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PSG-OM: Villas-Boas est-il un homme de chocs?

Le PSG reçoit l’OM ce dimanche (21h) au Parc des Princes lors du choc de la 11e journée de Ligue 1. Si les Parisiens partent favoris de ce duel, l’arrivée d’André Villas-Boas sur le banc phocéen a fait naître de nombreux espoirs. Mais le passif du technicien portugais dans les chocs interroge.

Coimbra, limité face aux puissants

Pour ses débuts en tant que numéro un, André Villas-Boas a pris les rênes de l’Academica Coimbra en cours de saison lors de la campagne 2009-2010. A la tête de l’un des seconds couteaux du championnat portugais, l’ancien protégé de José Mourinho à Porto, à Chelsea et à l’Inter a éprouvé beaucoup de difficultés face aux trois cadors. En sept rencontres contre le Sporting, le Benfica ou le FC Porto, Coimbra ne s’est imposé qu’à une reprise. Si l’unique succès arraché contre le Sporting a permis au Lusitanien de faire grimper sa côte dans le pays, il a cumulé trois défaites (pour un nul) contre Porto et deux revers face au Benfica.

Bilan: 7 chocs pour 5 défaites, 1 nul et 1 victoire.

Une saison au presque parfait à Porto

Après seulement une année à Coimbra, André Villas-Boas a convaincu Porto de lui faire confiance. A la tête des Dragons pour l’exercice 2010-2011, le nouvel entraîneur de l’OM a installé le club portuan au sommet du championnat. En sept rencontres face aux rivaux du Benfica et du Sporting, AVB n’a concédé qu’une seule défaite et un nul pour un bilan largement positif de cinq victoires. Encore mieux, le FC Porto de Villas-Boas a signé un triplé Coupe-Championnat-Ligue Europa en s’offrant au passage une manita contre le Benfica après des doublés de Hulk et Falcao.

Bilan: 7 chocs pour 5 victoires, 1 nul et 1 défaite.

La marche était trop haute en Premier League

Une petite année brillante avec Porto et Chelsea a décidé de casser sa tirelire pour s’offrir le "Special Two", la version améliorée et new-look de José Mourinho. Mais l’idylle entre André-Villas-Boas et Roman Abramovitch ne va durer que quelques mois. Début mars 2012, le président des Blues se sépare avec fracas de son entraîneur. Entre temps, le Portugais aura eu le temps de disputer sept chocs ou derbies en Angleterre. Un apprentissage difficile en Premier League pour le technicien surdoué avec quatre défaites, deux nuls et une victoire face aux gros (Liverpool, Tottenham, Arsenal, Manchester City et United). Quelques mois après son licenciement, Chelsea remportait la Ligue des champions et AVB rebondissait à Tottenham. 

Sur le banc des Spurs, le nouveau patron de l’OM ne s’est pas encore véritablement mis en valeur. Là encore, après une première saison prometteuse, André Villas-Boas se fera virer sans ménagement en cours de championnat en décembre 2013… après une humiliation à White Hart Lane face à Liverpool (0-5). Avec Tottenham, AVB possède un bilan assez mitigé lors des chocs avec quatre succès pour quatre nuls et sept revers. Dans un championnat ultra compétitif, le Lusitanien n’a pas réussi à apporter de véritable plus-value.

Bilan: 22 chocs pour 11 défaites, 6 nuls et 5 victoires.

L’exotisme pour redorer le blason

Là encore, l’aura d’André Villas-Boas lui a permis de rapidement retrouver un poste. Certes, le Portugais a un peu baissé en gamme en devenant l’entraîneur du Zénith Saint-Pétersbourg en cours de saison, dès le mois de mars 2014. Après un quasi sans-faute pour ses débuts, son équipe reste en course pour le titre à trois journées de la fin du championnat. Mais après un nul sur la pelouse du Lokomotiv, AVB et les siens s’écroulent à domicile contre le Dinamo Moscou (0-3) et ratent le titre de champion pour un petit point face au CSKA Moscou.

Sur les deux saisons qui ont suivi, le technicien s’est plutôt montré à son avantage, en remportant un titre et presque tous les chocs au sommet de la D1 russe contre le Dinamo, Krasnodar et le CSKA. Après son échec initial contre le Dinamo, il n’a concédé qu’une seule défaite, pour trois nuls et neuf victoires. Mais là encore l’aventure s’est terminée après une saison 2015-16 où le Zénith a échoué dans la course à la Ligue des champions. 

Quelques mois plus tard, lors d’un nouveau rebond en Chine du côté du Shanghai SIPG, André Villas-Boas s’est refait la cerise. En une seule campagne dans l’Empire du Milieu, l’entraîneur portugais a soigné ses statistiques dans les gros matchs. Lors du derby face au Shenhua de Carlos Tevez ou Demba Ba, le technicien ne s’est incliné qu’à une seule reprise.

Pas de chance pour lui, c’était en finale de coupe… Pour le reste, l’équipe dirigée par AVB a terminé à une belle deuxième place en Chinese Super League mais aura impressionné face aux gros. Ainsi lors des chocs face au Guangzhou Evergrande de Paulinho et Jackson Martinez ou contre le Tianjin Quanjian d’Axel Witsel et Alexandre Pato, les résultats du Lusitanien se veulent plutôt positifs.

Bilan: 28 chocs pour 17 victoires, 6 nuls et 5 défaites.

Villas-Boas: "Ce n’est pas un match qui compte trop pour moi"

Si les supporters de l’OM comptent sur André Villas-Boas pour mettre fin à la série sans victoire de leur équipe contre le PSG, le technicien portugais n’est pas forcément l’hommes des chocs. Dans une position de favori, il a souvent brillé comme à Porto ou à Saint-Pétersbourg. Mais dès que la compétition se fait plus relevée ou qu’il se trouve dans une situation d’outsider, le Portugais se retrouve en difficulté.

A lui d’inverser la tendance et de faire de l’OM le grand rival des Parisiens cette saison en Ligue 1. On comprend mieux la sortie d'André Villas-Boas après le succès contre Strasbourg (2-0) dimanche dernier. "Ce n’est pas un match qui compte trop pour moi", avait lâché le technicien avant de reconnaître que les deux équipes ne boxaient pas dans la même catégorie. La tactique "profil bas".

Jean-Guy Lebreton