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Mercato: Griezmann et sa clause libératoire, comment ça marche

Griezmann

Griezmann - AFP

Sauf rebondissement, Antoine Griezmann va régler cette semaine sa clause libératoire de 120 millions d'euros à l'Atlético de Madrid, pour pouvoir s'engager dans la foulée au FC Barcelone. Un procédé auquel les Espagnols se sont habitués depuis de nombreuses années.

Elle était au cœur du transfert de Neymar à l’été 2017, la voilà de retour dans le dossier Griezmann. Elle? La clause libératoire, bien entendu. Spécialité espagnole depuis 1985, cette dernière anime régulièrement la rubrique mercato de l’autre côté des Pyrénées.

Son principe est assez simple: lorsqu’un joueur signe un contrat avec un club espagnol, il y fait inclure une somme d’argent (négociée avec sa nouvelle écurie) qui, une fois payée, le libérerait de toutes ses obligations contractuelles. Le prix de la liberté. Initialement, cette mesure avait été pensée pour protéger les joueurs, et leur permettre de ne pas être "prisonniers" de leur équipe s’ils voulaient partir. Sauf que les clubs ont assez vite mis le système à leur profit, et qu’aujourd’hui, la clause permet surtout aux équipes de verrouiller leurs stars.

Griezmann, une clause abordable et bien réfléchie

C’est pourquoi on découvre régulièrement des clauses impressionnantes, voire absurdes. Umtiti aurait ainsi une clause libératoire de 500 millions d’euros au Barça, Brahim Diaz de 750 millions au Real, et celle de Benzema atteindrait même le milliard chez les Merengue. Histoire de s’assurer que les joueurs ne s’échappent pas avant la fin de leur bail, sauf accord (pour n’importe quel montant) entre le club qui "possède", et un éventuel club acheteur.

Mais alors pourquoi la clause de Griezmann, d’un montant de 120 millions d’euros, est-elle aussi faible comparée au marché actuel? Eh bien parce que le champion du monde s’est montré malin. L’attaquant, qui avait probablement une petite idée derrière la tête au moment de prolonger jusqu’en 2023 avec l’Atlético l’été dernier, a fait en sorte que sa clause passe de 200 millions à 120 millions au 1er juillet 2019. Une somme abordable pour tout grand club intéressé par son profil, et qui devait lui permettre de s’échapper en cas de saison décevante à Madrid.

L’activation de la clause, un processus bien encadré

Les textes sont assez clairs. Pour ne pas se mettre en porte-à-faux, c’est le joueur qui doit annoncer au club son intention de lever sa clause, pour voguer librement ailleurs. En clair, le Barça ne peut pas dire à l’Atlético: "nous allons payer la clause pour libérer Griezmann", et ce parce qu’il lui était théoriquement interdit de négocier avec le Français sans l’accord des Colchoneros. Même si dans les faits…

Le Français, aidé par ses conseils, a donc écrit un courrier à l’Atlético pour leur faire part de sa décision. Vient ensuite l’heure du paiement, auquel on devrait assister dans les prochains jours. Là, deux possibilités: soit le joueur paie lui-même la clause (on se doute que ce n’est pas avec ses propres deniers) auprès de la Liga, qui reverse ensuite la somme au club vendeur, soit un troisième acteur avec l'accord du joueur – le Barça, au hasard – règle l’addition. Petite précision: si le Barça ne privilégiait initialement pas le paiement de la clause libératoire à la Liga, c’est pour une raison pratique. S’il avait pu négocier avec l’Atléti, quitte à rajouter quelques millions, le Barça aurait éventuellement pu payer en plusieurs fois. Or, là, il va devoir lâcher les 120 millions d’un seul coup.

Une fois le versement effectué, et même si l’Atlético n’est pas content, Griezmann sera libre comme l’air, et pourra s’engager avec les Catalans. Qui, à leur tour, incluront une clause libératoire dans son nouveau contrat…

Clément Chaillou