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Ligue des champions: pourquoi le Real fait face à un immense chantier après ce fiasco

Le Real Madrid a pris une énorme claque ce mardi soir en se faisant éliminer dès les huitièmes de finale de la Ligue des champions par l'Ajax (4-1). Une surprise? En partie seulement. Car cette défaite met surtout terme à un cycle glorieux, dont le déclin se faisait sentir depuis plusieurs mois.

Cette fois, difficile de se cacher. Même si les mots ne sont pas encore tout à fait assurés pour confirmer ce qui semble inéluctable. "Si c'est une fin de cycle? Je ne sais pas, ce n'est pas à moi de le dire, lâche Thibaut Courtois sur RMC Sport. C'est une équipe qui gagnait tout ces dernières saisons, avec les mêmes joueurs, qui ont encore l'âge d'être ici." Cette élimination par l'Ajax en huitième de finale de Ligue des champions (4-1) y ressemble pourtant fort pour le Real Madrid.

Tout perdre en une semaine et trois matchs

Les Madrilènes ont tout perdu en une semaine: leurs minces espoirs en Liga avec une défaite à domicile contre le Barça dimanche (1-0) synonyme de 12 points de retard au classement, le lot de consolation avec leur élimination en Coupe du roi... par ce même Barça (3-0) et leur rêve ultime de quatrième Ligue des champions d'affilée donc. Et ce n'est pas ce Mondial des clubs secondaire glané en décembre qui sauvera cette saison catastrophique. 

"Si c'est la fin d'un cycle? Non je ne le vois pas comme ça, insistait pourtant Dani Carvajal après le match. L'effectif est très bon, nous avons une marge de progression. Ce qui est clair, c'est que la saison est pratiquement finie pour nous. Il faut qu'on soit professionnels, qu'on continue à travailler pour relever la tête, ne pas nous cacher." Tout en admettant que son équipe vit une "saison de merde".

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Zidane avait tout compris

Les signes avant-coureurs étaient pourtant visibles depuis plus d'un an. Car la deuxième partie de saison avait été délicate avant d'être heureuse pour Zinedine Zidane, béni pour avoir fait entrer la Maison blanche un peu plus dans l'histoire avec un troisième sacre consécutif dans la plus belle des compétitions de clubs. C'est aussi cette saison délicate en championnat, ponctuée de quelques tensions dans le vestiaire et de rumeurs de licenciement, qui avait amené le champion du monde 1998 à démissionner en juin dernier.

Le départ de Ronaldo jamais compensé

Une annonce surprise suivie, un mois plus tard, du départ fracassant de Cristiano Ronaldo pour la Juventus. Beaucoup de chamboulement... presque minimisé à Madrid. "Florentino Pérez paiera pour cette erreur, prévenait pourtant l'ancien président du club Ramon Calderon dans la Gazzetta dello Sport l'été dernier. Cristiano Ronaldo est le numéro 1, donc les dégâts infligés sont énormes."

Un départ du quintuple Ballon d'or... non compensé cet été. Le Real ne s'est guère illustré sur le marché des transferts et, entre d'éternels rumeurs Neymar, n'a finalement fait venir que Thibaut Courtois, Vinicius Jr et Mariano Diaz. Maigre butin pour compenser un effectif pourtant vieillissant.

Les cadres vieillissants, les problèmes Bale et Isco 

Le club compte toujours dans ses rangs le Ballon d'or en titre. Mais Luka Modric n'est plus que l'ombre de lui-même depuis son retour de Coupe du monde. Même destin pour Sergio Ramos, qui avait lui-même choisi d'être suspendu ce mardi soir pour privilégier les quarts, qui enchaîne les performances en dents de scie sur la scène nationale. Marcelo, courtisé par son ami Ronaldo pour rejoindre la Juve, cire le banc à force de contre-performer, Toni Kroos fait une saison cataclysmique... Les cadres d'hier sont les fantômes d'aujourd'hui.

A ces déclins s'ajoutent deux épineux problèmes: Gareth Bale et Isco. Le Gallois, sifflé par les supporters à son entrée en jeu pour remplacer Vinicius ce mardi, tout comme il le fut contre le Barça dimanche, n'a plus la tête au terrain. Du moins pas dans les rangs d'un Real qu'il considère comme ingrat. Le double buteur de la dernière finale de Ligue des champions est devenu un paria. Mais il posait déjà question sous l'ère Zidane. Quant à Isco, toujours soutenu par le public, le voilà désormais ballotté du banc à la tribune. Car si Lopetegui comptait en faire un cadre, Santiago Solari, arrivé en octobre, ne veut pas s'en encombrer.

Solari, premier fusible?

Le bilan est donc bien sombre pour le Real cette saison. Et le premier qui devrait en faire les frais, c'est comme souvent l'entraîneur. Solari était un choix par défaut: parce que le pari Lopetegui n'a pas fonctionné, parce que Mauricio Pochettino est verrouillé par Tottenham et... qu'il fallait bien quelqu'un. Sous contrat jusqu'en 2021, le manager pourrait ne pas finir sa saison. 

Un mercato agité

Les supporters avaient un autre coupable ce mardi: Florentino Perez, dont ils réclament la démission. Réélu en 2017, son mandat court jusqu'en 2021. A charge pour lui de renverser la tendance avec un mercato estival XXL. Le nom d'Eden Hazard ne cesse de retentir dans les couloirs mais les dossiers les plus chauds porteront sans doute les noms de Neymar et Kylian Mbappé.

Deux tentatives d'assaut qu'il faudra mener avec un entraîneur. Un retour de José Mourinho ne serait pas à exclure selon la presse espagnole. Tant de questions sans réponse. Une seule est actée: oui, ce Real Madrid est en fin de cycle et comme le résume Marca en Une ce mercredi, "ci-gît une équipe qui a fait l'histoire".

A.Bouchery