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Gasperini, Ronaldo, Udinese, passeport italien... De Maio, une forme de dolce vita

LE FRENCHY DE L'ETRANGER - Aujourd'hui installé dans les rangs de l'Udinese, Sébastien De Maio, né à Saint-Denis et formé en France, a fait pratiquement toute sa carrière en Italie. Une dolce vita loin des galères de contrat de ses débuts, une route jalonnée de personnages comme Gian Piero Gasperini.

Il faut parfois savoir s'éloigner de chez soi. Sébastien De Maio aura su le faire. A vrai dire, il n'a pas vraiment eu le choix: son rêve de football était à ce prix. Né à Saint-Denis, fan inconditionnel du PSG - dont il continue de regarder des matchs - le défenseur français a fait ses gammes à Nancy. Une formation qui ne sera pas suivie d'un contrat à la hauteur de ses attentes. 

Pas d'opportunité à Nancy

"A Nancy, ils ne me proposaient pas de contrat professionnel, seulement un contrat aspirant, raconte-t-il à RMC Sport. J'ai eu la possibilité de faire un essai à Brescia, qui s'est bien passé. A Nancy, ils ont été très sympas et m'ont laissé partir." C'est donc en Italie qu'il s'installe en 2006. Il ne l'a, depuis, presque jamais quittée. 

Des galères pour ses débuts italiens

''Au début, ce n'était pas facile: j'étais tout seul et il y avait surtout la langue, que je ne parlais pas ni ne comprenais. Il m'a fallu une année d'adaptation. La première année, je n'ai joué qu'un match." Une galère qui met à l'épreuve sa persévérance, avec des prêts successifs au Celano FC, alors en quatrième division, puis à Frosinone, après un retour de six mois à Brescia. Il y connait la descente en Serie C et la colère des supporters. Il y passe pourtant un cap. 

"Ensuite, je me suis rendu compte que c'était le foot parfait pour moi, constate Sébastien De Maio. Ici, le football, c'est comme une partie d'échecs à chaque fois. C'est très tactique, plus que la Ligue 1." Et cela lui convient. 

Gasperini, son Bielsa, son mentor

La tactique, les principes de jeu... ils les expérimentera plus encore au Genoa, qu'il rejoint en 2013. Là-bas, il atterrit sous les ordres de celui qui deviendra finalement son mentor: un certain Gian Piero Gasperini.

"Gasperini, c'est une autre façon de voir le foot. Beaucoup de un contre un, de tactique. Il se rapproche de ce que faisait Bielsa à l'OM, compare le Français de 33 ans. J'ai beaucoup appris avec lui, mentalement mais aussi physiquement. Il est très exigeant sur ce plan, il te fait beaucoup travailler. Et on voit son travail aujourd'hui à l'Atalanta, où il a plus de reconnaissance. Il a été très important pour moi."

Un passeport italien

Une importance XXL en effet, qui se traduit... par un changement de passeport. Le technicien voit son défenseur capable de porter le maillot de la sélection. Le joueur finit par décrocher la nationalité italienne - qui le ramène à ses origines - et son agent tente un appel du pied à Antonio Conte, alors sélectionneur, en 2015. Mais le "couronnement d'un rêve", comme l'évoquait son représentant, n'aura pas lieu. 

Après une expérience avortée à Anderlecht en Belgique, il revient en Italie. D'abord en prêt à la Fiorentina, avant d'être acheté par Bologne. En janvier 2019, débute son aventure à l'Udinese, sous forme de prêt avec obligation d'achat. Et il s'y sent bien, malgré un test positif au coronavirus qui l'a éloigné plus longtemps que prévu des terrains. "J'ai eu quelques complications avec une pneumonie mais ça va, confie-t-il. J'ai mis un peu plus de temps à récupérer. Au début, la reprise de l'entraînement était un peu difficile, avec de l'essoufflement. Mais ça va maintenant, j'ai retrouvé mon état physique. Comme avant."

Ronaldo, Higuain et Douglas Costa

Actuellement 15e, l'Udinese sort d'un match nul 1-1 contre l'Atalanta... de Gasperini. Et affronte l'Inter Milan ce samedi. L'occasion de croiser Romelu Lukaku. Un autre attaquant de Serie A qui offre un défi de taille à n'importe quel défenseur.

Sébastien De Maio commence à connaître les cadors du championnat italien, entre un Gonzalo Higuain "qui était imprenable", un Douglas Costa d'une vitesse folle - "je n'ai jamais vu un joueur aussi rapide", assure le joueur - ou évidemment Cristiano Ronaldo, "un joueur super intelligent. Ce n'est pas quelqu'un que tu vois beaucoup sur le terrain. Pour défendre sur lui? Il faut espérer qu'il ne soit pas dans un bon jour!" Il faudra l'espérer pour le match retour en mai. Le 3 janvier, le Portugais leur a mis... un doublé.

A.Bouchery