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AC Milan: pourquoi Gattuso est un pari vraiment, vraiment fou

L’AC Milan a officialisé l’arrivée ce lundi de Gennaro Gattuso comme nouvel entraîneur, en lieu et place de Vincenzo Montella, renvoyé en raison des mauvais résultats. Un choix surprenant au vu du CV de coach de l’ancien aboyeur milanais, instable et peu en réussite depuis ses débuts sur un banc de touche.

Parce qu’il est toujours aussi fou

Il l’était déjà sur un terrain. Mais ça ne s’est pas arrangé maintenant qu’il a rangé les crampons pour la doudoune (c’est de saison, hein) d’entraîneur. Gennaro Gattuso est un personnage hyper expressif, sanguin, bouillant et qui ne mâche jamais ses mots. Entraîneur de l’OFI Crète, lors de la saison 2014-15, l’ancien milieu international Italien n’a pas hésité à arroser la presse locale, qui critiquait le jeu de son équipe. 

"OFI n’est ni le Real Madrid, ni le Barça, c’est une petite équipe avec des problèmes. Je veux que mes joueurs jouent avec leurs c…. et leurs cœurs. Tout ce que vous écrivez dans vos journaux, ce sont des conneries. De la m…, de la m… à 100 %" a notamment lâché Gattuso, le tout sous les yeux d’un traducteur médusé par tant de violence.

Mais le plus fort reste cette main dans le visage mémorable adressée à son adjoint dans sa zone technique alors qu’il officiait sur le banc de Pise, club de 3e Division italienne. On en ignore encore la raison. La principale victime aussi, certainement.

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Parce qu’il a une fâcheuse tendance à claquer la porte

Si l’AC Milan veut de la stabilité, pas sûr qu’il l’obtienne avec "Gennaro". Parce que ce dernier est tout saut un modèle dans ce domaine. Gattuso n’a pour le moment entraîné que quatre clubs : le FC Sion, Palerme, l’OFI Crète et Pise. Dans les deux premiers cas – en précisant qu’à Sion, il a longtemps occupé la double casquette de joueur-entraîneur – l’intéressé n’a tenu que trois mois sur le banc, remercié par ses présidents respectifs, Christian Constantin en Suisse et le vorace Mauricio Zamperini à Palerme, qui lui indiquera très, très vite la sortie. En Grèce, l’histoire se rallonge un peu. 

Une demi-saison pratiquement. Arrivé en juin, Gattuso claque la porte pour de bon en décembre. "C'est très difficile pour moi de continuer cette expérience, confiera l’Italien pour expliquer son retrait. Je me sens mal et triste, je ne peux plus continuer." Pour de bon, car fin octobre déjà, et après une énième défaite, ce dernier voulait déjà abandonner le navire. Mais une délégation de supporters à son domicile, puis une autre devant le siège du club avaient fini par le convaincre. Pas totalement visiblement… Il n’y a qu’à Pise, finalement, qu’il restera le plus longtemps. Toute une saison !

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Parce qu'il n’a pas particulièrement brillé

La transition est parfaite et autant commencer par le meilleur, histoire de rassurer un peu les supporters du Milan. Avec Pise, Gattuso, qui finira l'exercice en tribunes pour cause de suspension, obtient la montée en Serie B à la fin de l’exercice 2015-2016. Le début d’un cercle vertueux ? Non, pas vraiment. Déjà parce que Gattuso, mécontent des conditions de travail, claque la porte en pleine préparation estivale la saison suivante… puis finit par revenir un mois après. Difficile de déterminer l’incidence exacte de ce volte-face dans la saison du club, mais Pise termine bon dernier de Serie B, avec la particularité d’avoir la meilleure défense du championnat (36 buts encaissés).

Résumé : une montée et une relégation dans la foulée avec Pise, une 12e place avec Palerme, et cinq petites victoires en dix-sept matchs en Grèce. Pas fantastique, mais le bilan est largement réhaussé par son passage sur le banc de la Primavera (les U19) de l’AC Milan, qu’il quitte avec une troisième place, à trois points du leader. Sûr que les dirigeants milanais signeraient tout de suite pour un tel classement en fin de saison… avec l’équipe première cette fois.

A.D