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Tour de France: les Français s’envolent déjà pour les JO, sans se faire d’illusions

Après l'arrivée d'un Tour de France éreintant, quatre des cinq cyclistes français sélectionnés par Thomas Voeckler pour les JO se sont envolés ce dimanche soir pour Tokyo, où ils ne seront "pas favoris".

À peine auront-ils eu le temps de se siffler une petite coupe de champagne sur les Champs-Élysées, que les voilà déjà dans l’avion. L’équipe de France de cyclisme s'est envolée ce dimanche soir pour Tokyo, afin de disputer les Jeux olympiques. Sur les cinq coureurs choisis pour la course en ligne, ils sont quatre à avoir disputé la Grande Boucle en ce début d’été. Entre le manque de fraîcheur et le plateau relevé, les Bleus ne sont "pas favoris", de l’aveu-même de Thomas Voeckler, leur sélectionneur.

Comme chefs de file, en l’absence de Julian Alaphilippe ou Thibaut Pinot, Voeckler a misé sur Guillaume Martin et David Gaudu, respectivement 8e et 11e du Tour et valeurs sûres en montagne. "Le parcours est destiné aux grimpeurs, peut-être à un puncheur selon le scénario de course, décrypte-t-il. Il y a 230 kilomètres avec plus de 5.000 mètres de dénivelé. Le dernier col, c’est quand même 6 kilomètres à plus de 10% de moyenne, ce qui est énorme. C’est comme une étape de montagne mais ce n’est pas une arrivée au sommet."

Des préparations différentes

Ayant participé à la Grande Boucle, comme Kenny Elissonde et Benoît Cosnefroy, les deux leaders pourraient pâtir de leur faible temps d’adaptation aux JO. "J’aimerais dire que toutes les nations sont logées à la même enseigne mais ce n’est pas forcément le cas, parce qu’il y a des coureurs adversaires qui ont abandonné le Tour pour se préparer, d’autres qui préféré le Giro au Tour pour arriver frais pour les JO", souffle Voeckler.

Celui qui a été consultant pour France Télévisions sur l’ensemble de ce Tour appréhende notamment le vol qui l’attend, lui et ses protégés, juste après la ligne franchie. "On a seulement un coureur sur place, Rémi Cavagna, explique-t-il. C’est le plus compliqué, de gérer cet enchaînement, changement climatique, décalage horaire, et puis le voyage qui dure 11 heures."

Un "graal" pour Martin

Pour autant, les heureux élus ont tous fait part de leur joie de participer à l’aventure tokyoïte. "C’est un graal, bien sûr, assure Martin. C’est quand même un événement majeur. Un événement qui, enfant, me faisait rêver, m’a fait aimer le sport, et y participer. Me dire que j’y suis maintenant c’est assez fou." "On représente aussi notre Nation. On aura le mot "France" dans notre dos sur notre maillot, c’est toujours un plaisir", abonde Gaudu.

Ils auront une équipe entièrement dévouée à leur service, à en croire Kenny Elissonde, pourtant plutôt en jambes sur ce Tour et prêt à endosser le rôle d’équipier au Japon. "J’imagine que notre rôle sera d’épauler David Gaudu et Guillaume Martin. Rémi Cavagna sera peut-être plus là pour la première partie du plat, puis Benoît Cosnefroy et moi serons là pour mettre David et Guillaume dans les meilleures conditions, confie le Francilien. On n’en a pas encore parlé vraiment, mais c’est ce qui me semble le plus réaliste."

Corentin Parbaud Journaliste RMC Sport