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Saint-Etienne: comment Claude Puel a sauvé sa tête

Sur la selette depuis plusieurs semaines, Claude Puel est toujours l'entraîneur de l'AS Saint-Etienne après un match nul face à Angers (2-2) vendredi dans un climat volcanique dans le Chaudron. Explications.

Lundi dernier au lendemain d’une claque retentissante face à Strasbourg (5-1), l’avenir de Claude Puel semblait scellé. Son management jugé parfois directif continuait à agacer au plus haut niveau du club stéphanois mais il montrait aussi ses limites comptables avec alors quatre points en dix matchs. La nécessité de changement était même actée dans l’esprit de certains dirigeants du club aux dix titres de champion de France.

Cette journée de lundi qui restera peut-être charnière dans l’aventure de Claude Puel, devait être celle de son limogeage. L’inéluctabilité de son départ était dans toute les bouches au centre d’entrainement Robert Herbin. Une réunion avec sa direction programmée de longue date pouvait lui être fatale. La réunion a eu lieu : elle a duré 3h30. Une fois passé l’ordre du jour axé sur les relations entre le club et certains médias, la situation sportive a nécessairement été évoquée. Claude Puel y a notamment avancé les progrès dans le comportement de beaucoup de ses joueurs, un gros point noir des 18 premiers mois du mandat de l’ex-entraîneur de Leicester. Les anciens font le job, les jeunes se moulent aux dictats du professionnalisme. Suffisant pour rassurer Jean-François Soucasse ; le président délégué de l’ASSE.

Le binôme Huard-Nedder était prêt

Par ailleurs, l’imminente rencontre face à Angers vendredi soir (2-2) aurait imposé un timing douteux et peu enclin à mettre le groupe dans les meilleures dispositions. Pourtant un plan B, certes monté en hâte, était prêt : Le binôme Huard-Nedder aurait pallié l’urgence et la possibilité de recruter un entraineur "pompier" comme Pascal Dupraz était envisagé.

Jeudi soir, dans une ambiance pesante à l’Etrat, fleurissait une banderole au ton menaçant : "Puel, on te laisse 24h pour démissionner..." Une banderole d’autant plus marquante qu’elle était signée des trois principaux groupes de supporters (Magic Fans, Green Angels, IS). La preuve de l’unanimité faite par le coach Castrais contre lui chez des supporters vacillants entre colère et dépit.

Vendredi soir c’est la colère qui a pris le dessus avant le coup d’envoi. Une pluie de fumigène s’est abattue sur la pelouse d’un Chaudron qui, à force de bouillir, finissait par déborder. Cinquante-neuf minutes de retard au coup d’envoi, un bras de fer entre la préfète de la Loire et la LFP et une image terriblement dégradée pour le vénérable club du Forez. Si les organisateurs de la rencontre ont semblé agacé par les événements, ils étaient pourtant terriblement prévisibles : depuis le revers face à Nice (0-3), les groupes de supporters sont vent debout vis-à-vis du manager général du club qui ne s’était pas présenté au pied des kops avec ses hommes pour échanger. Les résultats ou plutôt leur absence, ont aussi fini par décourager les plus fervents soutiens de Puel.

Son groupe répond encore

Mais Claude Puel et son staff ont un mérite en dehors d’une résilience manifeste, ils restent imperméables à tout ce qui n’a pas trait au sportif. Le coach des Verts l’a d’ailleurs confirmé après le nul obtenu face à Angers. "Je ne suis pas là pour gérer ce type d’incidents" a-t-il expliqué avant d’ajouter "ne pas avoir envie de participer à cela." Claude Puel le répète à qui veut l’entendre : il est en mission ! (D’où l’impossibilité de démissionner).

Le match face à Angers a finalement eu lieu, et le scénario (égalisation des Verts dans le temps additionnel) tend à prouver que le groupe répond encore. Reste à savoir si ce groupe répond à la pression du Chaudron comme lors du derby où au discours de son entraineur ? Reste que si le coach des Verts a choisi en conférence de presse le terme à la mode de "fake news" pour balayer la possibilité de son limogeage, cet élément de langage ne doit pas occulter la réalité de l’information : Après la défaite face à Nice le 25 septembre, son renvoi a été évoqué. Après le revers à Strasbourg, il a été acté par une partie de la direction avant que le timing, le coût de l’opération et les discours optimistes et déterminés du coach ne sauvent finalement sa tête. Celle de Nadé à la 94ème face à Angers aussi. Pour combien de temps ? Prochain round de ce combat contre la montre samedi prochain à Metz... a priori.

TM