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Naples-Nice: Sarri, "l'inconnu" qui a charmé le monde du foot

Maurizio Sarri

Maurizio Sarri - AFP

Arrivé à Naples à l'été 2015 après avoir fait ses gammes dans les divisions inférieures italiennes, Maurizio Sarri a rapidement convaincu par la qualité du jeu qu'il fait pratiquer à son équipe. Nice pourrait en faire les frais ce mercredi (20h45), en barrage aller de la Ligue des champions.

A l'été 2015, pour succéder à Rafael Benitez, un entraîneur qui pèse quand même trois titres en Coupes d'Europe, Aurelio De Laurentiis a surpris tout le monde. Au lieu d'un nom, le président de Naples s'est payé un technicien presque novice à ce niveau. Mais le pari est gagné. "Inconnu" en dehors des frontières italiennes, Maurizio Sarri est devenu, en deux saisons sur le banc du Napoli, l'un des entraîneurs les plus reconnus du Vieux Continent. Grâce à son parcours, son caractère et la façon de faire jouer son équipe.

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Maradona très sceptique

Avant son arrivée sur le banc de Naples, sa ville de naissance, Sarri n'a entraîné qu'une saison en Serie A. Après avoir été banquier et enchaîné une dizaine d'expériences dans des clubs de Serie B ou C, Sarri se fait remarquer en faisant remonter Empoli dans l'élite. Lors de la saison 2014-2015, la qualité de jeu du promu est remarquée et De Laurentiis lui confie les rênes de son équipe, en même temps qu'il déclenche le scepticisme de nombreux observateurs napolitains. A commencer par le plus connu. "Je le respecte mais ce n'est pas le bon entraîneur pour permettre au Napoli de gagner à nouveau", lance Diego Maradona lorsque Sarri est nommé.

Sacchi le considère comme "un génie"

Inspiré balle au pied, "El Pibe de Oro" l'est moins dans ses analyses puisque Sarri a prouvé qu'il était capable de maintenir le Napoli en haut de l'affiche. Qui plus est en régalant le public du San Paolo. Deuxième et troisième des derniers championnats, le club de Campanie termine à chaque fois avec la meilleure attaque. Le 4-3-3, avec Marek Hamsik à la baguette et les flèches Mertens, Callejon et Insigne devant, est un régal à voir jouer. C'est d'ailleurs Sarri qui est élu meilleur entraîneur de Serie A la saison dernière, devant Massimiliano Allegri. "Pour une fois que je termine devant Max", réagit celui dont le palmarès est toujours vierge.

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Seule ombre au tableau, cette absence de titre n'empêche pas Sarri (58 ans) d'être reconnu par ses pairs. "Tous les 20 ans il y a une innovation dans le football. Après l'Ajax c'était le Milan de Sacchi, et après Guardiola, qui a un peu endormi le football. Heureusement, Sarri est en train de le réveiller", déclarait Fabio Capello en juin dernier. Le grand Sacchi lui-même considère Sarri comme "un génie" et "un exemple pour toute l'Italie". Pour Zdenek Zeman, référence absolue du tout pour l'attaque, Sarri est un coach qui "attire les foules".

Un parcours à la Ferguson?

Même De Laurentiis, jamais tendre avec ses entraîneurs et qui a parfois égratigné Sarri, semble définitivement tombé sous le charme. "Il sera l'entraîneur de Naples pour très longtemps, car il a un contrat sur plusieurs années avec une clause qui n'entrera en vigueur que l'année prochaine, a déclaré le président de Naples en fin de saison dernière. C'est chez lui, il peut rester à vie à Naples et peut choisir de prendre un rôle à la Ferguson." L'ancien gourou de Manchester United a entraîné jusqu'à 71 ans. Il reste donc encore une bonne dizaine d'années à Sarri pour garnir son armoire à trophées. Et continuer d'enthousiasmer les foules.

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Alexandre Alain Rédacteur