les A, le 19 octobre 2020 face à Dijon, sous les acclamations du Groupama Stadium à 16 ans. Ce jour-là, il était devenu le premier joueur né en 2003 à jouer en Ligue 1. Il est devenu le plus jeune buteur de l’histoire du club quelques mois plus tard en marquant contre Nantes en Coupe de France (4 janvier 2020). "J'essaye de regarder tous les records que je peux battre, ça me stimule, confiait-il à l’époque. C'est l'une de mes grandes ambitions d'entrer dans l'histoire du club et que personne ne vienne me détrôner." Depuis, il est devenu le plus jeune joueur du club à atteindre les 30 matchs à 17 ans et 173 jours. Jeudi, il est aussi devenu le plus jeune Lyonnais à inscrire un doublé en Coupe d’Europe face à Brondby.

Surclassé en sélection

A 18 ans, Rayan Cherki a fêté ses premières sélections avec l’équipe de France Espoirs en octobre dernier. Sylvain Ripoll, le sélectionneur, a décidé de le surclasser et cela paie puisqu’il compte déjà quatre buts en trois matchs. De quoi porter les Bleuets dans les qualifications pour l’Euro U21 2023. "Le potentiel est identifié, c’est un joueur de talent capable de faire des différences individuelles, a récemment confié Ripoll. S’il est là, c’est parce que j’ai remarqué qu’on avait du mal à faire des différences individuelles."

Une grande impatience mais ses entraîneurs le couvent

Désireux de cumuler du temps de jeu, Rayan Cherki se heurte aux choix tactiques de ses entraîneurs. Rudi Garcia l’avait invité à s’impliquer davantage dans le travail défensif, en novembre 2020. Depuis sa nomination Peter Bosz prend le soin de ménager sa jeune pépite. Il l’a fait participer à onze rencontres, dont quatre comme titulaire. "Depuis que je suis là, il a eu 18 ans, ça veut dire qu’il est toujours très jeune, rappelait le technicien en septembre. C’est un joueur très talentueux, on travaille beaucoup avec lui pour lui expliquer ce qu’on attend d’un joueur de Lyon et dans notre jeu. On travaille là-dessus. A l’entraînement, il est de mieux en mieux."

Une prudence qui s’inscrit un peu en opposition avec l’impatience du président Aulas sur sa pépite. "On a envie qu’il apporte son talent à l’OL, confiait-il l’été dernier. Il faut que le coach décide de le titulariser. Même s’il a des passages à vide parce qu’il faut qu’il arrive à maturité et il est encore très très jeune." Même Sylvain Ripoll aimerait qu’il joue plus: "Maintenant, ce qu’il lui manque, c’est le temps de jeu".

Un caractère bien affirmé

Malgré son jeune âge, Rayan Cherki manie peu la langue de bois. Il clame ses envies face à la presse et parfois devant ses coéquipiers. L’Equipe rapportait un récent accrochage avec le très expérimenté Jerome Boateng à l’issue de la défaite sur le terrain de Rennes (4-1). Le défenseur allemand lui reprochait d’avoir perdu un ballon en tentant un ballon, et Cherki lui aurait répondu avec défiance. Ce qui a eu le don de faire éclater le champion du monde 2014.

Il a choisi son vrai poste

Le natif de Pusignan, à seulement quelques kilomètres du Groupama Stadium, n’hésite pas non plus à envoyer des messages en direction de son entraîneur. Très en vue lors du match de l’équipe de France face à Arménie (7-0) le 12 novembre dernier, Cherki en a profité pour signaler qu’il appréciait ce poste en soutien de deux attaquants. "Ça me fait plaisir de jouer à mon vrai poste, c’est là que je me sens le mieux, a-t-il souligné. Nous avons eu aussi une attaque bien complémentaire qui fait qu’on n'a pas besoin de se parler pour se trouver. C’est ce qui a fait notre force ce soir." Difficile de ne pas y voir un message à Peter Bosz, qu’il l’imagine parfois comme numéro 9 ou sur un côté, comme jeudi soir en Ligue Europa.

NC