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OM: les trois déclics qui ont boosté Mitroglou

INFO RMC SPORT. S'il se montre désormais précieux et particulièrement efficace, Kostas Mitroglou a vécu une première partie de saison laborieuse avec l'OM. Retour sur les trois phases clés qui ont permis à l'international grec de finalement s'affirmer à la pointe de l'attaque marseillaise.

Il a marqué pas moins six buts en 164 minutes, soit un but toutes les 27 minutes, en 2018. Tout n’a pourtant pas été simple avec Kostas Mitroglou. L’entraîneur, les joueurs et le staff de l’OM se sont posé énormément de questions au sujet de l'attaquant grec, pendant ses six premiers mois compliqués.

Ce n’est pas son manque d’efficacité qui inquiétait. Ses coéquipiers ont toujours été persuadés que Mitroglou restait un avant-centre adroit devant le but, fort de ses statistiques dans d’autres championnats, mais aussi à la vue de certaines séances d’entrainement où il se montrait plutôt à l’aise face aux cages.

Les doutes du vestiaire venaient principalement de son état de forme et du sentiment que Mitroglou manquait d’activité, voire d’investissement, à la pointe de l’attaque, ou même parfois dans certaines séances collectives du début de saison.

Premier déclic: les critiques

Si Mitroglou est resté totalement imperméable aux critiques de la presse, le Grec aurait pris conscience, au début de l’année, que le doute à son sujet commençait à gagner… le vestiaire de l’OM. "Quand les doutes ou les questions viennent des joueurs, cela vous bouscule un peu plus, confie un membre du staff du club phocéen. C’est sûrement ce qu’il est passé avec Kostas, il y a eu une prise de conscience de son côté. Si certaines critiques venues de l’intérieur ont pu faire bouger les choses, tant mieux."

Mitroglou a ainsi été piqué par quelques critiques. Puis touché par certaines marques d’affection. Les encouragements de Rudi Garcia au quotidien et le soutien du public olympien qui, malgré quelques sifflets spontanés sur certains matchs, ne l’a jamais lâché.

Il y a aussi eu ce geste de Dimitri Payet. Cette passe cadeau du capitaine pour relancer Kostas Mitroglou dans la quête de buts contre Metz (6-3 le 2 février). Depuis, une certaine complicité s’est installée entre les deux hommes, visible sur le terrain mais aussi dans l’attitude du Grec, empreinte de reconnaissance envers Payet. Mitroglou s’est senti redevable, revanchard.

"On a tous voulu aider Kostas, assure Payet. C’est un membre important de l’équipe. C’est un attaquant, il peut nous faire gagner des matchs. Les attaquants sont des joueurs importants. Il faut en prendre soin. On a vu qu’il avait de la qualité, on savait de quoi il était capable. En tant que capitaine et passeur, j’ai voulu le faire marquer."

Deuxième déclic: le physique

Le come-back de Mitroglou s’explique aussi par un retour en forme… physique. Aussi surprenant que cela puisse paraître, la deuxième blessure de Kostas Mitroglou aura été un mal pour un bien.

Le 13 février dernier, Mitroglou se blesse au quadriceps à la fin d’une séance de frappes devant le but. Un coup dur pour l’OM et l’attaquant grec, qui se sentait un peu mieux qu’en début de saison. Mais au final une opportunité pour faire en sorte que Mitrogou se rétablisse… totalement.

L’OM et le joueur sont restés discrets à ce sujet, mais Mitroglou a également longtemps souffert, en début de saison, de douleurs au dos. Il ressentait les mêmes maux sur la fin de son aventure à Benfica.

L’OM a donc fait en sorte que Mitroglou soigne sa cuisse, et tout le reste. L’attaquant grec, lui-même, en a profité pour expliquer à Rudi Garcia qu’il avait un peu de mal à supporter certaines séances physiques, notamment en salle. Pas dans sa nature, pas dans sa morphologie. Des échanges constructifs et donc une deuxième période de convalescence qui aura permis au staff d'avoir meilleure connaissance du joueur et de son physique, ce qui n’avait pas été possible à son arrivée, tant la pression de le voir débuter était forte, à Marseille.

Troisième déclic: l’intégration dans le vestiaire

Le retour en forme de Kostas Mitroglou, c’est aussi l’histoire d’une intégration un peu tardive, mais aujourd’hui réussie.

Jugé un peu introverti par ses coéquipiers, Mitroglou commence vraiment à comprendre le français. Il n’hésite plus, désormais, à réagir à quelques blagues dans le vestiaire ou à participer à quelques discussions tactiques. "Ce qui change beaucoup de choses dans son intégration", confie un proche du groupe.

Mitroglou a réussi à séduire par sa simplicité et sa timidité, ce qui n’était pas gagné au départ. Les joueurs apprécient aussi son état d’esprit, collectif, révélé par un détail qui n’a pas échappé au groupe olympien. Au contraire de certains buteurs, Mitroglou célèbre systématiquement ses buts de manière collective, en allant remercier le passeur et en communion avec ses coéquipiers.

"Le staff et ses coéquipiers ont eu confiance lui, confie Rudi Garcia. Il y a eu des marques d’affection et de soutien durant cette longue période au cours de laquelle il a été critiqué et n’a pas performé, mais parce qu’on ne lui en a pas laissé le temps. C’est le meilleur joueur qui sort du banc et marque des buts dans tout le championnat de France 2017-2018. C’est un joueur qui a un ratio but marqué/temps passé sur le terrain assez important. C’est pour ça qu’on l’a pris, pour qu’il nous mette des buts."

FGe, à Marseille