RMC Sport

Stade Rennais: sept choses à savoir sur Raïs M’Bolhi et son incroyable parcours

Raïs M'Bolhi

Raïs M'Bolhi - AFP

Le Stade Rennais a officialisé ce lundi l’arrivée de Raïs M’Bolhi. Le gardien de l’équipe d’Algérie débarque en Bretagne en provenance de Turquie après une carrière assez dingue, qui l’a mené du centre de formation de l’OM à la Bulgarie. En passant par une expérience difficile en Grèce, sur fond de racisme et de salaires non versés, une escale manquée aux Etats-Unis et deux Coupes du monde brillantes avec les Fennecs.

Né à Paris et formé à Marseille

Raïs M’Bolhi est un enfant de la capitale. C’est à Paris que le nouveau gardien du Stade Rennais voit le jour le 25 avril 1986. Mais c’est de l’autre côté du périphérique qu’il effectue ses premiers arrêts, au Racing Club de Paris et à Courbevoie (Hauts-de-Seine), puis au Red Star (Seine-Saint-Denis). Avant que le père de Karim Ziani ne le repère et l’emmène faire des détections à l’âge de 15 ans. Auxerre et Troyes le recalent. Mais l’OM finit par lui ouvrir les portes de son centre de formation. Il y reste quatre ans sans parvenir à percer en équipe première, barré par Fabien Barthez et Cédric Carrasso.

Un parcours de globe-trotteur

Faire et défaire ses valises, c’est quelque chose qui ne fait pas peur au jeune Raïs (dont le nom veut dire « chef » en arabe). En quittant Marseille, il prend la direction de l’Ecosse pour signer son premier contrat pro avec le Heart of Midlothian, basé à Edimbourg. Le premier des huit pays qu’il va connaître dans sa carrière de routard. Il y aura ensuite la Grèce sous les couleurs de l’Ethnikos Piraeus et du Panetolikos. Avec des salaires non versés et des conditions de vie précaires. Puis le Japon et la Russie. Mais c’est finalement en Bulgarie qu’M’Bolhi finit par faire son trou. Dans la capitale Sofia, au Slavia, puis au CSKA. Un périple interrompu par un prêt au Gazélec Ajaccio. Avant un exil manqué à Philadelphie, en Major League Soccer, et un rebond à Antalyaspor, où il évoluait depuis deux saisons.

Un rendez-vous manqué avec Manchester United

Raïs M’Bolhi a failli fouler la pelouse d'Old Trafford. L’histoire date de 2010. Alors qu’il flambe avec le CSKA Sofia, où il vient d’être élu meilleur gardien du championnat de Bulgarie, Sir Alex Ferguson le contacte pour venir faire un essai avec Manchester United. Le manager écossais cherche un nouveau portier après le départ d’Edwin van der Saar. Les tests durent une semaine sous les yeux d’Eric Steele, l’entraîneur des gardiens. Mais MU ne donne finalement pas suite et décide d’engager le Danois Anders Lindegaard. L’année suivante, Newcastle tentera de le recruter. Mais cette fois, c’est l’offre des Magpies, jugée trop faible, qui empêchera le gardien de signer en Premier League.

>> OL : Memphis Depay pourra retourner à Manchester United... contre 35 millions d'euros

Victime d’un violent racisme en Grèce

C’est peu dire que son séjour en Grèce ne lui a pas laissé de bons souvenirs. Entre 2006 et 2008, M’Bolhi y a disputé une poignée de matchs, en attendant des fiches de paie qui ne viendront jamais à l’Ethnikos Piraeus, au Pirée, et au Panetolikos FC, à Agrinion. Des potes de Paris lui envoient même de l’argent pour qu’il tienne le coup au pire moment de la galère. Mais Raïs doit surtout affronter le racisme d’une partie de la population locale. « La Grèce, ça m’a choqué, racontait-t-il à Clique.tv en 2014. On te traite de sale noir. Tu marches dans la rue, les petits courent vers leur mère en criant "C’est qui ça ? Il y a un monstre dehors !" Et je n’en rajoute pas. Sur le moment ça te fait vraiment mal. Mais ce sont des expériences qui font qu’aujourd’hui, le moral est en barbelés. »

L’Algérie plus que la France ou le Congo

Le père de Raïs M’Bolhi est congolais. Mais c’est sa mère algérienne qui l’a élevé en région parisienne après le divorce de ses parents. Il aurait donc pu porter le maillot de plusieurs pays. Mais à l’heure de trancher, le portier d’1,88m n’a pas hésité une seconde. « Je n’ai pas eu de choix à faire. Je savais pour quelle équipe je voulais jouer, c’était l’Algérie ou rien du tout, expliquait-t-il à Clique.tv. Parce que c’est le pays de ma mère. Malgré le fait que je n’y sois jamais allé, j’ai grandi avec tout ça, avec ces valeurs, il n’y avait que l’Algérie. » M’Bolhi a tout de même honoré quelques sections avec les Bleuets en U16 et U17.

>> CAN 2017 : battue par la Tunisie, l'Algérie au pied du mur

Une Coupe du monde sans avoir été au pays

C’est un cas assez unique dans l’histoire du foot. Un joueur qui dispute une Coupe du monde pour un pays dans lequel il n’a jamais mis les pieds. Raïs M’Bolhi a vécu cette étrange expérience lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud. Appelé un peu à la surprise générale par Rabah Saâdane, il profite de la boulette de Faouzi Chaouchi contre la Slovènie, lors du premier match de poules, pour se retrouver titulaire face à l’Angleterre. Avant d’enchaîner contre les Etats-Unis. Ses réflexes et sa solidité impressionnent les observateurs. Au point de se voir élire meilleur gardien de la phase de groupes. Le début d’une belle carrière avec les Fennecs. Cinquante sélections avec en point d’orgue la Coupe du monde 2014 et cette défaite de légende face à l’Allemagne en 8e de finale au Brésil (2-1). Actuellement au Gabon pour la CAN 2017, M’Bolhi a déjà fait parler de lui en sortant des parades assez incroyables face au Zimbabwe (2-2) et à la Tunisie (1-2) lors du premier tour.

En petit air d’Alger au Stade Rennais

En s’engageant pour une saison et demie avec le Stade Rennais, le gardien de 30 ans n’arrive pas totalement en terre inconnue. Celui qui débutera comme doublure de Benoit Costil travaillera sous les ordres de Christian Gourcuff, son ancien sélectionneur avec l’Algérie. En Ille-et-Vilaine, il retrouvera également deux de ses compatriotes : Ramy Bensebaini et Mehdi Zeffane. « Je connais très bien Mehdi et Ramy, on a souvent été en contact, c’est rassurant de savoir qu’ils sont là pour mon intégration, confie-t-il sur le site du club breton. Lorsque Christian est venu vers moi pour me proposer de rejoindre le club, je n’ai pas hésité, il n’y a pas eu de doute de mon côté." 

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur