RMC Sport

JO 2021, tir à l'arc: Valladont, ou l'art du rebond

Jean-Charles Valladont

Jean-Charles Valladont - Icon Sport

L’archer Jean-Charles Valladont figure parmi les grandes chances de médaille française sur ces Jeux olympiques à Tokyo. Affecté par une récente rupture amoureuse, le vice-champion olympique à Rio a les clés pour rebondir à partir de ce vendredi en qualifications. 

Toujours le sourire aux lèvres et le ton enjoué, Jean-Charles Valladont ne voit que le positif de ces Jeux olympiques singuliers, ses troisièmes après Pékin en 2008 et sa médaille d’argent à Rio en 2016. Malgré la bulle sanitaire au village olympique, l’absence de public ou encore le confort rudimentaire des chambres des athlètes, le Franc-Comtois ne perd pas son objectif de vue, lui qui sera aligné sur trois tableaux: en individuel, par équipe et en double mixte.

"Il ne faut pas perdre d’énergie là-dessus, glisse-t-il. On est là pour faire une compétition. Ça fait depuis un moment qu’on s’est cloisonnés dans notre truc. Et notre truc, c’est de mettre les flèches au milieu. Qu’il y ait 2.000 personnes à droite, à gauche, derrière ou zéro, des écrans avec de l’ambiance artificielle… Pour moi il n’y aura pas de grande différence. Chacun se créé son cocon et tu deviens imperturbable."

>>> Les JO en direct

Rupture amoureuse 

Derrière cette imperméabilité face aux aléas, Jean-Charles Valladont évoque aussi la rupture amoureuse qu’il a dû surmonter récemment. "J’en ai un petit peu pâti, souffle-t-il. A 32 ans, on a tous envie de s’épanouir personnellement, d’agrandir sa famille…Pour moi, il y a eu un changement radical. Mais ça m’a permis finalement de me recentrer sur le tir à l’arc et de me dire: 'Il me reste trois ans avant les Jeux de Paris, focalise-toi là-dessus.'"

Valladont à Rio en 2016
Valladont à Rio en 2016 © Icon Sport

Avant de finir en beauté à Paris 2024, Valladont cible Tokyo pour "faire mieux qu’à Rio", donc remporter l’or olympique en individuel et décrocher une médaille en équipe. Rebondir après une mauvaise passe, l’archer l’a déjà fait par le passé. "Je suis quelqu’un qui se donne les moyens pour rebondir. En 2012, quand je n’avais pas été sélectionné pour les Jeux, je suis allé faire du tir en campagne (ndlr: parcours de cibles sur tous types de terrain) et puis j’ai fini champion du monde."

Son mental à toute épreuve, le vice-champion olympique le construit depuis des années. Son secret: atteindre un niveau de concentration ultime pendant la dizaine de secondes de sa séquence de tir grâce à des préparateurs, des psychologues du sport et un travail sur sa fréquence cardiaque. "J’ai une capacité de concentration très limitée, reconnaît-il. Je préfère être à 200% pendant ces dix secondes et puis ensuite pouvoir papillonner dans ma tête quand je ne tire pas à l’arc."

Ce vendredi, à partir de 6h00 (heure française), Jean-Charles Valladont sera dans sa propre bulle, sur le pas de tir, pour décocher ses flèches et viser la deuxième médaille olympique de sa carrière. 

Kevin Gasser