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PSG-OM: coup tactique, fête… les coulisses de la soirée marseillaise

L’OM a dominé le PSG dimanche (1-0) mettant fin à neuf ans sans succès face au rival parisien. Un événement célébré par les joueurs au Parc des Princes puis à leur retour à Marseille.

L’idée d’un 'coup' tactique en attaque a commencé à germer pendant la trêve internationale dans l’esprit d’AVB. Pour plusieurs raisons. Villas-Boas voulait jouer, face au PSG, en bloc bas avec une capacité à se projeter rapidement vers l’avant. Lopez a, selon le coach portugais, une capacité à garder le ballon pour que les joueurs ressortent, groupés. Benedetto n’est pas en pleine possession de ses moyens, pas à 100%. Le trio offensif avait donc été testé contre Nîmes en amical (2-2) et Marseille avait d’ailleurs volontairement évité de trop médiatiser ce match et le schéma tactique de l’OM face aux Gardois, car c’était déjà une préparation du Classique.

Lopez en faux 9

La semaine du match, les mises en place ont reconduit ce trio offensif Thauvin, Lopez et Payet. Les trois pouvaient alterner en pointe. Mais consigne avait été donnée à Lopez de joueur en faux 9, poste qu’il a tenu pendant environ 35 minutes en première période. La journée du match a été relativement classique, et AVB a annoncé sa compo et affiné ses choix tactiques en fin de matinée, avant le déjeuner. L’OM a voulu retenir les erreurs de la saison passée. Le contexte et les forces en présence côté parisien n’étaient pas les mêmes, évidemment. Mais Marseille avait joué trop haut, trop ambitieux, et s’était fait punir (4-0).

Les joueurs marseillais ont évidemment regardé les réseaux sociaux le jour du match, notamment au moment de la sieste. Les banderoles insultantes brandies par les supporters parisiens n’ont pas échappé à Payet et ses coéquipiers. "Mais ils n’avaient pas besoin de ça pour être motivé », confie un intime du groupe. "Il y avait la sensation que c’était un bon moment pour prendre le PSG. Mais il y avait surtout beaucoup de concentration car le PSG restait une équipe redoutable, avec quelques retours importants." Dans son discours, AVB a d’ailleurs insisté sur la maîtrise des nerfs, notamment auprès de Payet, qui reconnaissait cette semaine "avoir du mal à se contenir, et que cela aurait du mal à changer avec l’âge". Payet se savait attendu après son tweet chambreur. Il s’était préparé à un accueil particulier.

La grosse fête des Marseillais dans le vestiaire

Après la victoire et la pluie de cartons rouges, l’hystérie a gagné les rangs marseillais. Strootman, Kamara et d’autres n’ont pas hésité à répondre, depuis la pelouse, à quelques insultes venant des tribunes. « Je t’aime », en faisant le geste d’un bisou, lance Kamara à un supporter parisien avant d’entrer dans le tunnel. Le vestiaire devient alors une discothèque, avec Amavi et Payet en ‘ambianceurs’. Tradition oblige, une photo de groupe est publiée sur les réseaux sociaux. Photo prise avec tout le monde debout ou assis… sur la table du vestiaire, visiblement solide! Beaucoup de joueurs filment avec leur téléphone. Benedetto crie des "Allez l’OM", Alvaro enchaîne avec quelques "Vamooos". Payet met la sono à fond, et sur son épaule. Amavi et Lopez sont en transe et enchaînent les "Zumba Cafew" ou "C’est pas la capitale c’est Marseille bébé", les adeptes du rap marseillais en « bande organisée » apprécieront. Même Yuto Nagatomo fait le show. Le Japonais ne saisit pas forcément les paroles de la chanson, mais il fête cette victoire dans le vestiaire comme un vieux briscard marseillais!

Les joueurs ravis de l’accueil des supporters

Au moment de prendre le bus direction l’aéroport, les joueurs marseillais ne se doutent pas forcément de l’accueil qu’ils vont recevoir à Marignane, côté aviation générale. Depuis 1h du matin, près de 300 supporters attendent, notamment des MTP et des Winners, pour assurer et faire monter l’ambiance. Fumigènes, tambours, chants, banderoles. Les supporters confient surtout leur soulagement de voir cette série de défaites face au PSG prendre fin. L’avion arrive à 3h du matin dans l'hystérie la plus totale. Thauvin et Alvaro, depuis le tarmac, n'en croient pas leurs yeux. Un feu d'artifice s'improvise. Même les joueurs ou André Villas-Boas filment l'ambiance. Mandanda et AVB, expérimentés, apprécient... puis piquent un petit sprint avec le sourire. AVB s'accroche même au sac à dos de Mandanda, Il Fenomeno connaît le chemin par cœur jusqu'au parking!

Le reste du groupe savoure, et continue de filmer. Certains fans de l'OM tapent sur les vitres du hall de l'aéroport, déchaînés, fumigènes à la main. Une haie d’honneur se forme. Hamza, capo des Winners, avait fait le métier en réclamant le respect des gestes barrières, mais l'hystérie l'emporte. Tous acclament les joueurs, qui, eux, gardent heureusement leur masque. Ce n'est pas le cas de tous les supporters, loin de là. Thauvin et Benedetto reçoivent quelques tapes amicales dans le dos, sur l'épaule ou le visage. Payet la joue à nouveau avec l'enceinte sur la tête, musique à fond et pas de danse. "Incroyable! Bien, Payet. Tu as ‘soulevé’ Neymar!", lui lance un supporter. Alvaro et Benedetto, torse nu, s'engouffrent dans la même voiture. Les joueurs filent vers leur domicile. Il est presque 4h du matin.

Florent Germain