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Daniel Riolo: "Des demies de Ligue des champions sans favori…"

Après la qualification de Manchester City, qui affrontera le PSG et du Real Madrid, qui sera opposé à Chelsea, Daniel Riolo fait le point sur le dernier carré de Ligue des champions.

Difficile de sortir une équipe du lot des quatre qu’il nous reste en Ligue des champions. Et il y a encore quelques semaines, pas sûr que beaucoup imaginaient un tel plateau. Chelsea a mal commencé sa saison et s’est redressé en changeant de coach. C’est plus efficace que brillant et à part un supporter des Blues superstitieux qui viendra dire que la dernière fois qu’ils ont changé d’entraîneur en cours de route (2012), ils sont allés au bout, on a du mal à croire que Chelsea remporte le trophée. 

La qualification du Real a surtout été commentée par des mots du genre: "expérience" ou "gestion". Pas de quoi faire rêver. Mais à défaut de briller le Real fait toujours le minimum, gagner! En profitant des largesses défensives de Liverpool à l’aller et de sa faiblesse offensive au retour, le Real s’est qualifié. Le club a vécu une saison très contrastée et peu le voyaient aller aussi loin. C’est une réelle satisfaction d’être encore en course en Liga et en Ligue des champions. Je dirais même que c’est maintenant que le Real va devenir le plus dangereux. Il y a assez de classe et d’expérience dans ce groupe pour venir à bout des trois matchs qu’il reste.

City à l'habitude des dérapages

Le seul favori du début de saison encore présent, c’est City. Une première pour Guardiola avec ce club. On a l’impression de tout savoir de cette équipe. Ce qu’elle va faire et comment. Attention à ne pas trop anticiper sur ses faiblesses. City a une défense bien meilleure que par le passé. S’il existe une logique sportive basée sur le travail, la préparation d’un groupe à un aboutissement, alors City sera champion d’Europe cette année.

Le problème, c’est que City a l’habitude des dérapages. Et Guardiola a prévenu. S’il doit être éliminé, ça sera comme le Bayern. Avec son style et sans se renier. On n'en attendait pas moins de lui. Le scénario est donc connu et le PSG sait ce qu’il devra être: efficace et solide collectivement. En gros, si Paris passe, on parlera beaucoup de Navas, de Neymar et de Mbappé. Contenir le bloc de City qui va venir s’installer chez toi et contrer, le plan n’est pas mystérieux. Pochettino connaît ça. Avec Tottenham il avait vécu une double confrontation monumentale face à City en 2019.

S'emballer, le gros risque pour le PSG

Pour Paris c’est donc une première demie après matchs aller-retour. Quand on sait la difficulté quasi-historique du PSG à gérer ces doubles matchs, c’est un événement. Et après avoir sorti le Barça et le Bayern, forcément, on s’emballe. Ça c’est le gros risque pour une équipe non habituée. Brûler les étapes, se voir en haut du col avant d’avoir franchi les derniers virages. Et pour continuer d’avancer, le PSG a peut-être et enfin trouvé la clef principale: la force collective. Ça paraît bête à dire, évident, mais j’entends tellement qu’un joueur peut faire basculer un match. J’entends tellement de délires individualistes que rappeler l’essentiel n’est pas si bête. Dagba, Danilo et Bakker. Au moment le plus tendu du match, il y avait ces trois joueurs-là pour contenir les attaques du Bayern mardi soir! L’idée est réjouissante. On a tellement dit que le PSG manquait de cœur, d’âme collective… Voir cette force dans des joueurs anonymes, mais aussi dans la combativité (rare) de Neymar, c’est certainement le plus grand progrès du PSG. Si un type comme Gana Gueye devient important dans cette équipe et reste le point d’équilibre précieux qu’il a été face au Bayern, alors Paris peut espérer aller plus loin. Et peu importe les présents ou les absents. Verratti n’était pas là face au Bayern. Neymar a manqué le match du Camp Nou. Di Maria a été décevant avant son énorme match face au Bayern. Draxler a joué tous les matches alors qu’on le pensait à la cave pour toujours.

Une bonne association de stars et de soldats, c’est certainement la meilleure formule pour aller plus loin dans cette Ligue des champions.

Daniel Riolo Journaliste RMC Sport