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Barça: Laporta s’en prend au PSG sur le cas Mbappé et parle de joueurs "kidnappés par l'argent"

Le président du Barça Joan Laporta a vertement critiqué le Paris Saint-Germain après la prolongation de Kylian Mbappé jusqu'en 2025.

C’est un peu moins virulent que les propos tenus par Javier Tebas mais Joan Laporta, le président du Barça, se range aux côtés du président de la Liga dans sa croisade contre les clubs-Etats. Dans l’actualité, forcément, c’est le PSG qui est en première ligne, avec la récente signature de contrat de Kylian Mbappé jusqu’en 2025. Désireux de rejoindre le Real Madrid l’été dernier, l’attaquant parisien a finalement changé d’avis ces dernières semaines et jouera bien à Paris la saison prochaine.

"Des choses qui ne sont pas acceptables"

"Cela fausse le marché, s’insurge Laporta dans le journal catalan l'Esportiu. Les joueurs finissent par être kidnappés par l’argent (ndlr, les propositions des deux clubs n'étaient pas si éloignées). Ces sont les effets d’un club ayant un état derrière lui. Cela va à l'encontre de tous les principes de l'Union européenne. C'est une réflexion sur la pérennité du football en Europe. Ensuite, il y a la lecture que l'on peut faire du Barça. Il y a un rival direct qui ne sort pas renforcé et nous préférons qu'il ne puisse pas nous faire grimacer au moment de la compétition. Mais il me reste la réflexion sur la durabilité du football."

Partant du principe que le marché est faussé en raison de la toute puissance de l’argent, le président du Barça souhaite “que les règles soient respectées” et tempête contre l’UEFA, réclamant une harmonisation du fair-play financier. Pour "qu'il n'y ait pas de délais de grâce avec certains pays alors qu'ici nous ne pouvons pas avoir assez de fair-play pour faire des transactions même si nous générons des revenus". "La solution est que la ligue soit beaucoup plus flexible en termes de fair-play et que ces clubs n'aient pas les privilèges qu'ils ont de l'UEFA. Ils leur permettent de faire des choses qui ne sont pas acceptables et que les autres ne font pas", conclut-il.

La nouvelle version du fair-play financier

Plus souple mais plus ciblé, l'UEFA a réformé son fair-play financier cette année. L'UEFA s'éloigne de la stricte logique comptable en doublant le déficit admis sur trois ans pour chaque club (à 60 millions d'euros), le portant même à 90 millions d'euros sur la même période pour un club "en bonne santé financière". Mais parallèlement, l'organisation introduit une forme très atténuée de "plafond salarial".

Concrètement, les clubs devront limiter les salaires de leurs joueurs et entraîneurs, les indemnités de transfert et les commissions d'agent à 70% de leurs revenus à partir de la saison 2025/2026. Si l'échéance est aussi lointaine, c'est parce que les contrats en cours ont une échéance moyenne de près de trois ans, obligeant à une mise en oeuvre progressive: 90% des revenus en 2023/2024, puis 80% des revenus pour la saison 2024/2025.

Les nouvelles règles permettent à des clubs comme le PSG, aux ressources illimitées, de flamber encore deux saisons grâce à l'abaissement progressif du plafond salarial. A l'inverse, des clubs légendaires mais financièrement dans le rouge, comme le FC Barcelone ou la Juventus Turin, pourraient voir leurs ambitions bridées par l'obligation de réduire graduellement leur dette. D'où la frustration du Barça exprimée par son président Joan Laporta.

QM