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Riolo : "Platini, bon pour la Fifa !"

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Retour sur l’annonce de la candidature de Michel Platini à la présidence de la Fifa.

Ce n’est pas vraiment une surprise, mais on ne l’attendait peut-être pas si tôt. Le tour a finalement dû être fait plus vite que prévu. Le tour du monde, le tour des voix. Si Platini y va, c’est qu’il sait que, sauf énorme cata, il sera élu. Et après tout, aujourd’hui, aucun candidat crédible ne s’oppose à lui. Mieux, qui d’ici la fin de l’année pourra s’avancer et affirmer qu’il peut mieux que lui diriger le foot mondial ? Personne. Platini élu, ce sera logique et ce sera surtout une excellente nouvelle pour la Fifa. 

Evacuons d’entrée les réticences, les critiques qu’ici ou là, vont apparaître. Non, Platini n’a pas appris le « métier » avec Blatter. Platini s’est forgé une carrure de dirigeant auprès de Fernand Sastre. Et la réussite du Mondial 98 fut un bon début dans sa nouvelle vie de dirigeant. Avec Blatter, il a composé. Observant, comme tout le monde, le système du grand boss, du parrain. 

Les « réticents » complètement neuneu et largués de la chose politique disent que Platini aurait dû dénoncer. En gros, jouer les rebelles. C’est d’une stupidité sans nom. Blatter a toujours été élu et c’est le monde du foot dans son ensemble qui le soutenait. Des présidents de fédérations, des hommes politiques, des nations ! Il n’y a qu’à voir comment Poutine a encore récemment défendu Blatter, pour balayer d’un revers de main l’argument. 

Platini n’est pas enquêteur pour le FBI, il n’avait aucune preuve et n’avait pas à en chercher. Blatter était à la Fifa, lui à l’UEFA, une composante du grand ensemble ! Et à l’UEFA, Il a tout fait de façon remarquable. Et comment lui reprocher de ne pas s’être présenté lors de la dernière élection ? Blatter avait tout verrouillé. Autant attendre son heure. Faire de la politique, savoir attendre, même si ça ressemble à un calcul, ce n’est pas être malhonnête. Se griller, y aller trop tôt et disparaître, c’eut été, en revanche, une grosse erreur. Surtout si on a de vraies idées, un vrai projet à mettre en œuvre.

Platini est donc en phase avec son destin. Sa transparence (pas toujours meilleure alliée, comme dans l’affaire du vote dévoilé pour le Qatar), son honnêteté, sa connaissance du foot, de ce qu’il est, de ce qu’il doit être, voilà ses armes. 

Réhabiliter l’image de la FIFA et mettre fin au système Blatter, voilà le premier chantier. Faut-il pour cela tout dévoiler en publiant par exemple l’intégralité du rapport Garcia sur les attributions des CM 2018 et 2022 ? Ce serait un signe fort.

Evidemment, Platini mettra fin aux discussions sur la vidéo dans le foot. Il aime le foot et ne veut pas le tuer ! Sa ligne sera claire. Grâce au fair-play financier, les clubs européens sont aujourd’hui bien moins endettés qu’avant. C’est une réussite. Et ce, même si la mesure nécessite plusieurs aménagements. Sur ce dossier, Platini a été parfait.

Son prochain combat à la Fifa sera certainement celui à mener contre la TPO (la propriété de joueurs par des tiers). Pas simple car avant même les interdictions, certains savent déjà comment les contourner. Mais dans le foot qu’il aime, qu’on aime, avec une pointe de nostalgie, le joueur n’est pas un produit ou une action. Platini à la FIFA, ce sera aussi, dans la continuité de Blatter, car tout ce qu’il a fait n’était pas mauvais loin de là, la poursuite d’une idée forte, majeure, celle d’un football universel, sport simple et populaire, sport n°1 dans le monde… Que l’un des plus grands joueurs de l’histoire dirige la Fifa devrait tous nous réjouir !

Daniel Riolo Journaliste