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Deschamps : « Ça me donne toujours des frissons »

Didier Deschamps

Didier Deschamps - -

Le 26 mai 1993, l’OM devenait le premier club français à remporter la Ligue des champions en dominant le Milan AC en finale (1-0). Vingt ans plus tard, Didier Deschamps, alors capitaine de Marseille, n’a rien oublié de cette soirée de légende. Souvenirs.

Didier, il y a 20 ans, vous souleviez la Ligue des champions avec l’OM. Est-ce un souvenir encore présent chez vous ?

Ça reste, oui. Parce que c’est un grand rendez-vous. On a réalisé un exploit face au grand Milan AC. Parce que c’était Marseille, avec la spécificité du sud, le tempérament des méridionaux, beaucoup de chaleur et d’émotion. Il y a 20 ans… ça fait loin 20 ans ! Il y a des années qui ont passées mais il y a des souvenirs qui restent, forcément.

Êtes-vous fier de faire partie de la première équipe française à avoir décroché la C1 ?

Il y a de la fierté de l’avoir gagnée. A jamais les premiers, oui. Mais j’espère surtout pas les derniers. On a fait partie des acteurs qui ont écrit une des plus belles pages de l’OM et du football français. Donc il y a cette fierté-là. Mais pour les moins de 20 ans, lorsqu’ils parlent avec les plus anciens, ils ne savent pas. Ils n’ont pas vécu ça. Ils le voient maintenant en DVD, parce que les cassettes n’existent même plus. C’est quelque chose de fabuleux. Tout le monde se rappelle où et avec qui il était le 12 juillet 1998 (lorsque la France a remporté la Coupe du monde, ndlr). Pour les supporters de Marseille, c’est pareil pour ce soir-là.

Qu’est-ce que ça vous fait de revoir les images de cette soirée ?

Ça me donne toujours des frissons, parce que ça reste. C’était ma première Ligue des champions. Le côté émotionnel et sentimental, à Marseille, c’est à part. Il y a une ferveur, une passion. Quand on gagne dans les villes du sud, c’est quand même très fort.

Les supporters vont en parlent encore aujourd’hui ?

Les gens s’en souviennent parfaitement. Je croise encore des gens qui me remercient pour ça. Pour ceux qui l’ont vécu, c’était un grand moment. L’OM, c’est l’OM pour eux. Ce sont vraiment des passionnés.

Ce 26 mai 1993, avez-vous ressenti la pression populaire à Munich ?

Les supporters ne se sont pas tous déplacés, parce qu’ils ne le pouvaient pas et que ça coûtait quand même de l’argent. La grande majorité était restée sur le sol français. Mais oui, on sentait la pression. C’était la finale de rêve contre le Milan AC, qui était grand favori et tenant du titre, avec sa pléiade de stars. Il y avait beaucoup d’effervescence.

Fabien Barthez avait d’ailleurs semblé particulièrement tendu avant d’entrer sur la pelouse…

Fabien ? Mais pas du tout. Après avoir fait la photo officielle, il a même oublié ses gants dans les buts ! Non, il y avait de la concentration. On avait envie. On avait une chance, on voulait la jouer à fond. Dans le couloir, ça culminait en face. C’était des Rijkaard, Gullit, Albertini, Baresi… Au-delà des noms et de ce qu’ils représentaient, ils avaient de sacrés gabarits ! On sentait l’enjeu. Mais au fond de nous, on sentait qu’on pouvait le faire.

Avant son coup de tête légendaire, Basile Boli avait failli sortir du terrain….

Il a même failli sortir avant parce qu’il avait un problème au genou, qui ne s’est d’ailleurs pas arrangé depuis. Il avait fait une arthroscopie et n’avait pas pu jouer le match d’avant à Valenciennes. Basilou, on l’adore. Mais il se plaignait souvent. Il a un peu serré les dents. Mais c’est vrai qu’il demandait à sortir. Le banc lui a dit qu’il n’avait pas le droit, heureusement qu’il n’est pas sorti ! (sourire)

Quel rôle a joué Bernard Tapie, alors président de l’OM, lors de cette finale ?

C’est le président, c’est lui qui donnait l’impulsion et Dieu sait s’il en donnait avec son caractère et sa personnalité. C’était clair dès le départ. L’objectif était annoncé depuis deux saisons : être champion d’Europe. C’était un personnage médiatique important. Quand il parlait à l’époque, ça envoyait !

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Propos recueillis par Nicolas Jamain