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Ligue des champions: Comment le PSG s'est transformé pour sortir du groupe de la mort

Le PSG a terminé premier du groupe de la mort de la Ligue des champions en parvenant à faire sa mue d’un point de vue tactique mais surtout sur l’état d’esprit loué par tous les joueurs après la large victoire à Belgrade (4-1).

Une évolution tactique 

S’il ne faut pas parler à Thomas Tuchel de système ("Ce n’est pas un système, ce sont des joueurs", a-t-il lâche après le match), il faut reconnaître ce mérite au manager allemand d’avoir trouvé la formule pour aligner ensemble tous ses forces offensives (dans un 4-2-3-1 évolutif en 3-4-3). Le PSG a réussi les deux matches les plus aboutis de sa saison européenne face à Liverpool (2-1) et l’Etoile Rouge de Belgrade (4-1) avec la MCN (Mbappé, Cavani, Neymar) et Angel Di Maria alignés ensemble. Utilisé comme meneur ou électron libre depuis le début de la saison, Neymar étincelle dans ce registre et semble sincèrement remercier Tuchel pour cela. Mardi, c’est lui qui s’est jeté dans le bras du technicien allemand quand il semblait un brin gêné lorsque ce dernier le couvrait de bisous après le match aller au Parc des Princes. 

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L’autre réussite de l’ancien technicien du Borussia, c’est ce repositionnement de Marquinhos. Le rôle de milieu de terrain n’est pas encore naturel pour le Brésilien qui compense par son intelligence de jeu et son dévouement au service du collectif. Ce qui permet à Tuchel de laisser Adrien Rabiot sur le banc, et à Marco Verratti de disposer de plus de liberté dans sa relance. A Belgrade, Marquinhos ne s’est pas contenté de camper devant la défense, il a souvent proposé des décalages et des surnombres en participant au jeu assez haut sur le terrain. Il a aussi marqué sur coup de pied arrêté.

Un vrai état d’esprit

Plus que le système donc, les joueurs et Thomas Tuchel ont souligné l’état d’esprit de l’équipe et l’investissement de chacun. "Nous sommes ensemble, a rappelé le manager allemand. C’est un effort de l’équipe et ce n’est pas une question de système. Pour moi, c’est une question de mentalité, de sérieux, d’attitude et de qualité après." Difficile de lui donner tort. Les victoires face à Liverpool (2-1) et à Belgrade (1-4) ont mis en avant des attitudes guerrières, collectives, appliquées. Thiago Silva, exalté (comme Marquinhos), en fut le moteur face aux Reds et a poursuivi sur sa lancée en Serbie où Neymar s’est autant distingué par son intensité offensive que par son sérieux et ses replis défensifs. 

"Pour le match de Liverpool chez nous, j'ai beaucoup poussé les joueurs parce qu'ils avaient besoin de ça, car avec un match nul on aurait été presque éliminés", a rappelé Thiago Silva.

"Je ne pense pas que l’équipe ait progressé, je pense que c’est une prise de conscience, a ajouté Kylian Mbappé. Ce n’était pas suffisant ce qu’on produisait jusqu’à présent. Il fallait relever la tête et montrer un beau visage à tout le monde et tous ceux qui croient en nous. Il faut continuer, gagner les matchs, prendre de l’expérience. Je pense que chaque joueur s’est remis en question sur ce qu’il n’avait pas bien fait. Et collectivement aussi. On est un groupe, il faut se dire les choses entre bonhommes quand ça ne va pas. C’est ce qu’on a fait."

"Nous avons montré que nous étions une vraie équipe, sérieuse, a enfoncé Gianluigi Buffon. Pour moi ça c’est très important. Ça n’était pas un déplacement très compliqué, mais nous avons montré du caractère. Dans les moments importants, nous avons eu les bonnes réponses sur le plan technique, du caractère, de la solidité."

Tuchel, l’alchimiste

Il se refuse encore de rêver et veut rester humble. Mais Thomas Tuchel est l’architecte de cette qualification pour les huitièmes de finale. Sa controversée 'calinothérapie' trouve un écho auprès des joueurs qui adhèrent à son message et le soulignent. "Le coach nous a parlés au bon moment, nous a montrés des choses au bon moment, a notamment confié Marquinhos au micro de RMC Sport. On a vu sur le terrain que tout le monde se donne. Ney (Neymar, ndlr) travaille pour être prêt et fait le match qu'il a fait, les efforts que font Edi (Cavani) et Kylian (Mbappé) pour l'équipe... Derrière, on a été très sereins. C'est ce qui nous a fait gagner aujourd'hui."

Le manager allemand a également reçu les hommages présidentiels. "C’était important de voir ce caractère, un grand Paris Saint-Germain, a déclaré Nasser Al-Khelaïfi au micro de RMC Sport. Le coach comprend les joueurs maintenant, il a une grande philosophie, il comprend le foot. On adore sa philosophie."

Sans nommer directement Tuchel, Thiago Silva note aussi ce changement dans la cohésion du groupe. "Notre équipe est comme ça, je suis vraiment content de notre façon de jouer parce que vraiment, je sens qu'on joue plus comme une équipe. Je ne sais pas exactement ce qui a changé, mais je suis content et j'espère qu'on va continuer comme ça jusque la fin de la saison."

NC