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Mondiaux de natation : le 4x100m français remet son invincibilité en jeu

L’équipe de France peut lancer idéalement ses Mondiaux de Kazan (Russie), qui débutent dimanche, avec le relais 4x100m masculin. Une spécialité donc les Bleus sont champions olympiques, du monde et d’Europe en titre.

Le relais 4x100m, c’est un peu le symbole du savoir-faire français. Titre olympique à Londres en 2012, titre mondial à Barcelone en 2013 et titre européen à Berlin en 2014 : depuis trois ans, la médaille d’or est systématiquement tricolore. En ajoutant les Mondiaux en petit bassin à Doha en décembre dernier, les Français en sont à quatre sacres titres consécutifs. « Il y a un bout de l’histoire qui est déjà inscrit dans le marbre et qui est extraordinaire, résume Romain Barnier, manager du relais français. On a gagné tous les titres. Maintenant, c’est l’heure de les défendre. »

Gilot : « Je vois la peur comme une alliée »

C’est donc dans la peau des favoris que les Bleus abordent ce relais 4x100m, point d’orgue de la première journée des Mondiaux de Kazan ce dimanche. L’inamovible Fabien Gilot (31 ans), de tous les titres depuis 2012, médaillé chaque année sur la distance depuis 2006, sera de nouveau sur le plot dimanche, dès les séries. Le capitaine, qui s’entraine au Cercle des nageurs de Marseille, incarne la sagesse et l’expérience nécessaires pour guider un relais qui se rajeunit. La pression, il ne la craint pas. Il en fait même un atout : « Peut-être que ce n’est pas une mauvaise chose parce que la peur, ça vous pousse dans vos retranchements et ça vous amène à aller vite en général. La panique, c’est négatif. La peur, moi, je la vois plutôt comme une alliée. »

Une alliée face à trois rivaux : la Russie, en bronze lors des derniers Mondiaux et JO et en argent lors des championnats d’Europe, les Etats-Unis, en argent à Londres et Barcelone, et l’Australie. Avec la France, ils sont quatre pour trois places sur le podium, tous dans un mouchoir de poche. « On le prend de la même manière que les années d’avant. On ne se dit pas qu’on est favoris, assure Jérémy Stravius. On peut être premiers comme quatrièmes… On sait que ça ne se joue à pas grand-chose chaque année. » Le traumatisme de la dernière touche qui avait privé les Bleus de l’or olympique à Pékin en 2008, reste encore présent.

Sans Stravius ou Manaudou ?

Yannick Agnel forfait en raison d’une pleurésie, les Bleus ont tout de même de la ressource. En ce qui concerne la composition du relais, le staff des Bleus n’a divulgué que les quatre nageurs du matin, pour les séries programmées à 11h : Mehdy Metella, Clément Mignon, Fabien Gilot, tous trois sacrés ensemble en petit bassin à Doha l’an dernier, auxquels s’ajoutera Lorys Bourelly. Rien n’a filtré en revanche concernant la finale. 

Le scénario le plus plausible étant celui de l’entrée en lice de Florent Manaudou, champion d’Europe du 100m, et Jérémy Stravius, champion de France, laissés au repos le matin et qui remplaceraient Mignon et Bourelly... sauf si l’un de ces deux petits nouveaux marque le coup le matin en sortant une grosse performance. Dans ce cas, le relais français pourrait décider de se passer de Manaudou ou de Stravius. Un choix risqué. Mais après tout, depuis quelques années les têtes changent, pas les résultats.

A.Bo avec J.Ri et C.G à Kazan