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PSG: pourquoi le stage au Qatar est crucial pour le fair-play financier

Les Parisiens poursuivent jusqu'à jeudi leur stage au Qatar, où ils préparent la seconde partie de saison et veillent à bien promouvoir le pays de leur propriétaire à travers leur contrat avec Qatar Tourism Authority. Un passage obligé dans le contexte du fair-play financier, comme nous l'explique Pierre Rondeau, notre consultant économie.

Promouvoir l’image du pays de son propriétaire, attirer les touristes et mettre en valeur les sponsors locaux, tout en se tournant vers la seconde partie de saison. Voilà le but du PSG à travers son stage organisé au Qatar, qui a débuté lundi et se terminera ce jeudi, deux jours avant de retrouver la Ligue 1 avec la réception de Guingamp. Sous l’œil de l’UEFA et de son fair-play financier, le club de la capitale honore ainsi son contrat avec son principal partenaire Qatar Tourism Authority (QTA). Un contrat qui a déjà été décoté à deux reprises par l’instance de contrôle de l’UEFA. "Ces contrats ont d’abord été négociés à 215 millions d’euros. L’UEFA a imposé qu’ils soient réévalués à 100 millions d’euros, puis à 58 millions d’euros", rappelle Pierre Rondeau, consultant économie pour RMC Sport.

"Ils ont été dévalués parce qu’on considère qu’un contrat qui relie un club à un office de tourisme national ne peut pas valoir 215 millions d’euros par an, voire 100 millions d’euros. La question qui est posée, c’est est-ce qu’un contrat de marketing patriotique peut être négocié à 100 millions d’euros? Est-ce que ces 100 millions d’euros concernent la tournée d’une semaine à Doha? Est-ce que ça vaut 100 millions d’euros? Les Football Leaks ont indiqué qu’une agence de notation d’entreprise avait considéré que ce contrat pouvait être évalué à 200.000 euros. Mais il peut y avoir un autre son de cloche: on peut considérer que 100 millions, c’est extrêmement porteur pour le Qatar pour représenter le pays à l’échelle internationale via le prisme du football", détaille Pierre Rondeau, qui s'appuie sur un cas concret.

100 millions d'euros finalement logiques?

"A titre d’exemple, en France, le crédit d’impôt cinéma pour l’ensemble des films étrangers tournés en France s’élève à 222 millions d’euros. Le crédit d’impôt cinéma national, c’est 800 millions d’euros. On est donc sur 1 milliard d’euros de crédit d’impôt pour le cinéma pour faire glorifier la marque France à l’échelle internationale. Et personne n’est choqué que ça coûte 1 milliard à l’état français. C’est pareil pour le Qatar et l’office de tourisme qatari: ils paient 200 millions, ou 100 millions d’euros, pour représenter leur pays et glorifier leur marque. Donc on peut se dire que ça les vaut parfaitement parce que le PSG est reconnu à l’échelle internationale grâce à des superstars comme Neymar et Kylian Mbappé", analyse Pierre Rondeau. 

Voilà pourquoi le club de la capitale se devait d'honorer son séjour à Doha, qui avait un temps été menacé par les multiples reports de matchs de Ligue 1 provoqués par le mouvement des gilets jaunes.

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