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Barça-Bayern : Thomas Müller, un héros pas si discret

Thomas Müller

Thomas Müller - AFP

En l’absence de Franck Ribéry et Arjen Robben, le Bayern Munich comptera plus que jamais sur Thomas Müller pour mettre à mal la défense du Barça, ce mercredi en demi-finale aller de la Ligue des champions (20h45). Talent discret, l’antistar bavaroise n’est pourtant pas aussi lisse que son style de jeu pourrait le faire penser.

Thomas Müller ne sera probablement jamais Ballon d’Or. Eclipsé par le duo Messi-Ronaldo, le milieu offensif du Bayern Munich a pourtant démontré un talent qui vaudrait la distinction individuelle suprême. En décembre dernier, le récent retraité Thierry Henry s’était d’ailleurs lancé, sur RMC, dans un plaidoyer pour le joueur de 26 ans, qui ne figurait pas parmi les trois nominés au Ballon d’Or 2014 : « Je ne comprends pas pourquoi Thomas Müller n’est pas là. Messi et Ronaldo sont extraordinaires. Ce qu’ils font, c’est inhumain et c’est du jamais-vu. Neuer mérite d’être là aussi. Mais j’ai une pensée pour Müller. C’est mon gars ! Oui, il ne fait pas de passements de jambes, il ne fait pas de petits ponts mais il en est à 10 buts de Coupe du monde (le record est détenu par son compatriote Miroslav Klose avec 16 réalisations, ndlr) et il est champion du monde, champion d’Allemagne avec le Bayern et il perd en demi-finales de la Ligue des champions. Pourquoi il n’est pas là ? »

Bardé d’un palmarès impressionnant, buteur très régulier mais pas assez glamour et sans doute pénalisé par la dispersion des talents au Bayern, Thomas Müller brille à l’ombre. La sobriété de son jeu ne cadre pourtant pas forcément avec une personnalité forte. La preuve en quatre anecdotes avant la demi-finale aller de la Ligue des champions Barça-Bayern, ce mercredi au Camp Nou.

Il apprend à Maradona à la connaître

Müller a vécu une première sélection originale. Ce 3 mars 2010, le jeune Thomas est invité à se rendre en conférence de presse après le match amical Allemagne-Argentine (0-1), à Munich. Le sélectionneur argentin d’alors, un certain Diego Maradona, débarque dans la pièce et se lance dans une petite séance d’humiliation. « C'est qui lui ? Qu'est-ce qu'il fait là ? Pourquoi vous avez amené un ramasseur de balle à ma conférence ? Puisque c'est comme ça, je m'en vais », lâche « el Pibe de Oro », qui reviendra après le passage devant les journalistes du Bavarois. Quatre mois plus tard, Müller s’offre une revanche savoureuse en marquant le premier des quatre buts allemands contre l’Albiceleste (4-0) en quart de finale du Mondial sud-africain. « Je crois qu’il ne pense plus que je suis un ramasseur de balles, jubile-t-il après la rencontre. Il ne me connaissait pas avant, maintenant si. »

Il envoie valser une journaliste… en bavarois

Même le plus beau soir de sa vie de footballeur, il ne faut pas trop chercher l’ami Thomas. Tout frais champion du monde avec l’Allemagne grâce à un succès après prolongation contre l’Argentine (1-0), Müller s’en va répondre aux questions des journalistes. L’une d’elle se pique de l’interroger sur son incapacité à marquer en finale pour rejoindre James Rodriguez en tête du classement des buteurs de la compétition. La réponse fuse, le tout dans un bavarois incompréhensible pour son interlocutrice : « Je m'en fous de cette connerie ! On est champions du monde ! Ton Soulier d'or, tu peux te le mettre au cul ! » La classe munichoise.

Il se moque de Ronaldo

Il a beau ne pas les multiplier en match, Thomas Müller maîtrise le passement de jambes et la roulette. Comme il l’a prouvé lors d’un entraînement en février dernier en se lançant dans une imitation quasi parfaite de Cristiano Ronaldo. Le Portugais aura peut-être l’occasion de lui parler de sa performance d’acteur si les deux hommes se retrouvent en finale de la Ligue des champions, le 6 juin prochain à Berlin.

Il mène un chant du kop

En très mauvaise posture après son quart de finale aller perdu 3-1 à Porto le mois dernier, le Bayern Munich a réussi un superbe retournement de situation en faisant voler les Portugais en éclats au retour à l’Allianz Arena (6-1). Devenu ce soir-là le meilleur buteur allemand de l’histoire de la Ligue des champions (27 buts), Thomas Müller s’empare d’un mégaphone pour mener le chant des supporters munichois.

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Franck Ribéry

S.C.