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Mort de Maradona: le président de l'Argentine attaqué en justice à cause de l'hommage public

Des opposants politiques au président Alberto Fernandez accusent le chef d’Etat argentin d’avoir favorisé la propagation du coronavirus jeudi, en ayant autorisé les rassemblements de milliers de fans à Buenos Aires pour l’ultime hommage à Diego Maradona.

Ils étaient des milliers d’Argentins à vouloir dire adieu à leur idole, Diego Maradona, jeudi à Buenos Aires. Des fans en pleurs réunis par milliers place de Mai, à Buenos Aires, avec l’espoir de voir la dépouille de la légende dans la "Casa Rosada". Puis il y eut le cortège. Tout aussi fou. Et la crainte d’un cluster géant rapidement redoutée par les autorités sanitaires.

"Je suis très attristé par la mort de Maradona, un joueur unique sur le terrain. Mais, sachant qu'il allait y avoir un mouvement populaire, peut-être que l'adieu aurait dû être organisé ailleurs et avec moins de risques", a déclaré à Clarin Arnaldo Casiró, chef du service d'infectiologie d'un hôpital près de Buenos Aires. Les soignants ne sont pas les seuls à pointer du doigt le non-respect des distanciations sociales et des gestes barrières inévitables et incontrôlables jeudi en dépit de l’intervention parfois musclée des forces de polices.

Une plainte a été déposée

Dans le monde politique aussi, certains ont été choqués par les images des rassemblements, malvenues en temps de crise sanitaire. Surtout que l’Argentine, l’un des pays les plus touchés par la pandémie (plus de 38.000 décès), sort tout juste d’un confinement de sept mois. Selon La Nacion, un groupe de leaders de l’opposition a attaqué en justice le président argentin Alberto Fernandez, élu il y a un an. Yamil Santoro et Antonio Fratamico, deux dirigeants de la coalition des "Républicains unis", un mouvement libéral, ont porté plainte conte le chef de l'Etat, qu'ils accusent d’être responsable de la propagation du Covid-19.

Une question d'égalité

Selon eux, le président a entravé la loi sur la réglementation sanitaire, et notamment sur le respect des distanciations sociales, en autorisant ces rassemblements pour l’hommage à Diego Maradona. Une violation d’un décret que le pouvoir exécutif avait lui-même voté. "Le chef de l'Etat a violé l'un des principes fondamentaux établis par notre loi, le principe de l’égalité", estiment-ils.

Ces opposants au président dénoncent un "protocole improvisé" et déplorent que la loi pour les funérailles ne soit pas la même pour tout le monde. "Si vous n'êtes pas célèbre, le règlement sanitaire préventif du Covid-19 s'applique; si vous l'êtes, il n'y a pas de règle qui interdit de rassembler des millions de personnes sur la place de Mai, dans les rues environnantes et dans la maison du gouvernement elle-même." En Argentine, le foot et sa légende Diego Maradona, même disparue, deviennent souvent une affaire d'Etat.

ABr