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Sonorisation, VAR sur les écrans des stades: les arbitres français veulent plus de transparence

Sous l’impulsion du SAFE (Syndicat des arbitres du football d’élite), les officiels français se mettent en mouvement pour proposer un arbitrage plus moderne, plus ouvert et compréhensible pour le grand nombre. 19 propositions sont mises sur la table, concernant le jeu mais aussi l’aspect social de la vie des arbitres. Un groupe de travail les soumettra à la LFP en début d’année prochaine, avant une potentielle validation par la FFF.

Pour Olivier Lamarre, président du SAFE, les arbitres français doivent prendre les devants d’abord pour le jeu, mais aussi pour "leur bien-être, car cela contribuera à la valeur du football s’ils peuvent travailler dans de bonnes conditions". Le Syndicat des arbitres du football d’élite propose ainsi 19 mesures, d’une part sociales (statut des arbitres, rémunération, arrêt maladie, précarité des contrats…) mais aussi concernant le jeu (sonorisation des officiels, pédagogie concernant le VAR, communications sur les faits de jeu…). Un groupe de travail se réunira ce 17 novembre, puis en décembre, avant de soumettre ces propositions au conseil d’administration de la LFP début 2022.

Les arbitres veulent parler micro ouvert

Le SAFE désire humaniser l’arbitrage, et permettre aux téléspectateurs et aux observateurs de mieux comprendre les décisions en temps réel. Le premier point important est la sonorisation des arbitres, autrement dit le fait de rendre public les échanges entre les arbitres de terrain et avec l’assistance vidéo, mais également entre l’arbitre et les joueurs.

"C’est la diffusion du son en direct, approuvée très majoritairement par les arbitres, indique Lamarre. Il faudra travailler sur le protocole avec la LFP et le diffuseur car on ne peut pas entendre parler l’arbitre pendant tout le match." Le président du syndicat voit cette innovation, qui existe déjà au rugby, comme un outil pédagogique important. "Et cela empêchera aussi certains joueurs de mal parler aux arbitres, estime-t-il. On en voit se cacher la bouche ou le visage pour leur parler. S’ils ont quelque chose à cacher, ils ne pourront plus."

Le VAR encore trop opaque

Outre la sonorisation, nombreux sont les faits de jeu encore discutables et discutés, malgré l’utilisation de l’assistance vidéo. Le SAFE émet donc l’idée de mettre à disposition des téléspectateurs et des supporters présents au stade, sur les écrans géants, les images analysées et disséquées en même temps que les arbitres assistants vidéo.

D’ailleurs, le VAR doit être encore mieux compris par les acteurs du jeu selon Olivier Lamarre, c’est pourquoi il préconise des stages et des démonstrations auprès du grand public, au niveau des ligues et des clubs partout en France. Pour aller plus loin, le SAFE réclame des institutions arbitrales qu’elles expliquent à froid des potentielles erreurs d’arbitrage ou des polémiques survenues lors d’un match. Cela prendrait la forme d’un "communiqué le lendemain ou surlendemain du match en question".

Les arbitres pas assez payés en France?

Dernier point important défendu par le syndicat des arbitres: leur statut social. "Il n’est pas normal qu’on ne soit pas reconnus comme des sportifs professionnels, ce que nous sommes pourtant", regrette Olivier Lamarre. Certains arbitres doivent ainsi se contenter d'un contrat d’un an, renouvelable, "ce qui n’aide pas au bien-être". Par ailleurs, en cas de maladie ou de blessure, les arbitres contraints au repos ne sont plus payés. Et le salaire des arbitres tricolores ne plait pas au SAFE.

"Un arbitre central en Ligue 1 gagne 126.000 euros par an, ce qui est beaucoup par rapport à la moyenne des Français, et nous le savons très bien, glisse-t-il. Mais est-il normal qu’en Espagne, les arbitres soient rémunérés 225.000 euros par an, soit 78% de plus? Arbitrer le PSG, Lyon ou Monaco, en quoi est-ce différent de le faire pour le Real Madrid ou Barcelone?" En Allemagne (+35%), en Angleterre (+16%) et en Italie (+12%), les arbitres sont également mieux payés.

Aurélien Tiercin