RMC Sport

Real-PSG: Blanc attendu au tournant

-

- - AFP

Après le nul décevant de l’aller (0-0), Laurent Blanc jouera beaucoup face au Real Madrid ce mardi en Ligue des champions (20h45). Un résultat positif éclaircirait l’avenir européen du PSG. A l’inverse, Laurent Blanc devra supporter une pression accrue dans les prochains mois. Sur la pelouse de Bernabeu, une partie de son avenir, de sa réputation et de la confiance de ses joueurs sont en jeu.

Son avenir

Sauf surprise lors des deux dernières journées, le rencontre de ce mardi soir décidera de la première place du groupe A. Les statistiques sont têtues pour rappeler l’importance de finir en tête de sa poule pour voir loin dans la compétition. Depuis la saison 2003-2004 et la mise en place de sa formule actuelle, la Ligue des Champions n’a accouché que de cinq équipes finalistes ayant terminé à la deuxième place de groupe.

Plus éloquent encore, lors des deux dernières saisons, seulement deux clubs « deuxièmes » ont rejoint les quarts de finale, dont le PSG l’année dernière. Pour Laurent Blanc, en fin de contrat en juin prochain, l’équation est simple. Une prolongation passe par une demi-finale. Tout autre scénario amenuiserait ses chances de s’installer sur le banc parisien la saison prochaine.

Sa réputation

Laurent Blanc l’a avoué en conférence de presse, il a été surpris par le jeu développé par le Real à l’aller (0-0). « Tout le monde voyait le Madrid comme une équipe plutôt défensive adepte des contre-attaques. Cette équipe a prouvé le contraire au Parc des Princes, a admis l’entraineur parisien. Ils sont venus nous chercher et nous ont pris le ballon. On a été surpris par leur philosophie, mais ce sera un match différent mardi. » Défaut d’analyse de la part de Laurent Blanc ou trop plein de confiance face à un Real diminué ?

Membre de la Dream Team RMC Sport, Jérôme Rothen penche pour la seconde solution. « A l’aller, même s’ils ne l’ont pas dit, ils se sont vus un peu trop beaux », tranche l’ancien milieu de terrain parisien. Reste une rencontre qui a jeté un certain voile sur les capacités tactiques de Laurent Blanc. Homme d’un système, l’ancien libéro peine à trouver des solutions face aux plus grands. L’arrivée d’Angel Di Maria a multiplié ses options. Et même s’il sera privé de Javier Pastore à Santiago Bernarbeu, l’entraîneur est attendu pour apposer sa patte à un succès de prestige en terre madrilène.

La confiance de ses joueurs

L’œuvre de Laurent Blanc à Paris suscite pour l’instant plusieurs lectures. A son crédit, outre une razzia de titres sur le plan national, le technicien a imposé un football de possession, parfois ronronnant mais clairement identifiable et cohérent. Il a démontré sa capacité à gérer un vestiaire de stars. Malgré quelques remises en questions, Zlatan Ibrahimovic et Edinson Cavani cohabitent. Revenu exsangue de la Coupe du monde 2014, Thiago Silva s’est relevé avec le soutien inconditionnel de son coach. Sous l’ère Blanc, la progression de joueurs comme Marco Verratti et Blaise Matuidi ne s’est en rien inversée.

Persuadé de tenir en Serge Aurier l’homme de son couloir, Blanc ne lui a jamais enlevé sa confiance, malgré une première année délicate. Et l’Ivoirien réalise un début de saison fracassant. A son débit, il y a bien sûr cette barrière du quart de finale européen, objet des frustrations qataries. Blanc a certes fauché José Mourinho la saison dernière, mais d’une manière ou d’une autre, il doit faire plus pour emporter totalement l’adhésion et la confiance, à la fois de ses joueurs et de ses dirigeants. Une victoire à Madrid assoirait sa légitimité.

Sylvain Reignault