RMC Sport

JO 2016 : Romain Barnier s’en prend à Alain Bernard, la natation française baisse le rideau piteusement

Romain Barnier

Romain Barnier - AFP

L’état-major de la natation français a tenté de faire le bilan de ces JO 2016 très décevants (deux médailles d’argent), ce samedi à Rio. L’occasion de créer une ultime polémique, avec l’attaque de Romain Barnier à l’encontre d’Alain Bernard.

Voilà, c’est fini. Et tant mieux. La natation française aura réussi à déclencher plus de polémiques autour du bassin des JO 2016 qu’elle n’a pas décroché de médailles, seulement deux en argent pour le relais 4x100m NL et Florent Manaudou sur 50m NL. Jacques Favre, le DTN, a fait le bilan samedi soir à Rio. Honnête et inquiétant. « Foncièrement, nous ne sommes pas et nous n’avons pas produit une natation industrielle, a-t-il expliqué. Nous sommes une natation de talents. Et ces talents-là, ils sont arrivés dans une période presque magique. Ils étaient là tous en même temps. Il faut qu’on arrive à retrouver autant de talents, des talents qui font des médailles olympiques. »

A lire aussi >> JO 2016, l'énorme colère de Lacourt sur le dopage : "Sun Yang, il pisse violet"

Le talent pour les coups de gueule aura par contre été éclatant toute la semaine. Après Camille Lacourt sur le dopage et Jordan Pothain sur Yannick Agnel (qui était déjà double champion olympique à son âge…), c’est tout simplement le directeur des équipes de France qui a terminé en beauté. Dans le viseur de Romain Barnier, Alain Bernard. Un Marseillais contre un Antibois historique, double champion olympique. Précision géographie capitale dans le microcosme. « Le dernier coup de gueule, c’est pour toi Alain, a lancé Barnier après s’en être pris à certains journalistes et alors que le consultant de Canal + était présent dans la salle. J’ai été extrêmement déçu par ta sortie médiatique en milieu de semaine. »

JO 2016, natation : les Bleus s'entredéchirent, Jordan Pothain accuse Yannick Agnel d’avoir "lâché" le relais

Barnier demande à Bernard de « développer des compétences »

« J’aurais été extrêmement déçu qu’un athlète dont j’ai eu la responsabilité agisse comme ça, a développé Romain Barnier. Je tiens à te le dire devant le parterre de tes collègues, parce qu’aujourd’hui je ne considère pas qu’on fait partie de la même famille de la natation, je ne partage pas ta vision. Proposer tes services à la Fédération française de natation… Je pense que c’est plus le temps pour toi de développer des compétences. Mon avis, c’est qu’un ancien nageur protège l’équipe de France, coûte que coûte. » Magnifique pour l’image de la natation française.

A lire aussi >> JO 2016 : Florent Manaudou vers une pause… et une reconversion en hand ?

« Ça m’a étonné, a ensuite confié Alain Bernard sur Canal + à propos de cette attaque. Les résultats sont décevants, il faut le dire. Dans mon rôle de consultant, ça m’a interpellé et j’ai dû réagir. J’ai voulu interpeller sur ce mode de fonctionnement, notamment l’affaire du 4x200m. Ça reste un détournement d’attention. C’est malheureusement ce qu’on retient de la conférence de presse. Moi, je suis très bien dans mon rôle. » Laure Manaudou, qui tient le même rôle sur France Télévisions, acquiesce.

Laure Manaudou : « Je trouve ça dommage d’en arriver là »

« Alain a simplement fait part de son mécontentement, estime la triple médaillée olympique. J’ai l’impression que c’est devenu un peu une guerre. Ce n’est pas ce qu’il faut faire. Je trouve ça dommage d’en arriver là. Il est quand même champion olympique, il a apporté une médaille à la France. Le dénigrer comme ça, le sortir de l’équipe de France, de la Fédération, je ne trouve pas ça très juste. » Ça fait du bien de l’entendre.

Un autre personnage de la natation française, Fabrice Pellerin, a un avis intéressant. Simple et intéressant. « Je crois qu’il ne faut pas se chercher des excuses, préconise l’entraîneur niçois. On doit pousser des coups de gueule quand on réussit. Quand on ne réussit pas, il faut aller travailler et donner rendez-vous quatre ans plus tard. C’est ce que je suggère de faire. » On se voit à Tokyo.