RMC Sport

Angleterre: Özil apporte son soutien à Saka, victime d’insultes racistes après l’Euro 2021

Dans une interview accordée à Sky Sports, Mesut Özil a réagi à la vague d’injures racistes reçues par Bukayo Saka après son tir au but manqué en finale de l’Euro 2021. Le milieu de terrain de Fenerbahçe dénonce la situation et prend la défense du jeune attaquant anglais, qu’il a côtoyé à Arsenal.

Il aurait pu être le héros de la nation. Mais Bukayo Saka a finalement vécu le pire moment de sa jeune carrière, le 11 juillet dernier à Wembley. L’attaquant de l’équipe d’Angleterre a raté son tir au but lors de la séance décisive face à l’Italie, en finale de l’Euro 2021 (1-1, 3 tab à 2). Sa frappe arrêtée par Gianluigi Donnarumma a offert le titre à la Squadra Azzura. Et plonger toute l’Angleterre dans la déprime.

Comme souvent dans ces cas-là, les fans ont déversé leur frustration et leur colère sur les réseaux sociaux. Et comme trop souvent, certains n’ont pas hésité à envoyer des insultes racistes au joueur d’Arsenal, qui a dû encaisser la vague haineuse du haut de ses 19 ans. Tout comme Jadon Sancho (21 ans) et Marcus Rashford (23 ans).

"Saka travaille très dur"

Un épisode que Mesut Özil a suivi de près. Le milieu de terrain de Fenerbahçe connaît bien Saka pour l’avoir côtoyé durant deux ans chez les Gunners. "Bukayo est un jeune joueur modeste. Il est très déterminé et travaille très dur pour son rêve. Il fait tout ce qu’il peut pour le réaliser", a confié le joueur de 32 ans à Sky Sports.

Né à Gelsenkirchen (à l’ouest de l’Allemagne), de parents turcs, Özil a lui-même dénoncé le racisme qu’il a subi durant sa carrière au moment d’annoncer sa retraire internationale en 2019. "Je suis Allemand quand nous gagnons, mais je suis un immigré quand nous perdons", a résumé le champion du monde 2014 avec la Nationalmannschaft.

"Ça m’a fait de la peine"

Il peut d’autant plus facilement imaginer ce que ressent aujourd’hui Saka, dont les parents sont originaires du Nigéria. "Ça m’a fait de la peine pour lui, admet Özil. Je sais par ma propre expérience ce que ça fait de rater un penalty. Dans une telle finale, assumer la responsabilité de toute une nation lorsqu’on est un jeune joueur, respect! Peu de joueurs oseraient faire ça (…) Bukayo est doté d’un grand talent. Je suis sûr qu’il disputera beaucoup de grands matchs pour l’équipe nationale à l’avenir."

Reste ce fléau du racisme, qui sévit en toute impunité sur les réseaux sociaux. Des campagnes de sensibilisation ont eu lieu récemment. Sans grand succès. Özil est d’ailleurs assez pessimiste sur la question. L’ancien métronome du Real Madrid semble même résolu à vivre avec ces dérives.

"Il y aura toujours des personnes qui se rendront coupables d’abus racistes et qui trouveront des boucs émissaires en cas de défaite, en fonction des différentes origines et couleurs de peau, estime-t-il. Une petite partie de notre communauté insultera et menacera toujours les joueurs de manière raciste".

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport