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JO 2021: les lits en carton, qui ne sont pas anti-sexe, deviennent les premières stars de Tokyo

Présentés comme "anti-sexe", les lits en carton utilisés au Village olympique lors des de Jeux de Tokyo (23 juillet-8 août) ont déjà beaucoup fait réagir à quatre jours de la cérémonie d’ouverture vendredi au Japon.

Le compte-à-rebours est lancé. Vendredi, la cérémonie d’ouverture lancera les JO de Tokyo malgré les polémiques liées au Covid-19 et l’opposition d’une majorité de l’opinion publique nipponne. Si le rendez-vous olympique a eu un peu de mal à convaincre, l’engouement s’intensifie petit à petit.

Et certains points font déjà le bonheur des passionnés et des internautes, notamment les lits en carton du village olympique qui se retrouvent au centre des débats à quatre jours de la cérémonie d’ouverture à Tokyo vendredi prochain.

26.000 lits écolos

Souvent critiqués en raison des nombreux travaux et constructions, les Jeux olympiques cherchent sans cesse à réduire leur impact négatif sur l’environnement. Les lits en carton utilisés à Tokyo cet été répondent à cette problématique.

La société japonaise Airweave qui fabriquera un total de 26.000 lits pour l’événement planétaire (18.000 pour les JO et 8.000 pour les Jeux paralympiques) a utilisé du carton recyclé et des matériaux en polyéthylène. Après le départ des athlètes, tous les lits seront réemployés pour la fabrication de produits en plastique. Cadres et matelas seront donc recyclés à la fin de la compétition.

Des lits vus à tort comme "anti-sexe"

Mais si l’aspect écologique ne déchaîne pas vraiment les foules, c’est un autre point qui a amusé les fans: leur présumé aspect "anti-sexe". Covid-19 oblige, les organisateurs ont demandé aux athlètes engagés de réduire au maximum leurs interactions non-indispensables avec les autres personnes présentes dans le village olympique.

Après leur dévoilement, la question de la solidité de ses lits s’est rapidement posée, en particulier après les jours de compétitions comme l’avait suggéré avec humour le basketteur australien Andrew Bogut. "Un fantastique initiative… Jusqu’à ce que les athlètes terminent leurs épreuves, avait twitté le vétéran dès janvier 2020 concernant les lites en carton. Et que les 1.000 préservatifs distribués dans le tout le village soient utilisés."

Le spécialiste du demi-fond, l’Américain d’origine kényane Paul Chelimo a aussi plaisanté sur ces lits destinés selon lui "à empêcher toute intimité entre sportifs".

"Ces lits pourront supporter seulement le poids d'une seule personne afin d'éviter toute situation autre que sportive", avait écrit le vice-champion olympique en titre du 5000m. Je ne vois pas de problèmes pour les coureurs de demi-fond, on peut même en mettre quatre comme nous dedans."

Le village olympique est traditionnellement un haut lieu de rencontres. Aux derniers Jeux d'hiver, en 2018 à Pyeongchang (Corée du Sud), l'application de rencontres Tinder a vu son utilisation grimper de 350%. A Rio, lors des JO-2016, les organisateurs avaient distribué 450.000 préservatifs, soit 42 par athlète.

"Solides comme du bois"

Face aux critiques, les responsables du village olympique ont très vite tenu à démentir toutes les inexactitudes concernant la solidité de ces lits en carton.

"Ces lits peuvent supporter jusqu’à 200 kilogrammes, avait expliqué Takashi Kitajima, directeur général du Village olympique, auprès de Associated Press en 2020. C’est environ 440 livres, et aucun athlète olympique ne pèse autant. […] Ils sont plus solides que les lits en bois."

Mêle son de cloche du côté de la société Airweave qui assurait avoir fait mener des tests pour éviter tout mauvaise surprise pendant les Jeux olympiques. Autre bémol, la longueur maximale fait 2m10. Une taille qui ne devrait pas poser problème à la majorité des sportifs hormis peut-être certains basketteurs.

"Nous avons mené des expériences, comme jeter des poids sur les lits, avait assuré à l'AFP un porte-parole de l'entreprise l’an passé. [...] Tant que les gens s'en tiennent à deux personnes dans le lit, ils devraient être assez solides pour supporter la charge."

Les athlètes s’amusent à les tester

Mais entre les discours et la réalité, il y a parfois un monde. Le gymnaste irlandais Rhys McClenaghan a tenu à démontrer que l'information sur la fragilité supposée des lits en carton était une "fake news".

"Les lits sont supposés être 'anti-sexe', oui ils sont faits en carton, ils devraient se briser au moindre mouvement brutal, dit-on. C'est faux, c'est une 'fake news'", a tweeté l’athlète après avoir sauté à plusieurs reprises sur son lit.

Sa vidéo le montrant en train de sauter debout est même devenue virale et a amusé les fans et même le CIO qui a profité de l’occasion en retweetant la vidéo de Rhys McClenaghan et en expliquant qu'il recevait "beaucoup de questions sur ces lits écologiques du village olympique".

Nicolas Batum, l'ailier de l'équipe de France de basket, a lui aussi été interrogé sur ces les lits en carton, lundi lors d'une conférence de presse: "Je ne suis plus à ça près. Je ne m'inquiète pas. Je ne pense pas que les lits en carton vont se casser en deux quand on va s'allonger dessus. Je pense qu'il y a quand même un certain confort et une certaine résistance pour mettre les athlètes dans les meilleures conditions".

On attend désormais de savoir si le colosse Teddy Riner tentera d’imiter le gymnaste irlandais. Avec un poids de forme autour de 140 kilos, le double champion olympique de judo constituerait un défi d’envergure pour la literie du Village olympique.

Une dernière question reste en suspens comme l’a souligné la joueuse de football suédoise Zecira Musovic qui s’est interrogée sur les effets du sommier en carton pour son dos: les lits permettront-ils vraiment aux athlètes de bien dormir avant leurs épreuves? Pour le moment, personne ne s’en est plaint… et aucun lit n’a été cassé. Le CIO essaiera peut-être de faire les comptes à la fin des JO.

Jean-Guy Lebreton avec AV