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PSG: Pourquoi Manchester City est si fort, et comment les faire tomber

Après avoir fait tomber le Barça et le Bayern Munich, le PSG retrouvera Manchester City en demi-finale de la Ligue des champions. Tombeur du Borussia Dortmund, le club anglais semble enfin prêt à aller au bout. Tour d'horizon des forces et faiblesses de cette équipe au style Guardiola très reconnaissable.

La double confrontation face au Bayern Munich est sans doute une excellente préparation pour faire face à Manchester City. Adversaire du club anglais pour les demi-finales de la Ligue des champions, le Paris Saint-Germain va retrouver chez les Skyblues des caractéristiques semblables à celles du club bavarois. Avec tout de même quelques subtilités.

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Les forces principales

  • Le jeu entre les lignes

C'est évidemment la marque de fabrique des équipes de Pep Guardiola. Manchester City développe un excellent de jeu de position, avec un peu plus de verticalité par rapport aux années précédentes et constamment des joueurs entre les lignes. Parmi eux, Kevin De Bruyne rayonne. Le Belge est capable de tout faire, de bouger sur toute la largeur, de se projeter, de faire mal dans la surface, d'allumer la cage avec des frappes lointaines, ou encore de trouver ses partenaires avec des passes fantastiques. Si ce n'est pas lui, Phil Foden, Bernardo Silva et Ilkay Güngodan sont aussi des menaces. "Il y a toujours deux, trois ou quatre joueurs entre les lignes", constate Federico Balzaretti, consultant pour RMC Sport.

Régulièrement avec plus de 60% de possession, Manchester City fait courir ses adversaires. Au Borussia Dortmund, Marco Reus l'a mis en évidence après le quart de finale retour: "Les jambes sont lourdes, mais c'était à prévoir, il nous fallait courir beaucoup pour fermer les espaces. Manchester City a un jeu de position sensationnel. C'est très difficile de les presser, ils sont partout en position de supériorité numérique. Ils étaient simplement meilleurs, ils ont joué plus intelligemment".

  • Les centres au second poteau

Cette force suppose que Manchester City est en quelque sorte un savant mélange entre le FC Barcelone et le Bayern Munich. Les Cityzens adorent centrer au second poteau, un exercice sur lequel ils savent être dévastateurs. "C'est intéressant de noter cette évolution. À l'arrivée de Guardiola, on avait beaucoup vu le circuit préférentiel avec des centres en retrait des latéraux", ajoute Julien Laurens, correspondant en Angleterre.

Lors du huitième aller face au Borussia Mönchengladbach, João Cancelo avait régalé de cette façon avec deux caviars venus de l'aile gauche. "Mettre du monde dans la surface pose des problèmes de choix aux défenseurs", confirme Louis Saha, consultant dans Champions Zone sur RMC Sport 1. Contrairement au Bayern Munich, où Robert Lewandowski et Thomas Müller sont essentiellement recherchés, Manchester City a moins de cibles préférentielles. La menace est plus diffuse, avec les milieux qui se projettent.

Le PSG, qui a encaissé trois buts de la tête face aux Bavarois, devra en tout cas faire encore plus attention à ne pas laisser des un contre un aux centreurs. Ce qui exigera une nouvelle fois un gros travail des ailiers du 4-4-2 parisien.

  • Le pressing et le contre-pressing

"Si on pensait que le Bayern était très fort, Manchester City est absolument exceptionnel dans cette capacité à mettre sous pression, à récupérer le ballon très haut et mettre tout de suite en danger", insiste Julien Laurens. C'est cette force qui permet ainsi à Manchester City d'être une des équipes les moins perméables d'Europe. En Ligue des champions, avant de faire face au BVB, l'équipe a réussi une série de plus de 700 minutes sans encaisser de but. Pour se défaire du pressing, le PSG devra donc soigner ses relances. Ce qui sera peut-être plus simple avec Marco Verratti, même si le quart de finale retour contre le Bayern Munich a montré que d'autres éléments pouvaient le faire, selon Louis Saha: "Gueye est capable, Paredes aussi... Avant, Neymar devait redescendre trop bas".

Les faiblesses principales

  • Une attaque pas assez clinique?

Ces derniers temps, Pep Guardiola revient à ce qui a été une de ses marques de fabrique: la titularisation d'un milieu offensif en position de faux n°9. Sans véritable avant-centre, Manchester City affiche parfois des problèmes face à des blocs bien organisés et regroupés. À l'aller contre Dortmund, l'entraîneur catalan avait déploré la possession stérile de ses joueurs: "On n'a pas été assez malin avec le ballon. (...) Pour bien jouer dans les zones décisives, il nous faut une bonne préparation et elle n'était pas bonne. Mais c'est normal, Dortmund est une équipe forte, avec de la qualité, et avec la qualité qu'ils ont en attaque, ce n'était pas facile de faire ce que l'on voulait faire". Ce qui montre que le PSG devra encore montrer de l'engagement.

  • Des failles dans la gestion de la profondeur

C'est le revers de la médaille pour une équipe qui joue haut et aime monopoliser le ballon. Pep Guardiola a d'ailleurs souvent du mal face aux attaques rapides. Cela s'est vu contre l'OL la saison passée, mais aussi auparavant contre le Monaco de Kylian Mbappé. Le jeu de transition très vertical du PSG peut donc encore faire des dégâts. La défaite toute fraîche contre Leeds (2-1) l'a encore démontré. Tout comme l'énorme occasion d'Erling Haaland en début de seconde période du quart de finale aller.

Avec Ruben Dias, la défense manucnienne s'est considérablement améliorée et apparaît globalement moins lente que celle du Bayern Munich. Reste que les caractéristiques de John Stones et de Rodri, qui n'excellent pas pour se retourner, peuvent parfaitement convenir à Kylian Mbappé et Neymar. D'autant que Manchester City retombe parfois dans ses travers en ronronnant, comme le souligne Louis Saha: "C'est une équipe qui a aussi des temps moins rythmés, où ils invitent l'adversaire à prendre confiance". Des offrandes à ne pas laisser passer.

  • Guardiola peut cogiter

Depuis son arrivée à Manchester City en 2016, c'est la première fois que Pep Guardiola se qualifie pour le dernier carré de la Ligue des champions. Cela faisait trois saisons de suite qu'il était éliminé au stade des quarts de finale. Aussi, il n'a plus retrouvé la finale depuis la saison 2010-2011 avec le FC Barcelone. Même son passage au Bayern Munich n'avait pas été fructueux à ce niveau-là. Ce qui a peut-être développé un certain complexe chez l'entraîneur catalan, à qui il a été reproché la saison dernière de déroger à ses principes et tenter des coups tactiques perdants pour essayer de briser le plafond de verre.

Julien Absalon avec Champions Zone