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JO 2021 (boxe): Aliev saisit la justice sportive et veut reprendre son combat perdu avec un autre arbitre

Disqualifié en quart de finale du tournoi des +91 kilos, Mourad Aliev a contesté comme prévu cette décision auprès du Tribunal Arbitral du Sport. Le boxeur tricolore, dépité du scénario de son élimination, demande à reprendre le combat au deuxième round avec un arbitre et des juges différents.

Cela restera comme l’une des images fortes des Jeux pour la délégation tricolore: Mourad Aliev, le super-lourd français, assis sur le ring olympique de Tokyo, dépité, et qui refuse de le quitter après son ubuesque disqualification contre le Britannique Frazer Clarke… Le symbole d’une équipe de France de boxe qui n’aura pas brillé au Japon – cinq engagés, aucune médaille – et qui aura souvent contesté (parfois à raison) les décisions en sa défaveur. Deux jours plus tard, Aliev ne décolère pas. Et compte bien aller au bout des démarches pour contester la décision.

Alors que le CNOSF avait très vite annoncé vouloir le faire après son combat, le boxeur de vingt-six ans a demandé l’annulation de sa disqualification auprès du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), une information confirmée par la juridiction dans la nuit de lundi à mardi. "Mourad Aliev demande l’annulation" de sa disqualification, explique le TAS, et "l’autorisation de reprendre le combat depuis le début du deuxième round, avec un arbitre et des juges différents". Dans son communiqué datant de ce lundi, le TAS annonce qu’il tiendra une audience sur cette affaire "lundi soir" (elle a donc déjà dû avoir lieu) et prendra une décision "dès que possible après ça" alors que Frazer Clarke doit affronter l’Ouzbek Bakhodir Jalolov, immense favori pour l’or, ce mercredi matin en demi-finale.

Dernier Français encore en lice sur le ring de Tokyo, Aliev avait été disqualifié dans le deuxième round pour un coup de tête porté à son adversaire (qui avait dû se faire soigner deux fois l’arcade sourcilière gauche pendant le combat) alors qu’il avait remporté la première reprise par trois juges contre deux. Une décision qui avait provoqué la colère du colosse français, resté prostré de longues minutes et refusant de bouger après n’avoir laissé aucun doute sur ce qu’il pensait de sa disqualification. Manager de l'équipe de France, John Dovi avait ensuite expliqué: "Les superviseurs de la compétition ont regardé le combat à plusieurs reprises et se sont rendus compte qu’il n’y avait pas de faute de Mourad. Ils sont venus nous dire qu’ils étaient désolés et que l’arbitre avait fait une erreur et n’aurait pas dû le disqualifier. Ils nous ont aussi dit qu’ils ne pouvaient rien faire. On ne peut pas changer la décision."

Le directeur de la cellule chargée d’organiser le tournoi au sein du CIO – qui a pris la main sur l’AIBA dans ce cadre – avait confirmé son élimination ce lundi mais précisé que la sanction ne concernait plus le coup de tête mais son "comportement antisportif" une fois la disqualification prononcée. Le boxeur tricolore "a agi de manière irrespectueuse envers l’arbitre, a précisé l’Australien Wayne Rose, "fait usage de grossièretés à travers des gestes clairs" (bras d’honneur), frappé une caméra et "créé une atmosphère très tendue". Difficile, dans ces conditions, d’imaginer le TAS revenir sur la décision. Mais Aliev a raison de se battre jusqu’au bout: l’injustice qu’il a vécue mérite de ne pas lâcher l’affaire. Ne serait-ce que par principe.

Alexandre Herbinet avec AFP