RMC Sport

OM: la grogne des supporters marseillais à l’étranger

Le projet du président de l’OM, Jacques-Henri Eyraud, de lancer "Agora OM", une "grande initiative de concertation avec les supporters" considérée comme un geste de défiance par de nombreux ultras, et la mise en demeure de certaines associations, suscite aussi la colère des supporters à l’étranger. Regroupés sous la bannière "OM Nation", certains envisagent de se retirer du programme.

Déjà particulièrement tendues, les relations entre la direction de l’OM et les supporters ne sont pas sur la voie de l’apaisement, au contraire. Le projet "Agora OM", annoncé lundi par le président Jacques-Henri Eyraud, a remis de l’huile sur le feu. Si la direction estime que c’est une "grande initiative de concertation avec les supporters" qui vise à renouer le dialogue, les ultras ne le voient pas vraiment ainsi.

Selon les informations de La Provence, confirmées par RMC Sport, des supporters expatriés de l’OM, réunis dans le groupe "OM Nation" envisagent de se retirer du programme. Des discussions sont actuellement en cours.

La direction veut demander aux supporters leurs "observations "

La colère des supporters se cristallise surtout autour de la menace d'une rupture de la convention sur les abonnements. Une mise en demeure de six pages a en effet été envoyée par mail aux associations: "Nous tenons par la présente à vous signifier que la SASP OM envisage de prononcer à votre encontre la résiliation de la convention pour faute", peut-on lire dans le courrier. L’OM reproche à certaines associations leur participation aux incidents qui ont éclaté à la Commanderie fin janvier, sans avoir limité les débordements, ce qui constituerait une faute. Du côté du club, on nie avoir jamais eu cette intention. La mise en demeure aurait seulement pour but de demander aux supporters "leurs observations ", ce que les supporters peinent à croire.

De nombreuses réactions politiques

Le projet "Agora OM" a aussi suscité des réactions de la scène politique marseillaise. "Le club n'est rien sans ses supporters", a réagi l'adjoint aux Sports de la ville de Marseille, Sébastien Jibrayel, auprès de La Provence. "Utiliser des faits de violence inqualifiables pour rompre avec l'ensemble des supporters de l'OM, c'est nier leur rôle si essentiel dans la cohésion sociale de notre ville", a-t-il poursuivi.

Samia Ghali s’est elle aussi dit "aux côtés" des supporters. "L’heure est grave pour le supportérisme à Marseille", a-t-elle écrit dans un communiqué publié lundi. Quant à la rupture de la convention, l’adjointe au maire de Marseille estime qu’il s’agit de "dissoudre la pluralité de nos clubs de supporters qui font l’âme de l’OM".

Un peu plus tôt, le maire de la ville Benoît Payan avait demandé à Jacques-Henri Eyraud de "calmer le jeu". "Leur mise en demeure par la direction est incompréhensible, il ne peut pas y avoir des dizaines de milliers de Marseillais qui payent les conséquences de quelques excités, déjà devant la justice. J’ai écrit à Jacques-Henri Eyraud pour qu’il calme le jeu", a-t-il publié sur Twitter. Les prochains jours s'annoncent encore très agités à Marseille.

LL avec Florent Germain