RMC Sport

Séville: la résurrection de Montella, quatre mois après sa désillusion milanaise

Vincenzo Montella, l'entraîneur du Séville FC

Vincenzo Montella, l'entraîneur du Séville FC - OLI SCARFF / AFP

Vincenzo Montella vit depuis plusieurs mois un véritable ascenseur émotionnel. Licencié de l'AC Milan en novembre dernier après une accumulation de mauvais résultats, l'entraîneur italien va vivre ce mardi son premier quart de finale de Ligue des champions, à la tête du FC Séville.

"J’assiste de mon vivant à mes funérailles". C'est par ces mots que Vincenzo Montella qualifiait son quotidien à l'AC Milan, à l'issue d'une nouvelle défaite de son club en Europa League, le 2 novembre dernier. Depuis, l'actuel entraîneur du FC Séville a su renaître de ses cendres tel un phénix.

L'échec milanais

Arrivé en juin 2016 à Milan, l'ancien entraîneur de la Sampdoria, de la Roma ou encore de la Fiorentina ne s'attendait certainement pas à vivre un tel cauchemar en terres lombardes.

Vivement critiqué depuis le début de la saison 2017-2018, Vincenzo Montella était considéré par ses dirigeants et supporters comme l'un des principaux responsables des résultats négatifs de son club, aussi bien en Série A qu'en Europe League.

Et les statistiques ne penchaient pas en sa faveur. Avec Vincenzo Montella à sa tête, l'AC Milan a enregistré seulement 50% de victoires. Soit 32 victoires sur 64 matchs joués, 14 nuls et 18 défaites. Des résultats jugés insuffisants par le club, qui espérait briguer les premières places du championnat et les sommets européens après avoir dépensé plus de 150 millions d'euros lors du mercato.

L'entraîneur italien a finalement été licencié fin novembre, puis remplacé par Gennaro Gattuso, après une nouvelle contre-performance des Milanais face au Torino (0-0) et une insignifiante 7e place au classement.

La renaissance sévillane

Loin d'être abattu, Vincenzo Montella a su rebondir en Espagne seulement quelques jours après son éviction de l'AC Milan. L'entraîneur a été engagé par le FC Séville fin décembre, alors que le club andalou venait de se séparer de l'Argentin Eduardo Berizzo.

Et il a rapidement su s'adapter au style de jeu espagnol. "Mon modèle de football est un modèle de jeu actif, à travers un esprit de groupe, de la passion qui doit démarrer par chacun des joueurs", avait-il déclaré à son arrivée.

Une aubaine, l'entraîneur italien venait de poser ses valises dans un club engagé en Ligue des champions. Mieux encore, il réussit à créer l'exploit en huitième de finale de la compétition, soit deux mois après son arrivée, en éliminant l'un des favoris, Manchester United

Une performance historique pour le club espagnol, qui atteint ce niveau de la compétition pour la deuxième fois de son histoire, la première depuis près de 60 ans. Ce mardi, soit cinq mois après son éviction du Milan AC, pratiquement jour pour jour, l'entraîneur de 43 ans va tenter de créer un nouvel exploit, cette fois-ci face au Bayern de Munich (match aller à Séville ce mardi, retour à Munich le 11 avril).

De bonnes performances en coupes, du moins bon en championnat

Et le coach italien a tout intérêt a marquer à nouveau les esprits en Ligue des Champions. Car en dehors de la compétition européenne, le bilan provisoire de Montella à la tête de Séville est à nuancer. Si on peut lui attribuer une autre belle surprise, avec l’élimination de l’Atlético de Madrid en quart de finale de Copa del Rey, les résultats sont un peu plus mitigés en championnat.

Depuis son premier match sur le banc andalou le 3 janvier et une victoire en huitièmes de finale de Copa del Rey face à Cadix, le bilan de l’entraîneur italien en championnat est plutôt négatif avec 5 victoires, 2 matchs nuls et 6 défaites (dont une lourde à domicile 3-5 lors du derby face au Betis, une autre 1-5 face à Eibar et une dernière déconvenue 2-5 à domicile face à l’Atlético le 25 février) en 13 matchs.

Un management contesté

Avec une 7e place en championnat, et 14 points de retard sur le 4e Valence à huit journées de la fin, Vincenzo Montella semble désormais avoir délaissé le championnat pour tout miser sur la Ligue des Champions. De plus, l’entraîneur a été quelque peu critiqué pour son management ces dernières semaines, notamment sur sa gestion du "cas Wissam Ben Yedder".

Titulaire indiscutable sous Berizzo, meilleur buteur du club en Liga et Ligue des Champions jusqu’à la trêve hivernale, l’international français est passé remplaçant à l’arrivée de Montella. De quoi frustrer les supporters andalous et le principal concerné, qui espère bien récupérer son statut de titulaire indiscutable dès ce mardi en Ligue des Champions face au Bayern.

Pour que ses choix soient acceptés par le club, laisser une trace indélébile en Andalousie et faire définitivement oublier son échec milanais, Vincenzo Montella a encore un peu de chemin à parcourir. Et celui-ci passera par une bonne performance face à l'ogre allemand lors de ce quart de finale.

A lire aussi >> Ben Yedder, après son doublé de folie: "J’ai toujours fermé ma bouche"

VIDEO - "J'assiste à mes propres funérailles", l'entraîneur de l'AC Milan préfère ironiser

Céline Penicaud