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Pourquoi il n'y a toujours pas de VAR et de goal-line technology en Ligue 2

Plusieurs erreurs d'arbitrage flagrantes ont rappelé mardi soir que la Ligue 2, contrairement à la Ligue 1, ne bénéficie ni de l'assistance vidéo à l'arbitrage, ni même de la goal-line technology pour savoir si le ballon est entré dans un but. Pour des raisons essentiellement économiques.

Des cris de colère, des bras levés au ciel, et des cartons distribués à foison. Mardi soir, deux matchs de la 9e journée de Ligue 2, Ajaccio-Niort (0-0) et Caen-Dijon (0-1), ont été marqués par de grossières erreurs d'arbitrage qui ont débouché, évidemment, sur de grandes scènes de protestation.

Sur les deux terrains, l'ACA et le Stade Malherbe ont chacun marqué un but qui ne leur a pas été accordé, l'arbitre jugeant dans les deux cas que le ballon n'avait pas franchi la ligne. Inadmissible pour l'entraîneur de Caen Stéphane Moulin, sachant que son équipe avait déjà écopé d'un rouge très contestable face au DFCO.

"Si on les aide en Ligue 1, c’est qu’il y a des situations pas faciles à gérer. Il faut les aider aussi en Ligue 2"

"Si on a un tout petit pouvoir, nous les coachs, j’aimerais demander à la LFP qu’ils instaurent la VAR en Ligue 2, a réagi le technicien après la rencontre. On fait le même métier qu’en Ligue 1, je sais de quoi je parle. S’il y avait eu la VAR, nous aurions certainement gagné le match. Il y a trois penalties et un but qui est rentré d’un mètre. On a le sentiment de se faire voler au coin du bois, même si je sais que les arbitres n’ont pas cette propension à le faire. Mais ce soir, il y a beaucoup trop d’erreurs, qui influent trop sur le match. Je ne suis pas là pour critiquer le corps arbitral: si on les aide en Ligue 1, c’est qu’il y a des situations pas faciles à gérer. Il faut les aider aussi en Ligue 2."

Au-delà du cas particulier de son équipe, et des points tristement perdus mardi, Moulin a rappelé avec justesse l'inégalité de traitement dont bénéficient, en 2021 encore, les deux divisions professionnelles du football français.

Une question de millions

Alors que la goal-line technology - qui signale à l'arbitre central lorsque la balle a entièrement franchi la ligne de but - a été déployée en Ligue 1 dès la saison 2015-2016, et que l'assistance vidéo à l'arbitrage, la VAR, a elle été introduite dans l'élite à partir de l'exercice 2018-2019, la Ligue 2 ne peut compter aujourd'hui ni sur la première aide, ni sur la deuxième. Pourquoi? Pour des raisons avant tout financières. Car les deux dispositifs, forcément, ont un coût.

En 2015, Frédéric Thiriez, alors président de la LFP, expliquait avoir trouvé un accord intéressant avec la société allemande GoalControl pour l'installation de la goal-line technology, estimée à environ 100.000 euros par club et par saison. Ce qui, ramené à 20 formations de Ligue 2, ferait une facture d'environ 2 millions d'euros pour la LFP, sans compter les éventuelles modifications à apporter dans des stades parfois inadaptés. Un montant considérable, compte tenu de la crise traversée par le foot français avec la baisse des droits TV, et qui n'est d'ailleurs probablement plus d'actualité.

En effet, la LFP a depuis rompu son contrat avec GoalControl en raison de plusieurs couacs, pour passer chez un autre prestataire, le Britannique Hawk Eye, qui gère également la VAR. Une VAR dont le coût de fonctionnement serait encore supérieur, compte tenu des besoins techniques, mais aussi humains, avec pour chaque rencontre un arbitre vidéo, un assistant, et des opérateurs.

La L2 n'est pas seule

A l'échelle européenne, la Ligue 2 n'est d'ailleurs pas le seul championnat professionnel devant faire sans les deux technologies, ou au moins l'une des deux. La première division belge, par exemple, a dû attendre le printemps 2020 pour voir la goal-line technology être déployée en playoffs. Au niveau des compétitions continentales, on constate en outre dans le règlement de la nouvelle Ligue Europa Conference que l'UEFA ne prévoit "en principe" l'utilisation de la VAR que lors de la finale.

Rappelons également qu'en ce qui concerne les sélections, l'UEFA a attendu début août pour instaurer la VAR dans les éliminatoires du Mondial 2022. Après les trois premières journées de qualifications, et les premières polémiques, notamment un but non accordé au Portugais Cristiano Ronaldo face à la Serbie. Reste à savoir si les mésaventures de Clément Vidal ou Mehdi Chahiri auront autant d'impact que celles d'un quintuple Ballon d'or...

C.C.