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Ligue des champions: comment le PSG est perçu en Europe?

Le PSG aborde la nouvelle campagne de Ligue des champions dans la peau de l'un des grands favoris après son recrutement exceptionnel. Une étiquette vécue avec beaucoup de craintes dans le reste de l’Europe.

L’Espagne vent debout contre le PSG

Javier Tebas n’a pas attendu cet été pour s’en prendre au PSG. Le président de la Ligue de football espagnol (LFP) est peut-être le critique le plus acerbe et régulier à l’encontre des investisseurs qataris du club français. Alors, le choix de Lionel Messi et Sergio Ramos de quitter le Barça et le Real Madrid pour Paris n’a pas rehaussé sa cote d’amour pour le PSG. A la fin du mercato, il a de nouveau dénoncé la concurrence déloyale des clubs-Etats.

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"Les clubs-états sont aussi dangereux pour l'écosystème du football que la Super League, a-t-il écrit sur son compte Twitter. Nous avons critiqué la Super League car elle détruit le football européen et nous sommes tout aussi critiques envers le PSG. Pertes Covid: plus de 300 millions d’euros ; Chiffre d'affaires des droits TV en France: -40% ; Et plus de 500 millions d’euros de salaires? Intenable."

Le climat de défiance a aussi augmenté chez les socios des deux monstres du pays: le Barça, après le départ de leur idole absolue, et le Real Madrid, qui n’a pas réussi à faire plier le PSG pour Kylian Mbappé. L’association Messi-Neymar, qui se retrouvent depuis 2017, avec Kylian Mbappé suscite aussi une certaine attente chez les nostalgiques des fastueuses années Barça.

L’Angleterre se méfie

Les multiples coups de force du PSG sur le marché des transferts renforcent la méfiance de l’Angleterre sur cet encombrant voisin. A l’issue du mercato, un éditorial du Guardian a estimé que la montée des "pétro-géants " incarnés par Paris, Manchester City et Chelsea "éclipse la vieille garde". Du point de vue anglais, le PSG évolue depuis longtemps dans une autre catégorie que la "farmers league" ("championnat de fermiers"), surnom moqueur donné à la Ligue 1. Il est une valeur sûre de l’épreuve et le favori de la compétition même si le succès de Chelsea dans une finale 100% anglaise la saison dernière a nourri l’orgueil anglais. Il était d’autant plus savoureux en étant acquis par Thomas Tuchel et Thiago Silva, poussés vers la sortie quelques mois plus tôt par le PSG.

L'Equipe rapporte qu'une certaine attirance commence à poindre en Angleterre avec des maillots du PSG qui fleurissent sur les épaules de teenagers britanniques. "Ce phénomène, qui s'est accéléré avec la venue de Messi, s'explique d'abord par la qualité de l'effectif de cette équipe, mais aussi par les efforts du club pour rendre la marque PSG glamour, notamment à travers le partenariat avec Jordan. Désormais des ados anglais trouvent cool de supporter le PSG", explique pour le quotidien, Miguel Delanay, journaliste à The Independent.

L’Italie attentive à ses talents parisiens

L’Italie aborde la nouvelle campagne de Ligue des champions dans une situation un brin paradoxale. Sur son nuage après le titre de championne d’Europe de la sélection, la botte a perdu des atouts dans sa quête d’un premier titre en Ligue des champions depuis celui de l’Inter Milan. Massimiliano Allegri, l’homme aux deux finales avec la Juventus (2015- 207) est revenu mais la Juventus a perdu de son éclat et Cristiano Ronaldo. Championne d’Italie, l’Inter Milan avait des atouts à faire valoir mais le club s’est d’abord évertué à remplir ses caisses.

Il a laissé partir Romelu Lukaku à Chelsea mais aussi Achraf Hakimi, l’un de meilleurs latéraux du marché, au… PSG. Le club français a attiré une autre star de la Serie A: Gianluigi Donnarumma, libre après avoir refusé de prolonger avec l’AC Milan. Une fuite des talents confirmant la nouvelle force d’attraction parisienne. La colonie d’anciens joueurs de Serie A et le casting de l’effectif de Mauricio Pochettino suscitent une grande curiosité. La presse sportive n’a pas attendu le début de la compétition pour s’inquiéter, notamment, de l’utilisation de Donnarumma en concurrence avec Keylor Navas.

"Le PSG est considéré comme un club qui, tôt ou tard, va gagner la Ligue des champions puisqu'ils achètent les meilleurs du monde, un peu comme le milan de Berlusconi à l'époque", juge, pour L'Equipe, Enrico Curro, journaliste à La Repubblica.

En Allemagne, le Bayern toujours sur la défensive

Au Bayern Munich, l’évocation du PSG provoque régulièrement quelques poussées de fièvre. Uli Hoeness, ancien président, s’en est souvent pris à la concurrence déloyale des Parisiens, appuyés par les investisseurs qataris. Les attaques sont devenues moins fréquentes mais existent toujours. Très vindicatif sur le sujet ces dernières années, Karl-Heinz Rummenigge, légende du club et ancien président du conseil d’administration, a récemment mis en garde Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG et de association européenne des clubs (ECA).

"Il est le nouveau président de l'ECA et il connaît parfaitement le règlement du fair-play financier, a-t-il rappelé. Avec mes homologues, nous allons veiller à ce qu'il le respecte scrupuleusement. Avec cette fonction, il a un devoir d'exemplarité. C’est évident qu'il faut s'inquiéter des conditions de concurrence qui doivent devenir plus équitables. Il faut donc adapter le fair-play financier avec des critères encore plus rigoureux. C'est une nécessité absolue."

Le président de l'UEFA Aleksander Ceferin est du même avis: "Nous avons besoin d'un retour à davantage de rationalité." Plus discret, Herbert Hainer, président du club, a assuré qu’il surveillait attentivement la situation économique du PSG, perçu comme un grand rival dans la course à l’Europe.

NC